Muhammad ibn Isḥāq rapporta d’après al-Zuhrī : « Parmi les dangers qui guettent le savoir, il y a le fait de délaisser le savant jusqu’à ce que son savoir se perde. » (1)
Abū Zurʿa rapporta de Nuʿaym ibn Ḥammād, de Muḥammad ibn Thawr, de Maʿmar, d’après al-Zuhrī, qui dit : « Le fait de réciter (un texte) devant un savant et le fait d’écouter de lui reviennent au même, si Dieu le veut. »
ʿAbd al-Razzāq transmit de Maʿmar, d’après al-Zuhrī, qui déclara : « Quand une assemblée se prolonge, le diable y trouve sa part et son lot. » Hishām s’acquitta un jour à sa place d’une dette de quatre-vingt mille dirhams. Selon une autre version, dix-sept mille ; et selon une autre, vingt mille.
Ash-Shāfiʿī raconta : « Rajāʾ ibn Ḥaywah adressa des reproches à al-Zuhrī au sujet de son extravagance alors qu’il était endetté (2). Il lui dit : “Je crains que ces personnes ne retiennent ce qu’elles détiennent (comme biens) à ton égard, et que tu ne reposes sur des espoirs trop grands.” » Al-Zuhrī promit de se modérer. Puis Rajāʾ le rencontra plus tard, alors qu’il avait préparé un repas et dressé des tables pleines de miel. Rajāʾ s’arrêta et lui dit : « Abū Bakr, ce n’est pas comme cela que nous t’avions quitté. »
Al-Zuhrī répondit : « Descends, car l’homme généreux n’est pas corrigé par l’expérience (3). »
Et l’un d’eux a récité dans ce sens :
« Il a, dans le bout de ses doigts, des nuages de générosité ;
leur pluie est d’argent blanc et d’or.
Il dit dans la gêne : “Si je reviens à l’aisance, je limiterai ce que je donne et distribue.”
Mais lorsque les jours de prospérité lui reviennent,
tu vois ses biens offrir à tous les mains ouvertes. »
Al-Wāqidī (4) a dit : « Al-Zuhrī naquit en l’an cinquante-huit (de l’Hégire), à la fin du califat de Muʿāwiyah ibn Abī Sufyān, la même année où mourut ʿĀʾishah, l’épouse du Prophète (ﷺ). En l’an cent-vingt-quatre, il se rendit dans ses propriétés (5), à Shaghb et à Badā (6), y séjourna, tomba malade puis mourut. Il recommanda d’être enterré au bord de la route. Son décès survint le dix-sept du mois de Ramaḍān de cette même année, alors qu’il avait soixante-quinze ans. »
Ils dirent : « C’était un homme digne de confiance, possédant une abondance de ḥadīths et de science. »