Al-Bidayah wa an-NihayahIbn Kathir

Ils édifièrent une grande mosquée à Constantinople (1). Ils y bâtirent une mosquée et un minaret, et jusqu’à présent, les musulmans y accomplissent la prière du vendredi et les prières en congrégation.

J’ai dit : C’est le dernier endroit que les musulmans conquerront avant l’apparition du Faux Messie (le Dajjâl) à la fin des temps, comme nous le mentionnerons dans la section des batailles et des épreuves, en nous appuyant sur le ḥadith authentique rapporté par Muslim (2).

En somme, Muslama (que Dieu lui fasse miséricorde) connut de nombreuses positions fameuses et mémorables, et mena de multiples campagnes louables. Il prit des forteresses et des citadelles, ranima par sa détermination des palais et des contrées. À son époque de conquêtes, il était semblable à Khālid ibn al-Walīd en son temps, par la fréquence de ses expéditions et l’ampleur de ses victoires, par la force de sa résolution, la dureté de son courage et l’excellence de sa stratégie, qu’il s’agisse de rompre ou de traiter les alliances. Cela s’ajoutait à sa générosité, son éloquence, son leadership, sa largesse, son authenticité et sa sagesse.

Al-Ḥasan a dit : « Deux qualités de noblesse ressortent clairement : l’opulence et l’éloquence. » Un jour, il s’adressa au poète Nuṣayb : « Demande-moi quelque chose. » Il lui répondit : « Non. » Il reprit : « Pourquoi donc ? » Il répondit : « Parce que ta générosité est plus abondante que ma demande à la langue. » Alors il lui offrit mille dinars.

Il a également dit : « Les prophètes ne bâillent pas comme le commun des hommes ; jamais un prophète n’a bâillé. » Il légua aussi le tiers de ses biens à ceux qui s’adonnent aux belles-lettres, en déclarant : « C’est un art dont les adeptes sont injustement délaissés. »

Al-Walīd ibn Muslim et d’autres rapportent qu’il mourut un mercredi, le septième jour de Muḥarram, en l’an 121 de l’hégire. Selon une autre version, c’était en l’an 120. Son décès eut lieu en un lieu appelé al-Ḥānūt. L’un de ceux qui le pleurèrent fut son neveu, al-Walīd ibn Yazīd ibn ʿAbd al-Malik, qui composa :
« Je dis, et le trépas n’est qu’éloignement :
Ô Muslamah, puisses-tu ne point t’éloigner !
Tu fus pour nous une lumière qui illuminait la contrée,
Et désormais elle s’est assombrie.
Nous taisons ta mort, par crainte de sa certitude,
Quand au grand jour la certitude se dévoile pour nous. »

Quant à Numayr ibn Uways (3) al-Ashʿarī, il fut cadi de Damas et un grand tābiʿī qui rapporta des traditions de Ḥudhayfah (sous forme mursal), d’Abū Mūsā (sous forme mursal), d’Abū al-Dardāʾ, de Muʿāwiyah (sous forme mursal) et de plusieurs autres personnalités parmi les tābiʿūn. De nombreux transmetteurs recueillirent ses propos, parmi lesquels al-Awzāʿī, Saʿīd ibn ʿAbd al-ʿAzīz et Yaḥyā ibn al-Ḥārith al-Dhimārī.

(1) Il est mentionné dans le Muʿjam al-Buldān de Yāqūt (1/261) sous l'entrée « Andas » avec un ḍamma sur le dāl hamza et un sīn hamza également, qu'il s'agit d'une ville à l'ouest du golfe de Constantinople, située entre deux montagnes, à une lieue de Constantinople, sur un terrain plat. À Andas, il y a une mosquée construite par Muslim ibn ʿAbd al-Malik lors de certaines de ses campagnes. (2) Dans (Q) : « De notre livre ceci, si Dieu le veut. Et nous mentionnerons là-bas les hadiths y afférents » au lieu de « Le hadith authentique chez Muslim » d, attesté dans (B, H). Notons que le sultan Muhammad al-Fāṭih l'a prise en 1453 de notre ère. (3) Dans (Q) : « Namīr ibn Qays » est une erreur de copie ; la forme correcte est attestée dans (B, H). Les sources de sa biographie sont : Ṭabaqāt Ibn Saʿd (7/456), al-Tārīkh al-Kabīr (8/117), al-Jarḥ wa al-Taʿdīl (8/498), al-Istiʿāb (4/1511), Tahdhīb al-Kamāl (30/21), al-Kāshif (2/326), Tuḥfat al-Taḥṣīl fī Dhikr Rawāt al-Marāsīl p. 329, Tahdhīb al-Tahdhīb (10/424), al-Iṣābah (6/511).
جامعًا كبيرًا بالقُسْطنطيِنيَّة (١) فَبَنوا بها جامعًا ومنارةً، فهو بها إلى الآن يُصلِّي فيه المسلمون الجُمعة والجماعة. قلتُ: وهي آخر ما يفتَحُه المسلمونَ قبلَ خروج الدجَّال في آخرِ الزمان، كما سنوِرِدُه في الملاحم والفِتَن من الحديث الصحيح عند مسلم (رحمه الله) (٢) . وبالجملة كانت لمسلمةَ مواقفُ مشهورةٌ مشهودة، وغزوات متتالية منثورة محمودة، وقد افتتح حصونًا وقلاعًا، وأحيا بعزمِهِ قصورًا وبقاعًا، وكان في زمانه في الغزوات نظيرَ خالدِ بن الوليد في أيامه في كثرةِ مَغَازيه، وكثرةِ فُتوحه، وقوَّةِ عزمه، وشدةِ بأسِه، وجَوْدَةِ تصرُّفِه في نقضِهِ وإبرامِه، وهذا مع الكرمِ والفصاحة، والرياسةِ والسَّماحة، والأصالةِ والرجاحة. ومن كلام الحسن قوله: مروءتان ظاهرتان: الرياش والفصاحة. وقال يومًّا لِنُصَيبِ الشاعر: سلني. قال: لا. قال: ولم؟ قال: لأنَّ كفَّكَ بالجزيلِ أكثرُ من مسألتي باللسان. فأعطاهُ ألفَ دينار. وقال أيضًا: الأنبياءُ لا يتثاءَبونَ كما يتثاءبُ الناس، ما تثاءَبَ نبيٌّ قَطّ. وقد أوصىَ بثُلثِ عالِه لأهلِ الأدب وقال: إنها صِناعةٌ مَجْفُوٌّ أهلُها. وقال الوليد بن مسلم وغيرُه: توفي يوم الأربعاء لسبعٍ مَضَيْنَ من المحرَّم، سنة إحدى وعشرين ومئة. وقيل: في سنة عشرين ومئة. وكانت وفاته بموضعٍ يُقالُ له الحانوت. وقد رثاه بعضُهم وهو ابنُ أخيه الوليد بن يزيد بن عبد الملك فقال: أقول وما البعدُ إلَّا الرَّدَى … أمَسْلَمُ لا تَبْعِدَنْ مَسْلَمَهْ فقد كنتَ نورًا لنا في البلادِ … مضِيئًا فقد أصبحتْ مُظِلمَهْ ونَكْتُمُ مَوْتَكَ نخشَى اليقينَ … فأبْدَى اليقينُ عنِ الجُمْجُمَه نُمَيْر بن أُوَيس (٣) الأشعري، قاضي دمشق، تابعيٌّ جَلِيل، روى عن حُذيفة مرسلًا، وأبي موسى مرسلًا، وأبي الدرداء، وعن معاوية مرسلًا، وعن غيرِ واحدٍ من التابعين. وحدَّث عنه جماعةٌ كثيرون، منهم الأوزاعي، وسعيد بن عبد العزيز، ويحيى بن الحارث الذِّمَارِي.
(١) جاء في معجم البلدان لياقوت (١/ ٢٦١) في رسم "أندس" بضم الدال المهملة والسين مهملة أيضًا مدينة على غربي خليجِ القسطنطينية بين جبلين بينها وبين القسطنطينية ميل، في مستو من الأرض، وبأندس مسجدٌ بناهُ مسلمةُ بن عبد الملك في بعضِ غزواته. (٢) في (ق): "من كتابنا هذا إن شاء الله. ونذكر الأحاديث الواردة في ذلك هناك" بدل "الحديث الصحيح عند مسلم (رحمه الله) " والمثبت من (ب، ح). على أن السلطان محمدًا الفاتح قد افتتحها سنة ١٤٥٣ م. (٣) في (ق): "نمير بن قيس" تصحيف، والمثبت من (ب، ح)، ومصادر ترجمته وهي: طبقات ابن سعد (٧/ ٤٥٦)، التاريخ الكبير (٨/ ١١٧)، الجرح والتعديل (٨/ ٤٩٨)، الاستيعاب (٤/ ١٥١١)، تهذيب الكمال (٣٠/ ٢١)، الكاشف (٢/ ٣٢٦)، تحفة التحصيل في ذكر رواة المراسيل ص (٣٢٩)، تهذيب التهذيب (١٠/ ٤٢٤)، الإصابة (٦/ ٥١١).

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