Al-Bidayah wa an-NihayahIbn Kathir

Hisham le fit approcher de son assemblée et lui accorda cent trente mille (1). Ali ibn ‘Abd Allah, quant à lui, ne cessa alors de le recommander à ses deux fils, en lui disant qu’ils finiraient par accéder au pouvoir. Hisham s’étonnait de la pureté de son for intérieur et y voyait de la sottise. Pourtant, les choses se déroulèrent exactement comme Ali l’avait annoncé.

On raconte encore qu’Ali était d’une beauté saisissante et d’une grande taille, si bien qu’il paraissait, parmi les gens, comme un homme à cheval. Il arrivait à l’épaule de son père, ‘Abd Allah, lequel arrivait à l’épaule de son père, al-‘Abbâs, et celui-ci à l’épaule de son propre père, ‘Abd al-Muttalib. Avant la mort d’Ali, survenue quelques années avant l’année considérée, nombre de personnes avaient déjà prêté serment d’allégeance à son fils Muhammad pour la fonction califale. Cependant, cette aspiration ne se manifesta pleinement qu’après son décès. C’est ainsi que son fils, ‘Abd Allah Abû al-‘Abbâs as-Saffâh, reprit alors la direction des affaires. Son avènement se produisit en l’an 132, comme nous le verrons, si Dieu le veut.

Parmi ceux qui s’éteignirent cette année-là, on compte ‘Amr ibn Shu‘ayb, ‘Ubâda ibn Nusay, Abû Sakhra Jâmi‘ ibn Shaddâd et Abû ‘Ayyâsh al-Ma‘âfirî.

[Puis arriva l’année 119]

Au cours de celle-ci, al-Walîd ibn al-Qa‘qâ‘ al-‘Absî mena une expédition en terre byzantine. Cette même année, Asad ibn ‘Abd Allah al-Qasrî tua le grand roi des Turcs, Khâqân. L’origine de cet événement remonte à la période où Asad ibn ‘Abd Allah gouvernait le Khorasan au nom de son frère Khâlid ibn ‘Abd Allah, gouverneur de l’Irak. Il marcha alors avec ses troupes jusqu’à la cité de Khuttal (2), s’en empara et ses soldats s’éparpillèrent à travers le territoire, combattant, faisant des prisonniers et s’emparant de butin.

Les informateurs rapportèrent ensuite à Khâqân, roi des Turcs, que l’armée d’Asad s’était dispersée dans la contrée de Khuttal. Khâqân saisit cette occasion et sortit aussitôt avec ses troupes à la rencontre d’Asad, emportant d’abondantes provisions d’armes, de viande séchée et de sel, et s’acheminant à la tête d’une foule immense. Cependant, un renseignement fiable parvint à Asad, lui apprenant l’avancée de Khâqân et de ses innombrables soldats. Asad se prépara et prit ses dispositions, envoyant immédiatement vers les fractions éparses de son armée afin de les rassembler. Certains colportèrent alors la rumeur selon laquelle Khâqân aurait surpris Asad ibn ‘Abd Allah et l’aurait tué, lui et ses compagnons, espérant ainsi décourager ses partisans et les empêcher de se rallier à lui.

(1) Celui mentionné dans al-Kāmil : « trente mille dirhams ». (2) Khuṭtal - avec un Damma sur la première lettre, une shadda et un fatha sur la seconde - une vaste région comprenant de nombreuses villes, située aux confins du Sind, dont la capitale serait Halbak. Al-Iṣṭakhrī a dit : « La première région près du Gīḥūn, au-delà du fleuve, est al-Khuṭtal et al-Wukhsh, ce sont deux régions, mais elles sont réunies dans une même administration ». Voir Muʿjam al-Buldān (2/346).
هشامٌ وأَدْنَى مجلسَه، وأطْلَقَ له مئةً وثلاثين ألْفًا (١) ، وجعل عليُّ بنُ عبد الله يُوصيِه بابنَيْه خَيْرًا، ويقول: إنَّهما سيليانِ الأمر، فجعل هشامٌ يتعجَّبُ من سلامةِ باطنِه، وينسُبُه في ذلك إلى الحُمْق! فوَقَع الأمرُ كما قال. قالوا: وقد كان عليٌّ في غايةِ الجمال، وتمام القامة، كان بين الناس كأنَّه راكبٌ، وكان إلى مَنْكِبِ أبيه عبدِ الله، وكان عبدُ اللّه إلى مَنْكِبِ أبيه العباس، وكان العباسُ إلى مَنْكِبِ أبيه عبد المطلب، وقد بايع كثيرٌ من الناس لابنهِ محمدٍ بالخلافة قبلَ أن يموتَ عليٌّ هذا قبلَ هذه السنة بسنوات، ولكنْ لم يظهرْ أمرُهُ حتى مات، فقام بالأمرِ مِنْ بعدِه ولَدُه عبدُ الله أبو العباس السفَّاح، وكان ظهورُه في سنةِ اثنتين وثلاثين كما سيأتي إنْ شاء الله تعالى. وممن تُوفِّي في هذه السنة: عمرو بن شُعيب. وعُبَادَة بن نُسَيّ. وأبو صخرة جامعُ بن شدَّاد. وأبو عياش المعافري. [ثم دخلت سنة تسع عشرة ومئة] ففيها غزا الوليد بن القعقاع العَبْسي أرضَ الروم، وفيها قتل أسَدُ بن عبد الله القَسْريُّ مَلِكَ التُّرْكِ الأعظم خاقان، وكان سببَ ذلك أَنَّ أسَدَ بن عبد الله أميرَ خُراسان عَمِلَ نيابةً عن أخيه خالد بن عبد الله على العراق، ثم سار بجيوشهِ إلى مدينةِ خُتَّل (٢) فافتتحها وتفرَّقتْ في أرضها جنودُه يقتلون ويأْسِرون ويغنمون، فجاءتِ العيونُ إلى ملك الترك خاقان، أنَّ جيشَ أسد قد تفرَّقَ في بلاد خُتَّل، فاغتنم خاقانُ هذه الفرصة، فركب من فَوْرِهِ في جنودِهِ قاصدًا إلى أسد، وتزوَّدَ خاقانُ وأصحابُه سلاحًا كثيرًا وَقَدِيدًا ومِلْحًا، وساروا في خَلْقٍ عظيم. وجاءتِ العين الصافيةُ إلى أسد، فاعلمَتْهُ بقَصْدِ خاقانَ له في جيشٍ عظيمٍ كثيف، فتجهَّزَ لذلك، وأخذَ أُهْبَتَه، وأرسلَ من فَوْرِهِ إلى أطرافِ جيشهِ، فلَمَّها وأشاع بعضُ الناس أنَّ خاقانَ قد هَجَمَ على أسَدِ بن عبد الله فقتَلَهُ وأصحابَه، ليحصلَ بذلك خِذْلانٌ لأصحابِهِ فلا يجتمعونَ
(١) الذي في الكامل: "ثلاثون ألف درهم". (٢) خُتَّل - بضم أوله وتشديد ثانيه وفتحه - كورة واسعة كثيرة المدن، على تخوم السند يقال لقصبتها هلبك. قال الإصطخري: أول كورةٍ على جيحون من وراء النهر الختل والوخش، وهما كورتان، غير أنهما مجموعتان في عمل واحد، انظر معجم البلدان (٢/ ٣٤٦).

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