Dieu – exalté soit-Il – informe qu’Il a éprouvé la famille de Pharaon, c’est-à-dire son peuple (les Coptes), par des années de disette durant lesquelles aucune récolte n’était possible et le bétail ne produisait aucun bénéfice. Il dit également : « Une diminution des fruits », c’est-à-dire une rareté de la production des arbres, « afin qu’ils se rappellent. » Cependant, ils n’en ont tiré aucun enseignement et n’ont pas fait preuve de retenue ; bien au contraire, ils ont persisté dans leur mécréance et leur entêtement.
Puis, lorsque le bienfait (la prospérité) leur parvenait, ils disaient : « Cela nous revient de droit, voilà ce qui nous correspond. » Mais lorsque les atteignait un malheur, ils voyaient en Moïse (sur lui la paix) et en ceux qui l’accompagnaient un signe funeste, prétendant que ce malheur était causé par leur présence. En revanche, ils ne disaient jamais que la prospérité était liée à la bénédiction de Moïse et de son entourage. Leurs cœurs demeuraient orgueilleux et réfractaires à la vérité : si un mal les frappait, ils l’attribuaient à Moïse ; et s’il leur arrivait un bien, ils se l’attribuaient à eux-mêmes.
Dieu dit : « Le présage de leur malheur dépend plutôt de Dieu », c’est-à-dire que Dieu les rétribuera pleinement pour cette attitude. « Mais la plupart d’entre eux ne savent pas. » (Al-A‘râf, v. 131) Et ils ajoutent : « Peu importe le signe que tu nous apportes pour nous ensorceler avec, nous ne croirons pas en toi. » Autrement dit, quels que soient les miracles (faits surnaturels) que Moïse leur présenterait, ils n’allaient ni croire en lui ni le suivre, pas plus qu’ils ne lui obéiraient, même si tous les signes leur parvenaient. De même, Dieu – exalté soit-Il – nous informe dans un autre verset : « Ceux qui se sont vus confirmer la Parole de ton Seigneur ne croiront pas, même si tous les signes leur parvenaient, jusqu’à ce qu’ils voient le châtiment douloureux » (Yûnus, v. 96-97).
Dieu poursuit : « Nous avons donc envoyé contre eux le déluge, les sauterelles, la vermine (qu’on a aussi interprétée comme des poux), les grenouilles et le sang, autant de signes explicites. Mais ils s’enorgueillirent, car c’étaient des gens criminels. » Concernant le déluge, selon Ibn ‘Abbâs et d’autres comme Sa‘îd ibn Jubayr, Qatâda, As-Suddî et Ad-Dahhâk, il s’agit de pluies torrentielles qui détruisaient les récoltes et les fruits. Pour Ibn ‘Abbâs et ‘Atâ’, il peut s’agir d’une mortalité élevée, et pour Mujâhid, cela désigne à la fois l’eau et la peste. Selon Ibn ‘Abbâs, c’était un fléau qui les entourait de toutes parts. Ibn Jarîr et Ibn Mardawayh rapportent par une chaîne de transmission passant par Yahyâ ibn Yamân, d’al-Minhâl ibn Khalîfa, d’Al-Ḥajjâj, d’Al-Ḥakam ibn Mînâ, d’après ‘Â’isha, que le Prophète (que la paix et la bénédiction de Dieu soient sur lui) aurait dit : « Le déluge, c’est la mort » (hadith jugé rare).
Pour les sauterelles, elles sont bien connues. Abû Dâwud rapporte, d’après Abû ‘Uthmân, d’après Salmân al-Fârisî, que le Messager de Dieu (que la paix et la bénédiction de Dieu soient sur lui) fut interrogé au sujet des sauterelles : « [Elles sont] la plus nombreuse des armées de Dieu. Je ne les mange pas, mais je ne les interdis pas non plus. » Le Prophète s’en abstint par dégoût, de même qu’il s’abstint de consommer le lézard du désert ou encore l’oignon, l’ail et le poireau. Pourtant, comme il est rapporté dans les deux recueils sahîh (al-Bukhârî et Muslim), selon ‘Abd Allâh ibn Abî Awfâ, ils firent sept expéditions avec le Messager de Dieu (que la paix et la bénédiction de Dieu soient sur lui) au cours desquelles ils se nourrissaient de sauterelles.