Il se peut qu’il s’agisse du jour où Dieu leur infligera le châtiment, et ils voudront alors prendre la fuite, alors qu’il ne sera plus temps de s’échapper. C’est à ce sujet que dit le Très-Haut : « Lorsque qu’ils sentirent Notre rigueur, voilà qu’ils s’enfuirent (12). “Ne vous enfuyez pas et retournez à l’aisance dans laquelle vous viviez et à vos demeures, afin qu’on vous interroge.” » (Al-Anbiyâ’, 12-13).
Ensuite, Dieu les informa de la prophétie de Joseph en terre d’Égypte, et de ce qu’il fit comme bienfaits envers les créatures, tant pour leur vie présente que pour leur vie future. Il est issu de cette lignée et de cette descendance. Il appelait les gens à l’unicité de Dieu (tawhîd) et à Son adoration, en leur enjoignant de ne rien associer à Lui parmi Ses créatures. Il leur apprit aussi que les habitants de l’Égypte à cette époque avaient pour habitude de nier la vérité et de s’opposer aux messagers.
C’est pourquoi Il dit : « Vous n’avez cessé de douter de ce qu’il vous a apporté jusqu’à ce qu’il meure, et vous dites : “Dieu n’enverra plus jamais de Messager après lui.” » Autrement dit, vous l’avez accusé de mensonge à ce sujet. Puis Il ajoute : « C’est ainsi que Dieu égare quiconque est outrancier et soupçonneux, ceux qui disputent les signes de Dieu sans preuve qui leur soit parvenue. » C’est-à-dire qu’ils rejettent les arguments, les preuves et les signes de l’unicité divine, sans aucun témoignage ni justification de la part de Dieu. Voilà une chose que Dieu réprouve au plus haut point ; Il hait ceux qui s’y adonnent et qui caractérisent ainsi leurs actes. « C’est ainsi que Dieu scelle tout cœur orgueilleux, tyrannique », qu’on lise « orgueilleux » comme un adjectif ou comme un complément. Les deux sens se rejoignent, car, en vérité, lorsque les cœurs s’opposent à la vérité sans preuve valable, Dieu les scelle, c’est-à-dire qu’Il y appose un sceau.
Le Très-Haut poursuit : « Et Pharaon dit : “Ô Hâmân ! Bâtis-moi une tour, afin que j’atteigne les voies, les voies des cieux, et que je parvienne jusqu’au Dieu de Moïse ; pour ma part, je pense qu’il est menteur.” C’est ainsi que les mauvaises actions de Pharaon lui furent embellies, et il fut détourné du chemin ; et le stratagème de Pharaon n’est voué qu’à la ruine. » (Ghâfir, 36-37). Pharaon traita Moïse (que la paix soit sur lui) de menteur lorsqu’il prétendit que Dieu l’avait envoyé. Il allégua devant son peuple ce grave mensonge en disant : « Je ne connais pas pour vous d’autre dieu que moi. Allume-moi un feu sur l’argile, Ô Hâmân, et bâtis-moi une tour, peut-être pourrai-je accéder au Dieu de Moïse ; quant à moi, je pense qu’il est du nombre des menteurs. »
Puis, dans ce passage, Pharaon déclare : « Peut-être atteindrai-je les voies, les voies des cieux, afin que je puisse regarder le Dieu de Moïse ; pour ma part, je pense qu’il est menteur. » Cette parole peut s’entendre de deux manières : la première, qu’il accuse Moïse de mentir lorsqu’il affirme qu’il existe un Seigneur pour le monde autre que Pharaon ; la seconde, qu’il le juge menteur lorsqu’il prétend que Dieu l’a envoyé. La première interprétation rejoint davantage l’attitude apparente de Pharaon, puisqu’il niait l’existence même du Créateur. La seconde est toutefois plus proche du texte, car Pharaon dit : « …afin que je puisse regarder le Dieu de Moïse », c’est-à-dire L’interroger pour savoir s’Il a réellement envoyé Moïse, avant d’ajouter : « Je pense qu’il est menteur », à propos de cette revendication.
En réalité, l’intention de Pharaon était de détourner les gens de la croyance en Moïse (que la paix soit sur lui), et de les inciter à le traiter de menteur. C’est pourquoi Dieu, le Très-Haut, dit : « C’est ainsi que l’on embellit à Pharaon la laideur de son acte, et qu’il fut détourné du chemin. »