Al-Bidayah wa an-NihayahIbn Kathir

Par les miracles qui ont attesté sa sincérité dans ce qu’il apportait de la part de Celui qui l’a envoyé, vous seriez en sûreté si vous composiez avec lui, car « s’il est menteur, son mensonge retombera sur lui », et cela ne vous portera pas préjudice. Mais « s’il est véridique » et que vous vous opposiez à lui, « une partie de ce dont il vous menace vous atteindra ». Autrement dit, vous redoutez qu’un moindre châtiment de ce qu’il vous promet ne vous frappe ; qu’en sera-t-il alors si l’ensemble de celui-ci s’abat sur vous ? Ce propos, à ce stade, représente l’un des sommets de la délicatesse, de la prudence et de la raison parfaite.

Quant à Sa parole : « Ô mon peuple ! Aujourd’hui vous détenez la royauté, dominants sur la terre », elle les met en garde qu’ils risquent d’être privés de ce royaume précieux. En effet, dès que des royaumes se dressent contre la religion, on leur retire leur souveraineté, et ils deviennent humiliés après avoir été honorés. Tel fut le sort de la famille de Pharaon : ils persistèrent dans le doute, le soupçon, l’opposition et l’hostilité à l’égard de ce que Moïse leur avait apporté, jusqu’à ce que Dieu les prive du royaume et des biens, des demeures et des palais, du confort et de la félicité dans lesquels ils vivaient. Ils furent ensuite jetés à la mer, avilis, et leurs âmes, après avoir connu la gloire et l’élévation, furent précipitées dans les abîmes du plus bas degré. C’est pourquoi ce croyant sincère, vertueux et droit, disciple de la vérité, conseiller loyal à son peuple, doué d’une raison accomplie, déclara : « Ô mon peuple ! Aujourd’hui vous détenez la royauté, dominants sur la terre », c’est-à-dire exerçant votre puissance sur les gens, les gouvernant. « Qui donc nous protègera contre le châtiment de Dieu, s’il nous atteint ? » Autrement dit, quand bien même seriez-vous plus nombreux qu’à présent, mieux pourvus de ressources, de force et de puissance, cela ne nous serait d’aucune utilité et ne pourrait contenir la rigueur du Maître de toute royauté.

« Pharaon dit » – en réponse à tout cela : « Je ne vous montre que ce que je vois, et je ne vous guide que vers la voie de la droiture. » Il mentit dans ces deux affirmations et dans ces deux prémisses. Au fond de lui, il savait pertinemment que ce que Moïse avait apporté provenait inéluctablement de Dieu, mais il afficha le contraire par orgueil, par injustice, par outrance et par mécréance. Dieu – qu’Il soit exalté – rapporte à propos de Moïse qu’il dit à Pharaon (2) : « Tu sais bien que nul autre que le Seigneur des cieux et de la terre n’a fait descendre ceux-ci (c’est-à-dire les signes) comme preuves évidentes. Et je crois vraiment que tu es perdu, ô Pharaon ! (102) Il voulut donc les chasser du pays, mais Nous l’avons noyé, lui et tous ceux qui étaient avec lui, dans leur totalité. (103) Et Nous dîmes, après lui, aux Enfants d’Israël : “Habitez la terre et, lorsque viendra la Promesse de l’Au-delà, Nous vous ramènerons en foule.” » [Al-Isrâ’ : 102-104]. Dieu – qu’Il soit exalté – a également dit : « Lorsque Nos signes leur vinrent, évidents, ils dirent : “C’est là une magie manifeste !” (13) Ils les nièrent alors qu’en eux-mêmes ils en étaient certains, par injustice et par arrogance. Regarde donc quelle fut la fin des corrupteurs ! » [An-Naml : 13-14].

Quant à la parole de Pharaon : « et je ne vous guide que vers la voie de la droiture », c’était encore un mensonge, car il ne suivait aucune bonne direction ; il était plongé dans l’insanité, l’égarement, l’aveuglement et l’illusion. Au départ, il faisait partie de ceux qui adoraient les idoles et les images. Puis, il appela son peuple ignorant et égaré à le suivre, à lui obéir et à l’approuver quand il affirma, dans sa mécréance absurde, être un seigneur. Exalté soit Dieu, le Détenteur de Majesté (4).

(1) Dans l'édition al-Muṣaddaq. (2) Dans l'édition B : « Il s'accomplit et se connaît en... » (3) Sa parole : « qu'il lui ait dit » est un ajout de B. (4) Dans l'édition B : « Maître, le Tout Majestueux. »
بالخوارق التي دلَّت على صدقه فيما جاء به عمَّن أرسله، فهذا إن وادعتموه كنتم في سلامةٍ لأنه ﴿وَإِنْ يَكُ كَاذِبًا فَعَلَيْهِ كَذِبُهُ﴾، ولا يضرّكم ذلك، ﴿وَإِنْ يَكُ صَادِقًا﴾ وقد تعرّضتم له ﴿يُصِبْكُمْ بَعْضُ الَّذِي يَعِدُكُمْ﴾ أي: وأنتم تشفقون أن ينالكم أيسر جزاءٍ مما يتوعدكم به، فكيف بكم إن حلَّ جميعه عليكم. وهذا الكلام في هذا المقام من أعلى مقامات التلطُّف، والاحتراز، والعقل التام. وقوله: ﴿يَاقَوْمِ لَكُمُ الْمُلْكُ الْيَوْمَ ظَاهِرِينَ فِي الْأَرْضِ﴾ يُحذِّرهم أن يُسلبوا هذا الملك العزيز فإنَّه ما تعرّض الدول للدِّين إلا سُلبوا مُلْكَهم وذلّوا بعد عزِّهم، وكذا وقع لآل فرعون؛ ما زالوا في شك، وريبٍ، ومخالفةٍ، ومعاندةٍ لما جاءهم موسى به حتى أخرجهم الله مما كانوا فيه من الملك والأملاك، والدُّور والقصور والنِّعمة والحبور، ثمّ حوِّلوا إلى البحر مهانين، ونُقِلَتْ أرواحهم بعد العلوّ والرِّفعة إلى أسفل السّافلين. ولهذا قال هذا الرجل المؤمن الصّادق (١) البارُّ الراشد، التابع للحقّ، الناصح لقومه، الكامل العقل: ﴿يَاقَوْمِ لَكُمُ الْمُلْكُ الْيَوْمَ ظَاهِرِينَ فِي الْأَرْضِ﴾ أي: عالين على الناس حاكمين عليهم ﴿فَمَنْ يَنْصُرُنَا مِنْ بَأْسِ اللَّهِ إِنْ جَاءَنَا﴾ أي: لو كنتم أضعاف ما أنتم فيه من العدد والعدّة، والقوَّة والشدّة لما نفعنا ذلك، ولا ردّعنا بأس مالك الملك. ﴿قَالَ فِرْعَوْنُ﴾ أي: في جواب هذا كلِّه: ﴿مَا أُرِيكُمْ إِلَّا مَا أَرَى﴾ أي: ما أقول لكم إلا ما عندي، ﴿وَمَا أَهْدِيكُمْ إِلَّا سَبِيلَ الرَّشَادِ﴾، وكذب في كل من هذين القولين، وهاتين المقدِّمتين، فإنّه قد كان يتحقَّق في (٢) باطنه وفي نفسه أنّ هذا الذي جاء به موسى من عند الله لا محالة، وإنّما كان يُظْهِرُ خلافه بغيًا وعدوانًا وعتوًّا وكفرانًا. قال الله تعالى إخبارًا عن موسى أنه قال له (٣) : ﴿لَقَدْ عَلِمْتَ مَا أَنْزَلَ هَؤُلَاءِ إِلَّا رَبُّ السَّمَاوَاتِ وَالْأَرْضِ بَصَائِرَ وَإِنِّي لَأَظُنُّكَ يَافِرْعَوْنُ مَثْبُورًا (١٠٢) فَأَرَادَ أَنْ يَسْتَفِزَّهُمْ مِنَ الْأَرْضِ فَأَغْرَقْنَاهُ وَمَنْ مَعَهُ جَمِيعًا (١٠٣) وَقُلْنَا مِنْ بَعْدِهِ لِبَنِي إِسْرَائِيلَ اسْكُنُوا الْأَرْضَ فَإِذَا جَاءَ وَعْدُ الْآخِرَةِ جِئْنَا بِكُمْ لَفِيفًا﴾ [الإسراء: ١٠٢ - ١٠٤] . وقال تعالى: ﴿فَلَمَّا جَاءَتْهُمْ آيَاتُنَا مُبْصِرَةً قَالُوا هَذَا سِحْرٌ مُبِينٌ (١٣) وَجَحَدُوا بِهَا وَاسْتَيْقَنَتْهَا أَنْفُسُهُمْ ظُلْمًا وَعُلُوًّا فَانْظُرْ كَيْفَ كَانَ عَاقِبَةُ الْمُفْسِدِينَ﴾ [النمل: ١٣ - ١٤] . وأما قوله: ﴿وَمَا أَهْدِيكُمْ إِلَّا سَبِيلَ الرَّشَادِ﴾، فقد كذب أيضًا، فإنّه لم يكن على رشادٍ من الأمر، بل كان على سَفَهٍ وضلالٍ وخَبَلٍ وخَيالٍ، فكان أولًا ممن يعبد الأصنام والأمثال، ثم دعا قومه الجَهَلَةَ الضُّلَّالَ إلى أن اتَّبعوه وطاوعوه وصدَّقوه فيما زعم من الكفر المحال في دعواه أنّه ربٌّ، تعالى الله ذو الجلال (٤) .
(١) في ط: المصدق. (٢) في ب: يتحقق ويعلم في. . (٣) قوله: أنه قال له. زيادة من ب. (٤) في ب: مولانا ذو الجلال.

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