Ibn Mahdī déclara : « J’ai entendu Mālik dire : Un jour, az-Zuhrī rapporta un ḥadīth. Lorsqu’il se leva, je tenais la bride de sa monture pour l’interroger davantage. Il me dit alors : “Tu veux donc me questionner ? Je n’ai jamais demandé à un savant de répéter, ni n’ai jamais contredit un savant.” Puis Ibn Mahdī ajouta : “Voilà les longs ḥadīths et voilà ceux relatifs aux expéditions militaires.” (1)
Ya‘qūb ibn Sufyān transmit, d’après Hishām ibn Khālid as-Salāmī, d’après al-Walīd ibn Muslim, d’après Sa‘īd – c’est-à-dire Ibn ‘Abd al-‘Azīz – que Hishām ibn ‘Abd al-Malik avait demandé à az-Zuhrī d’écrire pour ses fils certains de ses ḥadīths. Az-Zuhrī en dicta alors quatre cents à son scribe, puis s’en alla vers les spécialistes du ḥadīth et leur en fit le récit. Par la suite, Hishām dit à az-Zuhrī : “Ce recueil s’est perdu.” Il répondit : “N’aie crainte.” Il leur dicta de nouveau ces mêmes ḥadīths. Hishām produisit alors le premier recueil : on constata qu’il ne manquait pas une seule lettre. En réalité, Hishām souhaitait ainsi mettre à l’épreuve la mémoire d’az-Zuhrī. (2)
‘Umar ibn ‘Abd al-‘Azīz a dit : “Je n’ai jamais vu personne transmettre un ḥadīth avec plus d’éloquence qu’az-Zuhrī.” Quant à Sufyān ibn ‘Uyayna, il rapporta de ‘Amr ibn Dīnār : “Je n’ai jamais vu quelqu’un rapporter le ḥadīth avec plus de précision qu’az-Zuhrī ; il se souciait si peu de l’argent ! Les dirhams et les dinars n’étaient pour lui que l’équivalent d’excréments.” ‘Amr ibn Dīnār déclara encore : “J’ai côtoyé Jābir, Ibn ‘Abbās, Ibn ‘Umar et Ibn az-Zubayr, mais je n’ai vu personne rapporter le ḥadīth de manière plus fluide qu’az-Zuhrī.”
L’imām Aḥmad a affirmé : “Az-Zuhrī est celui qui rapporte les meilleurs ḥadīths et fournit les chaînes de transmission les plus solides.” Al-Nasā’ī a déclaré : “La meilleure des chaînes de transmission est celle d’az-Zuhrī, d’après ‘Alī ibn al-Ḥusayn, d’après son père, d’après son grand-père ‘Alī, d’après le Messager de Dieu (ﷺ).”
Sa‘īd a rapporté qu’az-Zuhrī disait : “Pendant quarante-cinq ans, j’ai fait des allers-retours du Ḥijāz vers le Shām, et du Shām vers le Ḥijāz, sans jamais entendre un ḥadīth que je jugeais totalement nouveau.”
Al-Layth a dit : “Je n’ai jamais vu un savant plus complet qu’Ibn Shihāb. Si tu l’entendais discourir sur l’exhortation (targhīb) et la mise en garde (tarhīb), tu penserais qu’il ne maîtrise que ce domaine. S’il parlait des prophètes et des Gens du Livre, tu dirais qu’il ne connaît que cela. S’il enseignait sur les Bédouins et les généalogies, tu penserais qu’il n’excelle que dans ce registre. Et lorsqu’il abordait le Coran et la Sunna, ses propos étaient d’une nouveauté impressionnante. Il disait : “Ô Dieu, je Te demande tout bien que Ta science enveloppe et je me réfugie auprès de Toi contre tout mal que Ta science saisit, dans ce monde et dans l’Au-delà.” Al-Layth ajouta : “Az-Zuhrī était la personne la plus généreuse que j’aie connue : il donnait à quiconque venait le solliciter, jusqu’à ne plus rien posséder.””