Al-Bidayah wa an-NihayahIbn Kathir

Il est rapporté qu’il était violent. On raconte qu’il l’avait envié pour l’abondance des biens, des provisions et des récoltes qu’il possédait, à tel point qu’on disait que son revenu annuel s’élevait à treize millions de dinars – certains affirmaient qu’il s’agissait plutôt de dirhams. Son fils, Yazid ibn Khalid, aurait quant à lui reçu dix millions.

On rapporte aussi qu’un homme de la suite de l’émir des croyants, issu des Quraysh et appelé Ibn ‘Amr, se rendit auprès de lui. Il ne l’accueillit pas et ne lui prêta aucune attention. Informé de cet affront, Hishâm lui envoya une lettre pour le réprimander et le blâmer. Il y était ordonné que, dès réception de ce courrier, il se lève immédiatement devant les gens de son entourage, s’en aille à pied jusqu’à la porte de Ibn ‘Amr, dans l’humiliation, en demandant son pardon. Si celui-ci ne lui ouvrait pas, il devrait patienter devant sa porte un an entier, sans s’en écarter ni s’en aller, puis se tenir à la décision d’Ibn ‘Amr : qu’il le destitue, le maintienne, se venge ou bien l’absoute. Hishâm informa ensuite Ibn ‘Amr de la teneur de cette missive destinée à Khâlid et lui recommanda de le frapper de vingt coups de fouet sur la tête, s’il jugeait cela opportun, lorsque Khâlid se présenterait devant lui.

Par la suite, Hishâm démit Khâlid de ses fonctions, mais il cacha sa décision. Il envoya alors un courrier rapide à son gouverneur du Yémen, Yûsuf ibn ‘Umar, pour le nommer à la tête de l’Irak, avec ordre de s’y rendre accompagné de trente cavaliers. Ils arrivèrent à Koufa à l’aube. Lorsque le muezzin appela à la prière, Yûsuf lui ordonna d’établir l’iqâma. Le muezzin réclama d’attendre l’imam – il s’agissait de Khâlid –, mais Yûsuf le rabroua et insista pour qu’il fasse immédiatement l’iqâma. Il commença la prière, récita : « Lorsque l’Événement surviendra » (al-Wâqi‘a), puis « Un implorant implora » (al-Ma‘ârij), avant de conclure. Il fit appeler Khâlid, Târiq et leurs hommes, s’empara de grandes sommes provenant de leurs biens et imposa à Khâlid une amende de cent millions de dirhams.

Khâlid avait été nommé gouverneur de l’Irak en Shawwâl de l’an cent cinquante (de l’Hégire) et il fut destitué en Joumâdâ al-Ulâ de cette même année, c’est-à-dire en l’an cent vingt, au cours duquel Yûsuf ibn ‘Umar arriva pour remplacer Khâlid ibn ‘Abd Allâh al-Qasrî. Il nomma alors Juday‘ ibn ‘Alî al-Karmânî comme son lieutenant au Khurâsân et destitua Ja‘far ibn Hanzala que Asad avait nommé auparavant. Ensuite, durant cette même année, Yûsuf ibn ‘Umar démit Juday‘ de son poste et confia le Khurâsân à Nasr ibn Sayyâr.

Toute la fortune que Khâlid avait accumulée, que ce soit en propriétés foncières ou en biens immobiliers, disparut d’un seul coup. Lorsqu’il apprit que Hishâm lui en voulait, certains de ses proches lui conseillèrent d’envoyer une partie de ses biens à Hishâm pour qu’il choisisse ce qui lui plaisait, et qu’il épargne le reste, lui disant : « Il vaut mieux perdre une partie tout en conservant le reste, plutôt que de tout perdre en étant destitué et ruiné. » Mais Khâlid refusa, abusé par la prospérité dont il jouissait et ne pouvant se résoudre à s’humilier. C’est ainsi qu’il fut brusquement relevé de ses fonctions et perdit tout ce qu’il avait amassé et défendu.

Le gouvernement de l’Irak et du Khurâsân revint donc à Yûsuf ibn ‘Umar, et Nasr ibn Sayyâr fut confirmé à la tête du Khurâsân. Dès lors, le pays retrouva sa stabilité et les populations vécurent dans la sécurité, louanges et gratitude étant dues à Dieu.

À ce propos, Suwâr ibn al-Ash‘ar (1) a dit :
« Khorasan s’est trouvée en sécurité après la peur
contre l’injustice de tout despote exerçant son pouvoir avec tyrannie. »

(1) Dans Q : « al-Asʿarī », et dans (B, Ḥ) : « al-Ashqar », ce que nous avons confirmé est conforme à ce qui se trouve dans l’Histoire de Ṭabarī et dans Kāmil Ibn al-ʿAthīr. Ibn Mākūlā l’a mentionné dans al-Ikmāl 1/89 en ces termes : « Sawwār ibn al-Ashʿar al-Tamīmī était à la tête de la police de Sijistān et il y régna pendant les périodes de troubles » (Bashshār).
عَنِيفًا. ويقال: إنَّه حسَدَه على سَعَةِ ما حَصَل له من الأموال والحواصل والغَلَّات، حتى قيل إنه كان دَخْلُه في كلِّ سنةٍ ثلاثةَ عشرَ ألف ألف دينار، وقيل: دِرْهَم. ولولدِه يزيد بن خالد عشرة آلاف ألف. وقيل إنه وفَد إليه رجلٌ من ألزامِ أمير المؤمنين من قريش يقالُ له ابنَ عمرو، فلم يُرِحِّبْ به ولم يَعْبأ به، فكتب إليه هشامٌ يُعنِّفُه ويُبَكِّتُه على ذلك، وأنَّه حالَ وصولِ هذا الكتاب إليه يقومُ مِن فوْرِهِ بِمَنْ حَوْلَه من أهلِ مجلسِه، فينطلق علىِ قدمَيْهِ حتى يأتيَ بابَ ابن عمرو صاغرًا ذليلًا مستأذنًا عليه، متنصِّلا إليه مما وقع، فإن أذِنَ لك، وإلَّا فقِفْ على بابِه حَوْلًا غيرَ مُتَحَلِّلٍ من مكانِكَ ولا زائل، ثم أمْرُكَ إليه إنْ شاء عزلك، وإن شاء أبْقاك، وإن شاء انتصر، وإنْ شاء عَفَا، وكتب إلى ابن عمرٍو يُعلِمُه بما كثب إلى خالد، وأمَرَهُ إنْ وقف بين يديه أنْ يَضْربَهُ عشرين سَوْطًا على رأسه إنْ رأى ذلك مصلحة. ثم إنَّ هشامًا عزَلَ خالدًا وأخفَى ذلك، وبعث البريدَ إلى نائبهِ على اليَمن، وهو يوسف بن عمر، فولَّاهُ إمْرَةَ العراق، وأمَرَهُ بالمَسيرِ إليها والقدومِ عليها في ثلاثينَ راكبًا، فقدموا الكوفة وقت السَّحَر، فدخلوها، فلما أذَّنَ المؤذَنُ أمَرَهُ يوسفُ بالإقامة، فقال: إلى أنْ يأتيَ الإمامُ - يعني خالدًا - فانتهرَهُ، وأمرَهُ بالإقامة، وتقدَّمَ يوسفُ فصلَّى وقرأ: ﴿إِذَا وَقَعَتِ الْوَاقِعَةُ﴾، و ﴿سَأَلَ سَائِلٌ﴾ ثم انصرف، فبعثَ إلى خالدٍ وطارقٍ وأصحابِهما فأُحضِروا، فأخذ منهم أموالًا كثيرة، صادَرَ خالدًا بمئة ألف ألف دِرْهَم. وكانتْ وِلايةُ خالدٍ على العراق في شوالَ سنةَ خمسين ومئة، وعزل عنها في جمادى الأولى من هذه السنة، أعني سنة عشرين ومئة، وفي هذا الشهر قَدِمَ يوسفُ بنُ عمر على ولاية العراق مكانَ خالد بن عبد اللّه القسري، واستنابَ على خُراسان جُدَيْع بن علي الكَرْماني، وعَزَل جعفرَ بن حَنْظلةَ الذي كان استنابَهُ أسَد، ثم إنَّ يوسف بن عمر عزل جُدَيعًا في هذه السنة عن خُراسان وولَّى عليها نَصْرَ بن سَيار، وذهب جميعُ ما كان اقتناهُ وحَصَّلَهُ خالدٌ من العَقَار والأملاك وَهْلَةً واحدة، وقد كان أشار عليه بعضُ أصحابِه لما بلغهم عَتْبُ هشامٍ عليه، أنْ يبعثَ إليه يعرِضُ عليه بعضَ أملاكِه، فما أحَبَّ منها أخَذَه، وما شاء تَرَك، وقالوا له: لأنْ يذهبَ البعضُ ويبقَى البعضُ خيرٌ من أنْ يذهبَ الجميعُ مع العَزْل والإخراق، فامتنع من ذلك واغترَّ بالدنيا، وعزَّت نفسُهُ عليه أنْ يَذِلّ، ففجأَهُ العَزْل، وذهب ما كان حَصَّلَهُ وجمعَه ومنعَه، واستقرَّتْ ولايةُ يوسفَ بنِ عمر على العِراقِ وخُراسان، واستقرَّتْ ولايَتُهُ لِنَصْرِ بن سَيَّار على خُراسان، فتمهَّدَتِ البلاد، وأمِنَ العباد ولله الحمد والمنة. وقد قال سوار بن الأشعر (١) في ذلك: أضْحَتْ خُراسانُ بعدَ الخَوْفِ آمنةً … من ظُلم كلِّ غَشُومِ الحُكْمِ جَبَّارِ
(١) في ق: "الأسْعري"، وفي (ب، ح) "الأشقر"، وما أثبتناه موافق لما في تاريخ الطبري وكامل ابن الأثير. وذكره ابن ماكولا في الإكمال ١/ ٨٩ فقال: "سوار بن الأشعر التميمي كان يلي شرطة سجستان فغلب عليها أيام الفتة" (بشار).

Entreprise

  • À propos
  • Tarifs
  • Pourquoi traduire ?

Support

  • Contactez-nous
  • Signaler un bug
  • Nous soutenir
  • Faire un don
  • Arène de combat IA

Suivez-nous

© 2026 Kutub. Tous droits réservés.
Conditions d'utilisationPolitique de confidentialitéCookies