Lorsque parvinrent à Yūsuf des nouvelles de ce qu’ils avaient enduré… Il choisit pour la soutenir Naṣr ibn Sayyār.
Au cours de cette année, les partisans de la famille d’al-‘Abbās trouvèrent que la lettre de Muḥammad ibn ‘Alī tardait à leur parvenir. Ce dernier leur reprochait d’avoir suivi ce zindīq (hétérodoxe) surnommé Khidāsh, qui appartenait au courant khurramite (khurramī). C’est lui qui leur avait permis des interdits et autorisé des actes répréhensibles, allant jusqu’à bouleverser (1) les interdictions familiales et les alliances matrimoniales. Il fut tué par Khālid al-Qasrī comme cela a été mentionné précédemment. Muḥammad ibn ‘Alī les blâma d’avoir cru ses propos et de l’avoir suivi dans son égarement. Mais comme sa lettre tardait, ils lui dépêchèrent un messager pour s’enquérir de sa position. Lorsque celui-ci arriva, Muḥammad lui expliqua sur quels points il les avait réprimandés dans l’affaire de Khidāsh al-Khurramī, puis il lui remit une lettre scellée.
Lorsqu’ils l’ouvrirent, ils n’y trouvèrent inscrit que : « Au nom de Dieu, le Clément, le Miséricordieux. Sachez que c’est seulement au sujet du Khurramī qu’il vous a fait des reproches. » Ensuite, il leur envoya à nouveau un messager, mais beaucoup d’entre eux ne crurent pas ce dernier et projetèrent de le malmener. Puis leur parvint de sa part un bâton tors autour duquel étaient fixés du fer et du cuivre, ce qui les fit comprendre qu’il s’agissait d’un signe indiquant qu’ils étaient devenus rebelles et qu’ils étaient divisés comme le fer et le cuivre.
Ibn Jarīr (2) a dit : « Cette année, Muḥammad ibn Hishām ibn Ismā‘īl al-Makhzūmī conduisit le pèlerinage, d’après Abū Ma‘shar. » Il ajoute : « D’autres affirment que ce fut Sulaymān ibn Hishām ibn ‘Abd al-Malik, ou encore son fils Yazīd ibn Hishām. » Dieu – glorifié et exalté soit-Il – le sait mieux.
[Ensuite survint l’année 121]
Durant cette année, Maslama ibn Hishām partit en expédition contre le pays des Romains et s’empara de Maṭāmīr — une forteresse. Quant à Marwān ibn Muḥammad, il conquit le territoire du “maître de l’or”, s’appropria ses places fortes et ruina son domaine. Celui-ci se soumit finalement, acceptant de verser chaque année un tribut de mille têtes, et livra des otages pour le garantir.
Au cours de cette même année, au mois de Ṣafar, Zayd ibn ‘Alī ibn al-Ḥusayn ibn ‘Alī ibn Abī Ṭālib — à qui est rattachée la branche dite zaydite — fut tué, selon l’avis d’al-Wāqidī. Mais Hishām al-Kalbī rapporte plutôt que son exécution date de Ṣafar de l’année 122. Dieu sait mieux.
Muḥammad ibn Jarīr (3) a rapporté le récit des causes de sa mise à mort durant cette année, selon la relation d’al-Wāqidī. D’après ce dernier, Zayd se rendit auprès de Yūsuf ibn ‘Umar. Celui-ci lui demanda : « Est-ce que Khālid al-Qasrī t’a confié de l’argent ? » Zayd répondit : « Comment un homme qui injurie mes aïeux chaque vendredi depuis sa chaire aurait-il pu me remettre quoi que ce soit ? » Yūsuf lui fit jurer qu’il n’avait rien accepté, puis ordonna qu’on fît comparaître Khālid, qui se trouvait alors en prison, enveloppé dans une simple étoffe. Il lui demanda : « As-tu confié quoi que ce soit à cet homme pour que nous le réclamions ? » Khālid répondit : « Non. Comment l’aurais-je fait alors que je l’insultais, lui et ses ancêtres, chaque vendredi ? » Yūsuf ibn ‘Umar le laissa donc repartir et informa le Commandeur des Croyants de l’affaire, si bien que ce dernier y renonça. Il est également rapporté que