«(43) Ô mon peuple, qu’ai-je donc à vous appeler au salut tandis que vous m’appelez au Feu (44) ? Vous m’appelez à mécroire en Dieu et à Lui associer ce dont je n’ai aucune science, alors que je vous appelle au Puissant, au Grand Pardonneur.» (1)
[Ghafir : 41-46]
Il les appelait à l’adoration du Seigneur des cieux et de la terre, Celui qui dit à une chose «Sois !» et elle est, tandis qu’eux l’incitaient à adorer Pharaon, l’ignorant, l’égaré et le maudit. C’est pourquoi il leur dit, sur le mode de l’exhortation : «Ô mon peuple, pourquoi donc vous inviterais-je au salut, alors que vous m’appelez au Feu (41), vous m’appelez à mécroire en Dieu et à Lui associer ce dont je n’ai aucune science, tandis que je vous invite au Puissant, au Grand Pardonneur ?» Ensuite, il leur expliqua l’inanité de ce qu’ils adoraient en dehors de Dieu, qu’il s’agisse d’associés ou d’idoles, qui ne possèdent aucun pouvoir d’aide ou de préjudice (2). Il dit : «Assurément, ce à quoi vous m’appelez n’a pas de valeur d’invocation ni dans ce monde ni dans l’au-delà. Notre retour sera vers Dieu, et les outranciers sont, eux, les gens du Feu.» Autrement dit, elles ne détiennent aucune autorité ni jugement dans ce bas monde ; qu’en serait-il donc au Jour du Jugement ? Quant à Dieu – glorifié soit Sa majesté –, Il est le Créateur et le pourvoyeur aussi bien des justes que des pervers ; c’est Lui qui fait vivre Ses serviteurs, les fait mourir puis les ressuscite, de sorte qu’Il introduit les obéissants au Paradis et envoie les désobéissants en Enfer.
Ensuite, il les menaça s’ils persistaient dans leur obstination, en disant : «Vous vous souviendrez bientôt de ce que je vous dis, et je remets mon sort à Dieu. Dieu est, en vérité, Clairvoyant sur Ses serviteurs.» C’est ce que Dieu commente en ces termes : «Alors Dieu le préserva des méfaits de leurs manigances» : c’est-à-dire que, grâce à son rejet (de leur conduite), il fut épargné par le châtiment qui s’abattit sur eux à cause de leur mécréance en Dieu et de leurs stratagèmes pour détourner les gens de la voie de Dieu, consistant à abuser la foule et la plèbe en recourant à des sophismes et des tromperies (3). C’est pourquoi Il dit : «et le pire châtiment cerna la famille de Pharaon (45) : le Feu auquel ils sont exposés matin et soir ; et le jour où l’Heure se lèvera : “Faites entrer la famille de Pharaon dans le plus terrible des tourments.”» Le sens de ce verset, qui atteste le châtiment de la tombe, a déjà été traité dans le Tafsîr (4). Louange à Dieu.
L’idée principale est que Dieu, exalté soit-Il, ne les a anéantis qu’après avoir établi la preuve contre eux, envoyé un messager à leur intention, dissipé les ambiguïtés et fait en sorte que toute excuse vînt d’eux-mêmes, par la crainte et par l’espoir, tour à tour, comme Dieu l’a dit : «Certes, Nous avons affligé la famille de Pharaon par des années de pénurie et par la rareté des récoltes, afin qu’ils se rappellent. (130) Quand un bien-être leur arrivait, ils disaient : “C’est à nous que cela est dû”, mais si un malheur les frappait, ils voyaient en Moïse et en ceux qui l’accompagnaient un mauvais présage. Mais leur présage n’est qu’auprès de Dieu. Cependant, la plupart d’entre eux ne savent pas. (131) Et ils disaient : “Quel que soit le signe que tu nous apportes pour nous ensorceler, nous ne croirons pas en toi.” (132) Alors Nous envoyâmes sur eux l’inondation, les sauterelles, les poux, les grenouilles, et le sang : des signes explicites. Mais ils s’enorgueillirent, car c’était des gens criminels.» [Al-A‘râf : 130-133].»