Le grand émir Mâlik ibn Chabîb fut tué ; les musulmans subirent une défaite et se dirigèrent vers cette cité en ruines, où ils se retranchèrent. Le matin venu, Léon se rendit sur le champ de bataille et trouva al-Battâl à l’agonie. Léon l’interpella : « Qu’est-ce donc, Abû Yahyâ ? » Al-Battâl répondit : « C’est ainsi que meurent les héros. » Léon manda alors les médecins afin de le soigner, mais ses blessures étaient fatales. Il lui demanda : « As-tu un dernier souhait, Abû Yahyâ ? » « Oui », répondit-il. Léon l’interrogea : « Lequel ? » Al-Battâl dit : « Ordonne à ceux que tu détiens parmi les prisonniers musulmans de procéder à ma toilette rituelle, de prier sur moi et de m’enterrer. » Le roi exauça son vœu et, pour cela, relâcha ces prisonniers.
Par la suite, Léon marcha sur l’armée des musulmans qui s’était retranchée et l’assiégea. Alors qu’ils se trouvaient dans une situation critique, ils reçurent la nouvelle de l’arrivée de Sulaymân ibn Hishâm à la tête des troupes musulmanes. Léon s’enfuit aussitôt, accompagné de son armée impie, retournant dans son pays – qu’Allah le déshonore – et il se replia dans Constantinople.
Khalîfa ibn Khayyât (1) rapporte que la mort et le martyre d’al-Battâl eurent lieu en terre byzantine en l’an 121. Ibn Jarîr (2) situe cet événement en l’an 122, tandis qu’Ibn Hassân al-Ziyâdî affirme qu’il fut tué en 113. J’ai moi-même relevé qu’il fut mentionné ailleurs qu’il fut tué, lui et l’émir ‘Abd al-Wahhâb ibn Bukht, en l’an 113, comme nous l’avons évoqué. Dieu est plus savant. Toutefois, Ibn Jarîr n’a enregistré sa mort qu’à cette date ; Dieu est plus savant.
Abû Bakr ibn ‘Ayyâsh a dit : « On demanda à al-Battâl : “Qu’est-ce que la bravoure ?” Il répondit : “C’est la patience d’une heure.” »
J’ajoute : Ceci constitue le résumé d’Ibn ‘Asâkir dans la biographie d’al-Battâl, considérant l’étendue de ses recherches et de ses connaissances. Quant à ce qu’affirment les gens du commun à propos d’al-Battâl, au sujet de la sîra attribuée à Dalhama, au Battâl, à l’émir ‘Abd al-Wahhâb et au cadi ‘Uqba, il ne s’agit que de mensonges, de calomnies, d’un tissu de pures inventions, d’une grande ignorance et d’une confusion grossière. De tels récits ne trompent que les esprits naïfs ou profondément ignorants, au même titre que la sîra fictive d’Antara al-‘Absî, ou encore les récits relatifs à al-Bakrî, ad-Danaf et autres. Et l’on sait que la fausse version de la sîra d’al-Bakrî comporte un péché plus grave et un crime plus grand que les autres, car l’auteur de cette imposture se range dans la catégorie visée par la parole du Prophète (que Dieu lui accorde bénédiction et salut) : « Celui qui ment sciemment à mon sujet, qu’il prenne place en Enfer » (3).
Parmi les notables décédés cette même année figure Iyas “l’Intelligent” (4), c’est-à-dire Iyas ibn Mu‘âwiya ibn