Abu Jaʿfar Ibn Jarîr at-Tabarî (1) rapporte que Yûsuf ibn ʿUmar ne sut rien de l’affaire de Zayd ibn ʿAlî avant que Hishâm ibn ʿAbd al-Malik ne lui écrive en disant : « Tu es bien insouciant ; Zayd ibn ʿAlî est fermement installé à Kûfa, où les gens lui prêtent allégeance. Recherche-le avec insistance, accorde-lui la sécurité et, s’il ne l’accepte pas, combats-le. » Yûsuf ibn ʿUmar se mit donc à le poursuivre, jusqu’à ce qu’ait lieu ce qui a déjà été relaté. Lorsqu’il découvrit sa tombe, il lui trancha la tête et l’envoya à Hishâm ibn ʿAbd al-Malik, qui l’exposa à la porte de Damas. Puis il ordonna qu’on l’emporte à Médine et qu’on l’y dresse à l’une des portes de la ville. Quant à son corps, il resta crucifié, gardé nuit et jour, jusqu’à la fin du règne de Hishâm. Lorsque lui succéda al-Walîd ibn Yazîd, celui-ci ordonna de le descendre et de le brûler à son époque. Qu’Allah défigure ce Walîd.
Pour ce qui est de son fils, Yahyâ ibn Zayd ibn ʿAlî, il trouva refuge auprès de ʿAbd al-Malik ibn Bishr ibn Marwân. Alors Yûsuf ibn ʿUmar lui envoya des menaces pour qu’il le lui livre, et ʿAbd al-Malik ibn Bishr déclara : « Je ne pourrais abriter un homme de ce genre, car il est notre ennemi et le fils de notre ennemi. » Yûsuf ibn ʿUmar le crut sur parole. Puis, lorsque les recherches à son sujet se calmèrent, il l’expédia vers le Khurâsân. C’est ainsi que Yahyâ ibn Zayd partit vers cette province avec un groupe de zaydites et y demeura un certain temps (2).
Abû Mikhnaf raconte : « Lorsque Zayd fut tué, Yûsuf ibn ʿUmar s’adressa aux habitants de Kûfa ; il les menaça, les insulta, les apostropha et les réprimanda en ces termes : “Par Dieu ! J’ai demandé au Commandeur des croyants la permission de mettre à mort un grand nombre d’entre vous ; s’il me l’avait accordée, j’aurais éliminé vos combattants et réduit en captivité vos familles. Je ne suis monté sur cette chaire que pour vous faire entendre ce que vous détestez.” »
Ibn Jarîr (3) ajoute : « Au cours de cette même année, ʿAbd Allâh al-Battâl fut tué, en compagnie d’un groupe de musulmans, en terre byzantine. » Il n’en dit pas davantage. Le hâfiẓ Ibn ʿAsâkir a cependant évoqué cet homme dans sa grande Histoire, disant : « ʿAbd Allâh Abû Yahyâ, connu sous le nom d’al-Battâl (4), résidait à Antioche. Abû Marwân al-Anṭâkî a rapporté de lui… »
Puis il cite, avec sa chaîne de transmission, qu’au moment où ʿAbd al-Malik ibn Marwân chargea son fils Maslama de conduire l’expédition contre les Byzantins, il plaça al-Battâl à la tête des chefs des gens de la Jazîra et du Shâm, et il dit à son fils : « Mets-le aux avant-postes de ton armée et ordonne-lui de patrouiller la nuit dans le camp, car c’est un homme sûr, digne de confiance, entreprenant et courageux. » ʿAbd al-Malik partit avec eux pour les accompagner jusqu’à la porte de Damas. L’on rapporte alors que Maslama confia à al-Battâl le commandement de dix mille hommes, pour qu’ils se placent devant lui comme un bouclier et empêchent les Byzantins d’atteindre les rangs des musulmans. Muḥammad ibn ʿĀʾidh ad-Dimashqî dit : « Al-Walîd ibn Maslama nous raconta, et Abû Marwân, un ancien d’Antioche, me transmit : … »