Il lui demanda : « Combien d’arbres y a-t-il ? » Alors il lui répondit : « Combien de colonnes compte ce lieu dans lequel tu te trouves depuis des années ? » Je dis : « Je ne sais pas. » Et j’attestai alors sa parole.
Khalifa (1) et plusieurs autres ont rapporté qu’il mourut à Wâsiṭ en l’an cent vingt-deux.
[Puis débuta l’année cent vingt-trois]
Al-Madâ’inî, se référant à ses maîtres, raconta que lorsque Khâqân, roi des Turcs, fut tué sous le gouvernorat d’Asad ibn ‘Abd Allâh al-Qasrî en Khurâsân, les Turcs se dispersèrent. Certains se mirent à attaquer d’autres et à s’entretuer, si bien que leurs contrées faillirent être ravagées, les détournant ainsi de leur affrontement avec les musulmans.
Cette année-là, les habitants du Sughd demandèrent à l’émir du Khurâsân, Naṣr ibn Sayyâr, de les renvoyer chez eux, tout en formulant des exigences jugées inacceptables par les savants. Parmi celles-ci figurait la demande de ne pas châtier celui d’entre eux qui renierait l’islam, de ne pas reprendre les prisonniers musulmans qu’ils détenaient, et d’autres conditions similaires. Naṣr envisagea d’y consentir à cause de leur force de nuisance envers les musulmans, mais les gens le blâmèrent. Il écrivit alors à Hishâm, hésita, puis conclut finalement que, s’ils persistaient dans leur hostilité (2) envers les musulmans, leur mal serait bien plus grand ; il leur accorda donc ce qu’ils demandaient.
Par ailleurs, Yûsuf ibn ‘Umar, émir d’Irak, envoya une délégation auprès du Commandeur des croyants pour solliciter que le gouvernement du Khurâsân lui soit confié. Ils tinrent divers propos sur Naṣr ibn Sayyâr, faisant valoir que, bien qu’il fût courageux et brave, il était désormais âgé et que sa vue s’était affaiblie à tel point qu’il ne parvenait à reconnaître un homme qu’à sa proximité ou à sa voix. Malgré toutes leurs paroles, Hishâm n’en tint pas compte et maintint Naṣr dans son poste d’émir et de gouverneur du Khurâsân.
Ibn Jarîr (3) relate que, cette année-là, le pèlerinage fut dirigé par Yazîd ibn Hishâm ibn ‘Abd al-Malik. Les fonctionnaires restèrent ceux déjà mentionnés l’année précédente.
Durant cette année, décédèrent : Rabi‘ah ibn Yazîd al-Qaṣîr, originaire de Damas, Abû Yûnus Sulaymân ibn Jubayr, Simâk ibn Ḥarb, ainsi que Muḥammad ibn Wâsi‘ ibn Ḥayyân. Nous avons déjà consigné leurs notices biographiques dans notre livre « at-Takmîl », et louange à Dieu (4).