Maslama ibn ‘Abd al-Malik (1), fils de Marwân ibn al-Hakam ibn Abî al-‘Âs ibn Umayya, appartenant à la tribu qurayshite omeyyade, connu sous les kunyas Abû Sa‘îd et Abû al-Asbagh le Damasquin.
Ibn ‘Asâkir (2) rapporte que sa demeure à Damas se trouvait dans le quartier d’al-Qibbâb, près de la porte méridionale de la grande mosquée. Il fut chargé de la supervision du pèlerinage (al-mawsim) à l’époque de son frère al-Walîd. Il combattit à plusieurs reprises les Byzantins et assiégea Constantinople. Son frère Yazîd le nomma gouverneur des deux ‘Irâq, avant de le démettre de ses fonctions, puis il fut nommé à la tête de l’Arménie.
Il transmit des hadiths de ‘Umar ibn ‘Abd al-‘Azîz. Parmi ceux qui recueillirent des traditions de lui figurent ‘Abd al-Malik ibn Abî ‘Uthmân, ‘Ubayd Allâh ibn Quza‘a, ‘Uyayna – le père de Sufyân ibn ‘Uyayna ibn Abî ‘Imrân (3) –, Mu‘âwiya ibn Hudayj (4) et Yahyâ ibn Yahyâ al-Ghasânî.
Al-Zubayr ibn Bakkâr rapporte : « Maslama faisait partie des hommes de valeur parmi les Banû Umayya. On le surnommait la “sauterelle jaune” ; il laissa de nombreuses traces, mena des guerres et infligea de lourdes pertes aux Byzantins. »
Je (l’auteur) dis : il conquit de nombreuses forteresses dans leurs terres. Lorsqu’il fut gouverneur de l’Arménie, il combattit les Turcs, arriva jusqu’à Bâb al-Abwâb, détruisit la cité qui s’y trouvait, puis la rebâtit neuf ans plus tard. En l’an 98 de l’Hégire, il partit en campagne contre Constantinople, l’assiégea, s’empara de la ville des Ṣaqâliba, vainquit le roi des Burjân (5), puis reprit le siège de Constantinople.
Al-Awzâ‘î raconte : « Alors qu’il faisait campagne contre eux, il fut pris d’une très violente migraine. Le roi des Byzantins lui envoya alors une calotte, en disant : “Place-la sur ta tête, ton mal de tête s’apaisera.” Maslama craignit un piège ; il la posa d’abord sur la tête d’une monture, sans que rien de fâcheux ne se produise, puis sur la tête de l’un de ses compagnons et n’en constata aucun mal. Lorsqu’il la mit finalement sur sa propre tête, sa migraine disparut. Quand il l’ouvrit, il trouva soixante-dix lignes portant à chaque fois ce verset répété : “En vérité, c’est Dieu qui retient les cieux et la terre pour qu’ils ne disparaissent pas ; s’ils venaient à disparaître, nul autre que Lui ne saurait les retenir. Il est Indulgent et Pardonneur.” (Sourate Fâtir, v. 41). » Ce récit est rapporté par Ibn ‘Asâkir (6).
Maslama endura de grandes difficultés en assiégeant Constantinople, et les musulmans y souffrirent d’une terrible famine. Quand ‘Umar ibn ‘Abd al-‘Azîz accéda au pouvoir, il leur envoya un messager pour leur ordonner de se retirer, mais Maslama jura de ne pas lever le siège avant qu’on ne lui bâtisse