Hisham ibn ‘Abd al-Malik, commandeur des croyants, ainsi qu’il sera mentionné plus loin, si Dieu le veut.
[Puis vint l’année cent dix-sept (de l’hégire)]
Au cours de cette année, Mu‘âwiya, fils de Hisham, partit en campagne estivale (as-ṣā’ifa) sur le flanc gauche, et Sulaymân, fils de Hisham, sur le flanc droit ; tous deux étaient fils du commandeur des croyants Hisham. Cette même année, Marwân ibn Muḥammad – surnommé « Marwân al-Ḥimâr » (1) – qui était alors gouverneur d’Arménie, envoya deux expéditions : il s’empara de forteresses dans le pays des Lān, et nombre de leurs habitants se rendirent sous promesse de sécurité.
La même année, Hisham destitua ‘Āṣim ibn ‘Abd Allāh al-Hilālī de son gouvernement au Khorassan, et il l’adjoignit à Khālid ibn ‘Abd Allāh al-Qasrī, déjà titulaire de l’Irak (2), lui rendant ainsi ce pouvoir conformément à une habitude antérieure. Cette décision fut prise à la suite de la lettre adressée par ‘Āṣim ibn ‘Abd Allāh al-Hilālī, tout juste démis de ses fonctions, au commandeur des croyants Hisham. Dans cette lettre, il expliquait que la province du Khorassan ne pouvait être convenablement administrée sans l’Irak, espérant par là se la voir attribuer. Mais la situation se retourna contre lui : Hisham, acceptant son conseil, confia plutôt le Khorassan à Khālid al-Qasrī.
Cette même année, s’éteignit :
• Qatāda ibn Di‘āma as-Sudūsī (3), Abū l-Khaṭṭāb al-Baṣrī l’aveugle : l’un des savants parmi les Tâbi‘în et des imams qui mettaient leur enseignement en pratique.
= ʿAbd al-Malik, dit aussi ʿĪsā ibn Muqassim, esclave affranchi (mawlā) de al-Walīd par ordre de ce dernier, selon ce qui est rapporté dans al-Ṭabaqāt al-Kubrā (Al-Qism al-Mutammim, p. 164) d’après al-Wāqidī, Muḥammad ibn ʿUmar, qui a dit : « Muḥammad ibn ʿAbd Allāh m’a raconté, de al-Zuhrī, que Hishām avait nommé son fils Abū Shākir, dont le nom est Muslim ibn Hishām, responsable du pèlerinage en l’an 116, et avait ordonné à al-Zuhrī de l’accompagner à La Mecque. »
(1) Al-Ḏhahabī précise dans Siyar Aʿlām al-Nubalāʾ (6/74), à propos de ce surnom « al-Ḥimār » (l’âne) : « Marwān était un héros courageux, un redoutable stratège, sage et impérieux. Il accomplissait les expéditions nocturnes sans se fatiguer. Il déjoua les Khārijites dans la péninsule [arabique]. Il est dit aussi que les Arabes désignent généralement une période de cent ans par ‘‘âmar’’, c’est-à-dire ‘‘âne’’. Quand le règne de la dynastie des Umayyades approcha les cent ans, ils surnommèrent Marwān ‘‘l’âne’’ ; ce surnom est inspiré de la mort de l’âne de ʿAzīr (quiproquo pour la durée centenaire mentionnée), après cent ans, puis Dieu les ressuscita. »
(2) Dans le manuscrit (Q), à ce passage il y a un ajout et une altération, mais nous avons retenu ce qui est dans les manuscrits (B, Ḥ).
(3) Sa biographie se trouve dans : Ṭabaqāt Ibn Saʿd (7/229), Ṭabaqāt Khulafāʾ (213), Tārīkh Khulafāʾ (232, 348), al-Tārīkh al-Kabīr (7/185), al-Tārīkh al-Ṣaghīr (1/318), al-Maʿārif (462), al-Maʿrifa wa-al-Tārīkh (2/277), al-Jarḥ wa-al-Taʿdīl (7/133), Thiqāt Ibn Ḥibbān (5/321), Ḥilyat al-Awliyāʾ (2/333), Ṭabaqāt al-Fuqahāʾ (89), al-Ansāb (7/58), Ṣifat al-Ṣafwa (3/259), al-Mukhtār min Manāqib al-Akhyār d’Ibn al-ʿAtīr (4/224), Maʿjam al-Adabāʾ (17/9), Tahdhīb al-Asmāʾ wa-al-Lughāt (2/57), Wafayāt al-Aʿyān (4/85), Tahdhīb al-Kamāl (23/498), Siyar Aʿlām al-Nubalāʾ (5/269), Tadhkirat al-Ḥuffāẓ (1/122), Mīzān al-Iʿtidāl (3/385), al-ʿIbar (1/146), Mirʾāt al-Jinān (1/251), Ṭabaqāt al-Qurrāʾ (2/25), Taqrīb al-Tahdhīb (453), al-Nujūm al-Zāhira (1/276), al-Kawākib al-Durrīya (1/406 et 4/508), Shadharāt al-Dhahab (1/153).