Al-Bidayah wa an-NihayahIbn Kathir

Au moment de l’aube, deux cent dix-huit hommes s’étaient alors rassemblés avec lui, si bien que Zayd s’exclama : « Gloire à Dieu ! Où sont les gens ? » On lui répondit : « Ils sont bloqués dans la mosquée. » Al-Hakam écrivit alors à Yusuf ibn ‘Umar pour l’informer de l’insurrection de Zayd ibn ‘Ali. Yusuf ibn ‘Umar envoya une troupe à Koufa, tandis que les armées se mirent en route avec le gouverneur de la ville. Yusuf ibn ‘Umar arriva également avec un large contingent de combattants, rencontra une formation de cinq cents cavaliers qu’il mit en déroute, puis se rendit à al-Kunâsa, où il vainquit un groupe venu de Syrie (ach-Châm).

Zayd passa ensuite près de Yusuf ibn ‘Umar, lequel se trouvait sur une colline, tandis que Zayd était accompagné de deux cents cavaliers. Si Yusuf ibn ‘Umar l’avait visé directement, il l’aurait tué, mais celui-ci s’écarta sur la droite. Chaque fois qu’ils rencontraient un groupe de gens de Koufa, ils le mettaient en fuite. Les compagnons de Zayd criaient : « Ô vous, gens de Koufa ! Venez pour la religion, la dignité et ce monde ! Vous n’avez ni religion, ni dignité, ni part dans ce monde ! » Quand la nuit tomba, un certain nombre de gens de Koufa se rallièrent à lui, après qu’une partie de ses compagnons eurent été tués dès le premier jour. Le lendemain, Zayd affronta un groupe de Syriens, tua soixante-dix d’entre eux, et ceux-ci se retirèrent de façon pitoyable. À la tombée de la nuit, Yusuf ibn ‘Umar organisa soigneusement son armée pour le jour suivant.

Le matin venu, ils engagèrent le combat avec Zayd ibn ‘Ali et ses hommes, que Zayd repoussa jusqu’à les forcer à se retirer vers la sebakha, puis il chargea à nouveau et les repoussa jusqu’aux Banû Sulaym. Il les pourchassa avec sa cavalerie et son infanterie pour les contraindre à se diriger vers la route surélevée. Là, ils livrèrent une bataille d’une extrême violence, jusqu’à ce que la nuit tombe. Une flèche atteignit Zayd au côté gauche du front, se frayant un chemin jusqu’à son cerveau. Il se replia, et ses hommes firent de même, tandis que les Syriens pensaient qu’ils se retiraient à cause de la tombée du soir. Zayd fut conduit dans une maison de la ruelle de la Poste (Sikkat al-Barîd) ; on fit venir un médecin qui retira la flèche de son front, mais Zayd rendit aussitôt l’âme.

Ses compagnons disputèrent quant à l’endroit où l’enterrer : certains proposaient de le vêtir de sa cotte de mailles et de le jeter à l’eau, d’autres suggéraient de lui trancher la tête et de le laisser au milieu des cadavres. Son fils s’interposa : « Non, par Dieu ! Je ne laisserai pas les chiens dévorer mon père ! » D’autres recommandèrent de l’enterrer à al-Kunâsa ou dans la fosse où l’on extrait l’argile. Ils procédèrent ainsi et firent couler de l’eau sur la tombe pour qu’on ne la reconnaisse pas. Ses compagnons se dispersèrent alors, sans dirigeant pour continuer la lutte, et à l’aube, il ne leur restait plus personne pour mener le combat. Yusuf ibn ‘Umar rechercha les blessés dans l’espoir de débusquer Zayd parmi eux. Un affranchi de Zayd, d’origine sinde, qui avait assisté à l’inhumation, le conduisit à la sépulture. On y déterra alors le corps de Zayd, et Yusuf ibn ‘Umar ordonna qu’on le crucifie sur une potence à al-Kunâsa, avec Nasr ibn Khouzayma, Muʿâwiya ibn Ishâq ibn Zayd ibn Hâritha al-Ansârî et Ziyâd an-Nahdî. Il est rapporté que Zayd resta ainsi exposé durant quatre ans avant qu’on ne le dépose et ne le brûle. Dieu sait mieux la vérité.

(1) Dans (Q) : « as-sāh », et dans (B) : « aknāh », et les deux sont des erreurs de copie. La forme confirmée provient de (Ḥ) et de l’Histoire de Ṭabarī, et « al-musan­na » : - une digue construite pour un torrent afin de retenir l’eau, appelée « musan­na » parce qu’elle possède des ouvertures pour l’eau proportionnées aux besoins, sans débordement, dérivée de l’expression « sunnaytu al-shay’a wal-amr » (j’ai façonné la chose et l’affaire) lorsqu’on ouvre sa face. (Lisan al-‘Arab, entrée « sunan »). Le terme « najf » y apparaît aussi : la « najfa al-musan­na », et « najf » signifie un tertre. Al-Azharī dit : « et la najfa située derrière Kūfa, qui est comme une digue, empêche l’eau du torrent de submerger les maisons et les cimetières de Kūfa. » (2) Dans (B, Q) : « al-‘Abāsa », ce qui est une altération. Al-Kināsa est un lieu connu à Kūfa. (3) Dans (Q) : « wa-infattala aṣḥābuhu », la forme confirmée venant de (B, Ḥ). Le terme « al-fal » désigne les personnes battues. Le verbe « falla » signifie qu’on inflige une défaite à un groupe, qui alors se disperse et s’enfuit. Ils sont appelés « fāl » : ceux qui sont vaincus, et au pluriel « fulūl » et « fulāl ». (Lisan al-‘Arab, s.v. « falla »).
الفجرُ إذا قدِ اجتمع معه مئتانِ وثمانيةَ عشرَ رجلًا فجعل زيدٌ يقول: سبحان الله! أينَ الناس؟ فقيل: هم في المسجد مَحْصورون. وكتب الحكمُ إلى يوسف بن عمر يعلِمهُ بخروجِ زيدِ بن عليّ، فبعث إليه سَرِيَّةً إلى الكوفة، وركبتِ الجيوشُ مع نائبِ الكوفة، وجاء يوسف بن عمر أيضًا في طائفةِ كبيرةٍ من الناس، فالتقى بِمَنْ معه جُرْثومةً منهم فيهم خمسُ مئةِ فارس فهزمهم، ثم أتَى الكُنَاسةَ، فحلَّ على جَمع من أهلِ الشام فهزمهم، ثم اجتازَ بيوسفَ بنِ عمر وهو واقفٌ فوقَ تلّ، وزيدٌ في مئتي فارس، ولو قصد يوسفُ بن عمر لقَتَلَه، ولكنْ أخذ ذاتَ اليمين، وكلَّما التقى طائفة من أهلِ الكوفةِ هزمهم، وجعل أصحابُهُ ينادون: يا أهلَ الكوفة، اخرجوا إلى الدِّينِ والعِزِّ والدنيا، لستم في دينٍ ولا عِزٍ ولا دنيا، ثم لما أمسَوْا انضاف إليه جماعةٌ من أهلِ الكوفة وقد قُتل بعضُ أصحابِه في أولِ يوم، فلما كان في اليوم الثاني اقتتل هو وطائفةٌ من أهلِ الشام، فقتلَ منهم سبعين رجلًا، وانصرفوا عنه بشرِّ حال، وأمسَوْا، فعبَّأ يوسفُ بن عمر جيشَه جيدًا، ثم أصبحوا فالتقَوْا مع زيد بن عليٍّ في أصحابه، فكشفَهم حتى أخرجهم إلى السَّبَخَة، ثم شدَّ عليهم حتى أخرجهم إلى بني سُليم، ثم تَبِعهم في خيلِه ورَجِله، حتى أخذوا على المُسَنَّاة (١) ثم اقتتلوا هناك قتالًا شديدًا جدًّا حتى كان جُنْحُ الليل، فرُمِيَ زيدٌ بسهم فأصاب جانبَ جَبهتِه اليُسرى، فوصل إلى دِمَاغِه، فرجع ورجع أصحابُه. ولا يَظنُّ أهلُ الشامِ أنَّهم رجعوا إِلَّا للمساء والليل، وأُدخل زيدٌ في دار سكةِ البَرِيد، وجيء بطبيب فانتَزعَ ذلك السهمَ من جبهتِه، فما عَدَا أن انتزعه حتى ماتَ في ساعتِهِ (رحمه الله) . فاختلف أصحابُهُ أين يدفِنُونَه؟ فقال بعضهم: ألبِسُوهُ دِرْعَهُ وألْقُوهُ في الماء. وقال بعضُهم: احتزُّوا رأسَهُ واتركوه في القتلَى. فقال ابنُه: لا والله لا تأكلُ أبي الكلاب. وقال بعضُهم: ادفِنوه في الكناسة (٢) وقال بعضهم: ادفِنُوهُ في الحفرةِ التي يؤخذُ منها الطِّين. ففعلوا ذلك، وأجرَوْا على قبرِهِ الماءَ لئلا يُعرَف، وتفلَّلَ أصحابُه (٣) ، حيثُ لم يبقَ لهم رأس يقاتلون به، فما أصبح الفجرُ ولهم قائمةٌ ينهضون بها وتتبَّعَ يوسف بن عمر الجَرْحَى هل يجدُ زيدًا بينهم؛ وجاء مولًى لِزَيْد سِنْديّ، قد شَهِدَ دفنَه، فدلَّ على قبره، فأُخِذَ من قبرِه، فأمر يوسفُ بن عمر بصَلْبِه على خشبةٍ بالكُناسة، ومعه نصرُ بن خُزيمة، ومعاوية بن إسحاق بن زيد بن حارثة الأنصاري، وزياد النَّهْدي؛ ويُقال: إنَّ زيدًا مكَثَ مصلوبًا أربعَ سنين، ثم أُنزل بعدَ ذلك وأُحرق، واللّه أعلمُ.
(١) في (ق): "الساه"، وفي (ب): "اكناه"، وكلاهما تصحيف، والمثبت من (ح) وتاريخ الطبري، والمسنَّاة: - ضُفَيرة تُبنى للسَّيل لتردَّ الماء سميت مُسَنَّاة لأن فيها مفاتيح للماء بقدر ما تحتاج إليه مما لا يَغلِب، مأخوذٌ من قولك سنَّيتُ الشيءَ والأمر إذا فتحتَ وجهه. لسان العرب (سنن). وجاء فيه مادة (نجف): النجفةُ المسنَّاة، والنجف: التل. قال الأزهري: والنجفة التي بظهر الكوفة وهي كالمسناة تمنع ماء السيل أن يعلو منازل الكوفة ومقابرها. (٢) في (ب، ق): "العباسة" وهو تحريف. والكناسة محلة معروفة بالكوفة. (٣) في (ق): "وانفتل أصحابه"، والمثبت من (ب، ح)، والفَلُّ: المنهزمون. وفَلَّ القومَ يفُلّهم فَلًّا: هزمهم فانفَلُّوا وتَفَلَّلوا. وهم قوم فَلٌّ: منهزمون، والجمع فُلول وفُلَّال. لسان العرب (فلل).

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