Al-Bidayah wa an-NihayahIbn Kathir

L’un d’entre eux déclara : « Tu n’as pas d’autre défaut que de trop parler. » Il répondit : « Est-ce que je parle pour dire vrai ou pour dire faux ? » On lui répliqua : « Pour dire vrai. » Il dit alors : « Plus il y a de vérité, mieux c’est. »

Un autre le blâma d’avoir revêtu des habits grossiers. Il répliqua : « Je ne porte qu’un vêtement qui me sert, et je ne veux pas porter un vêtement que je devrais servir. »

Al-Aṣmaʿī rapporte qu’Iyās ibn Muʿāwiyah aurait dit : « La plus noble des qualités chez un homme est la sincérité de la parole. Quiconque est privé de la vertu de la sincérité est affligé de la perte de la plus précieuse de ses vertus. »

On raconte qu’un homme interrogea Iyās au sujet du vin (nabîdh), et Iyās répondit : « Il est illicite (ḥarâm). » L’homme demanda : « Parle-moi de l’eau. » Iyās dit : « Elle est licite. » Il poursuivit : « Et le kachût (1) ? » Iyās : « C’est licite. » L’homme : « Et les dattes ? » Iyās : « C’est licite. » L’homme demanda alors : « Qu’est-ce donc qui fait que, lorsqu’elles se réunissent, elles deviennent illicites ? »

Iyās répondit : « Vois-tu, si je te jetais cette poignée de terre, est-ce qu’elle te blesserait ? » Il répliqua : « Non. » Iyās poursuivit : « Et cette poignée de paille ? » Il dit : « Non, elle ne me ferait pas mal. » Iyās ajouta : « Et cette tasse d’eau ? » Il répondit : « Elle ne me blesserait pas non plus. » Iyās conclut : « Imaginons alors que je mélange l’une et l’autre pour en faire de la boue, que je la laisse se solidifier, puis que je te la lance. Te ferait-elle mal ? » Il répondit : « Oui, par Dieu ! Elle me tuerait même. » Iyās conclut : « Ainsi en est-il de ces choses, lorsqu’on les réunit. » (2)

Al-Madâ’inî rapporte ceci : ʿUmar ibn ʿAbd al-ʿAzîz dépêcha ʿAdî ibn Arṭâʾa à Bassora comme gouverneur en lui ordonnant de réunir Iyās et al-Qâsim ibn Rabîʿa al-Jawshanî, et de confier la fonction de juge (qâḍî) à celui qui serait le plus savant. Iyās, qui ne souhaitait pas assumer la charge, dit : « Ô homme, interroge donc les deux grands juristes de Bassora, al-Ḥasan et Ibn Sîrîn. » (Iyâs lui-même ne les fréquentait pas.) Al-Qâsim comprit que s’il les consultait, ils le recommanderaient (il s’agit de recommander al-Qâsim, puisqu’il allait les voir). Al-Qâsim s’adressa alors à ʿAdî : « Par Dieu, Il n’est d’autre dieu que Lui, Iyâs est meilleur et plus instruit que moi, et il est plus compétent que moi en matière de justice. Si je dis vrai, alors confie-lui la charge. Et si je mens, il ne convient pas que tu nommes un menteur comme juge. »

Iyās dit : « Voici un homme qui se trouvait au bord de l’Enfer, et qui s’en est racheté par un serment mensonger dont il demandera pardon à Dieu. » ʿAdî répondit : « Eh bien, puisque tu as saisi ce subterfuge, c’est toi que je désigne comme juge. » Ainsi Iyās demeura un an à rendre la justice entre les gens et à rétablir la concorde. Lorsqu’il parvenait à la vérité, il rendait immédiatement son jugement. Puis il s’enfuit (3) auprès de ʿUmar ibn ʿAbd al-ʿAzîz à Damas, pour solliciter d’être relevé de ses fonctions. Après son départ, ʿAdî nomma alors al-Ḥasan al-Baṣrî.

On raconte que lorsque Iyās fut nommé juge à Bassora, tous les savants s’en réjouirent. Au point qu’Ayyûb s’exclama : « Ils ont effectivement su placer la pierre là où il fallait. » Puis on rapporte encore 

(1) Dans (Q) : « al-Kusūr » est une erreur de lecture ; c'est attesté dans (Ḥ) et dans Tahdhīb al-Kamāl. Quant à al-Kashūt, al-Ukshūth et al-Kashūthā : ce sont tous des plantes déracinées, sans racine, certains disent qu'elles n'ont pas de racine. Elles sont jaunes et s'accrochent aux extrémités des épines et autres. Elles sont parfois mises dans le vin pour lui donner une coloration noire. Al-Jawharī a dit : al-Kashūt est une plante qui s'attache aux branches des arbres, sans que sa racine pénètre la terre ; donc, sans racine, ni feuilles, ni parfum, ni ombre, ni fruit. Les gens l'appellent al-Kashūth. Il a dit : c'est une graine de coton. Il a noté qu'elles s'étendent souvent, mais peuvent rester courtes, et la kâf est ouverte dans Kashūthā. (Lisān al-ʿArab, s. v. كَشَث). (2) Al-Mizzī en a mentionné la chaîne dans Tahdhīb al-Kamāl (3/415) de manière détaillée. (3) Ce qui est entre crochets ne se trouve ni dans (B, Ḥ) et provient de (Q).
بعضُهم: ليس فيك عَيب سوى كثرةِ كلامِك. فقال: أفي حقٍّ أتكلَّمُ أمْ باطل؟ فقيل: بل في حَقّ. فقال: كلَّما كثُرَ الحقُّ فهو خير. ولامَهُ بعضُهم في لبسِهِ الثيابَ الغليظة، فقال: إنما ألْبَسُ ثوبًا يخدمني ولا ألبَس ثوبًا أخدمُه. وقال الأصمعي: قال إياسُ بن معاوية: إنَّ أشرفَ خِصَالِ الرجلِ صِدْقُ اللِّسان. ومنْ عُدِمَ فَضِيلة الصِّدق فقد فُجع بأكرمِ أخلاقه. وقال بعضُهم: سأل رجلٌ إياسًا عن النَّبيذِ فقال: هو حرام. فقال الرجل: فأخبِرْني عن الماء؟ فقال: حلال. قال: فالكَشُوت (١) ؟ قال: حلال. قال: فالتمر؟ قال: حلال. قال: فما بالُهُ إذا اجتمعَ حَرُم؟ فقال إياس: أرأيتَ لو رَمَيتُكَ بهذه الحفنة من التراب، أتوجعُك؟ قال: لا. قال: فهذه الحفنة من التِّبْن؟ قال: لا توجعني. قال: فهذه الغَرْفةُ من الماء؟ قال: لا توجعني شيئًا. قال: أفرأيتَ إنْ خلطت هذا بهذا وهذا بهذا حتى صار طِينًا، ثم تركته حتى استحجَر، ثم رَمَيْتُكَ أيوجعُكَ؟ قال: إي واللّه وتقتلُني. قال: فكذلك تلك الأشياءُ إذا اجتمعتْ (٢) . وقال المدائني: بعث عمر بن عبد العزيز عَدِيَّ بن أرطاة على البصرة نائبًا، وأمره أن يجمعَ بين إياس والقاسم بن ربيعة الجَوْشَني، فأيُّهما كان أفقهَ فَلْيولِّهِ القضاء. فقال إياس - وهو يريدُ أن لا يتولَّى -: أيُّها الرجل، سلْ فقيهي البصرةِ الحسنَ وابنَ سيرين. وكان إياسٌ لا يأتيهما، فعرف القاسم أنَّه إنْ سألهما أشارَا به [يعني بالقاسم لأنه كان يأتيهما] فقال [القاسم] (٣) لعدي: واللّه الذي لا إله إِلَّا هو، إن إياسًا أفضَلُ مني وأفقهُ مني وأعلمُ بالقضاء، فإنْ كنتُ صادقًا فولِّه، وإنْ كنتُ كاذبًا فما ينبغي أن تُولِّيَ كاذبًا القضاء. فقال إياس: هذا رجلٌ أوقف على شفيرِ جهنَّم، فافتدَى منها بيمينٍ كاذبةٍ يستغفرُ اللّه منها، فقال عدي: أما إذْ فَطِنتَ إلى هذا فقد وَلَّيتُكَ القضاء. فمكث سنةً يَفصِلُ بين الناس ويُصلحُ بينهم، وإذا تبيَّنَ له الحقُّ حكم به، ثم هرَبَ [إلى عمرَ بنِ عبد العزيز بدمشق] (٣) فاستعفاه القضاء، فولَّى عَدِيُّ بعدَهُ الحسَنَ البصري. قالوا: لما توَلَّى إياسٌ القضاءَ بالبَصْرةِ فَرِحَ بهِ العلماء، حتى قال أيوب: لقد رَمَوها بحَجَرِها. وجاء
(١) في (ق): "فالكسور" تصحيف، والمثبت من (ح) وتهذيب الكمال. والكشُوتُ، والأُكْشُوثُ، والكشُوثَى: كلُّ ذلك نباتٌ مُجْتثٌّ مقطوعُ الأصل، وقيل: لا أصل له، وهو أصْفرُ يتعلق بأطراف الشَّوْكِ وغيره، ويُجْعلُ في النبيذ سوَاديَّةٌ، وقال الجوهري: الكشُوتُ نبتٌ يتعلَّقُ بأغصانِ الشجرِ، من غير أن يَضْربَ بعِرْقٍ في الأرض؛ فلا أصلٌ، ولا وَرَقٌ، ولا نسيمٌ، ولا ظِلٌّ، ولا ثَمَرٌ. ويسميه الناسُ الكشُوثَ، قال: وبزْرٌ قطُونا، قال: والمدُّ فيها أكثر، وقد يقصران، وفتح الكاف من كَشُوثاء. لسان العرب (كشث). (٢) ذكره المزي في تهذيب الكمال (٣/ ٤١٥) مسندًا مطوّلًا. (٣) ما مرَّ بين معقوفين ليس في (ب، ح) وهو من (ق).

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