Parmi ceux qui s’éteignirent sous le califat de Hishâm ibn ‘Abd al-Malik, comme le rapporte Ibn ‘Asâkir, figure Bilâl ibn Sa‘d (1) ibn Tamîm al-Sakûnî, Abû ‘Amr – certains disent Abû Zur‘a – qui fut l’imam de la Grande Mosquée de Damas à l’époque de Hishâm, ainsi que le prédicateur (qâss) du peuple du Shâm. Il faisait partie des grands ascètes et de ces dévots qui jeûnaient et veillaient souvent en prière.
Il rapporta des hadiths de son père – lequel avait été Compagnon du Prophète –, ainsi que de Jâbir, Ibn ‘Umar, Abû al-Dardâ’ et d’autres encore. Plusieurs personnes rapportèrent de lui, parmi lesquelles Abû ‘Amr al-Awzâ‘î. Ce dernier consignait par écrit les enseignements et les exhortations de Bilâl, car ils recelaient de grands bienfaits. Al-Awzâ‘î déclara : « Je n’ai jamais vu de prédicateur semblable à lui. » Il affirma aussi : « Je n’ai reçu d’aucun autre le récit d’actes d’adoration aussi exceptionnels que ceux qui nous sont parvenus de lui. Il priait chaque jour et chaque nuit mille rak‘a. »
D’autres rapportent – notamment al-Aṣma‘î – qu’en hiver, quand le sommeil le prenait la nuit, Bilâl se jetait tout habillé dans le bassin (al-birka). Quelqu’un lui demanda pourquoi il agissait ainsi, et il répondit : « L’eau du bassin est bien plus douce à supporter que le pus de l’Enfer. »
Al-Walîd ibn Muslim raconta : « Lorsqu’il entamait le takbîr dans la niche de prière (mihrâb), on l’entendait jusqu’al-Awzâ‘. » Je précise qu’al-Awzâ‘ est situé hors la porte al-Firâdîs, dans le quartier appelé aujourd’hui Sûq Qumayla. Il ajouta : « Nous pouvions distinguer sa récitation depuis le col (naqaba) du shaykh, près de la Dâr al-ḍiyâfa (2), c’est-à-dire à proximité de la Dâr al-dhahab à l’intérieur de la porte al-Firâdîs. »
Aḥmad ibn ‘Abd Allâh al-‘Ijlî – un Shâmî – affirma qu’il était un grand Tâbi‘î, fiable (thiqah) dans la transmission. Abû Zur‘a al-Dimashqî ajouta : « Il était l’un des savants. Il prêchait et contait des histoires (qass), et il excellait dans cet art. » Il fut néanmoins mis en cause par Rajâ’ ibn