Il avait contracté une dette. Il offrait aux gens du tharîd (plat de pain émietté dans un bouillon) et leur servait du miel. Il passait les soirées à boire une boisson à base de miel, tout comme ceux qui se rassemblent pour d’autres boissons, en disant : « Donnez-nous à boire et racontez-nous des récits. » Si l’un d’eux s’assoupissait, il lui disait : « Tu n’es pas de ceux de Quraysh qui veillent la nuit. » Il possédait un pavillon teint en jaune safran, portait un drap teint en jaune safran et disposait d’un tapis teinté de la même couleur.
Al-Layth rapporte que Yahyâ ibn Sa‘îd a dit : « Il ne reste chez personne autant de science qu’il en reste chez Ibn Shihâb. » ‘Abd al-Razzâq rapporte d’après Ma‘mar qu’‘Umar ibn ‘Abd al-‘Azîz a dit : « Recherchez la compagnie d’Ibn Shihâb, car il ne reste personne de plus versé dans la Sunna transmise que lui. » Makhûl alla dans le même sens.
Ayyûb a dit : « Je n’ai jamais vu quelqu’un de plus savant que al-Zuhrî ! » On lui demanda : « Même pas al-Hasan ? » Il répondit : « Je n’ai vu personne de plus savant que al-Zuhrî. » On posa la question à Makhûl : « Qui est le plus savant parmi ceux que tu as rencontrés ? » Il répondit : « Al-Zuhrî. » Puis on insista : « Et ensuite qui ? » Il répondit : « Al-Zuhrî. » On répéta : « Et après lui ? » Il reprit : « Al-Zuhrî. »
Mâlik a dit : « Lorsque al-Zuhrî entrait à Médine, il ne transmettait de hadith à personne avant de repartir. » ‘Abd al-Razzâq rapporte d’après Ibn ‘Uyayna : « Les grands transmetteurs de hadith du Hijâz sont trois : al-Zuhrî, Yahyâ ibn Sa‘îd et Ibn Jurayj. » ‘Alî ibn al-Madînî a déclaré : « Ceux qui émitaient des fatwas étaient au nombre de quatre : al-Zuhrî, al-Hakam, Hammâd et Qatâda ; al-Zuhrî est, à mon avis, le plus instruit d’entre eux. »
Al-Zuhrî a dit : « Il y a trois caractéristiques qui, si elles se trouvent réunies chez un juge, ce dernier n’est plus digne de son office : s’il déteste être blâmé, s’il aime être loué et s’il redoute d’être démis de ses fonctions. » Aḥmad ibn Ṣâliḥ rapporte qu’on disait : « Les plus éloquents de leur époque étaient al-Zuhrî, ‘Umar ibn ‘Abd al-‘Azîz, Mûsâ ibn Ṭalḥa et ‘Ubayd Allâh. »
Mâlik rapporte qu’al-Zuhrî a dit : « Cette science par laquelle Dieu a éduqué Son Messager — que la paix et le salut soient sur lui — et dont le Messager de Dieu a éduqué sa communauté est un dépôt confié par Dieu à Son Prophète pour qu’il le transmette comme il l’a reçu. Ainsi, quiconque entend une science doit la placer devant lui comme argument entre lui et Dieu – Exalté soit-Il –. » Selon Muḥammad ibn al-Ḥusayn, d’après Yûnus, al-Zuhrî a dit : « S’attacher à la Sunna est un salut (1). » Al-Walîd rapporte d’après al-Awzâ‘î, qui le tient d’al-Zuhrî : « Transmettez les hadiths du Messager de Dieu — que la paix et le salut soient sur lui — tels qu’ils sont parvenus. »