Par les miracles qui ont attesté sa sincérité dans ce qu’il apportait de la part de Celui qui l’a envoyé, vous seriez en sûreté si vous composiez avec lui, car « s’il est menteur, son mensonge retombera sur lui », et cela ne vous portera pas préjudice. Mais « s’il est véridique » et que vous vous opposiez à lui, « une partie de ce dont il vous menace vous atteindra ». Autrement dit, vous redoutez qu’un moindre châtiment de ce qu’il vous promet ne vous frappe ; qu’en sera-t-il alors si l’ensemble de celui-ci s’abat sur vous ? Ce propos, à ce stade, représente l’un des sommets de la délicatesse, de la prudence et de la raison parfaite.
Quant à Sa parole : « Ô mon peuple ! Aujourd’hui vous détenez la royauté, dominants sur la terre », elle les met en garde qu’ils risquent d’être privés de ce royaume précieux. En effet, dès que des royaumes se dressent contre la religion, on leur retire leur souveraineté, et ils deviennent humiliés après avoir été honorés. Tel fut le sort de la famille de Pharaon : ils persistèrent dans le doute, le soupçon, l’opposition et l’hostilité à l’égard de ce que Moïse leur avait apporté, jusqu’à ce que Dieu les prive du royaume et des biens, des demeures et des palais, du confort et de la félicité dans lesquels ils vivaient. Ils furent ensuite jetés à la mer, avilis, et leurs âmes, après avoir connu la gloire et l’élévation, furent précipitées dans les abîmes du plus bas degré. C’est pourquoi ce croyant sincère, vertueux et droit, disciple de la vérité, conseiller loyal à son peuple, doué d’une raison accomplie, déclara : « Ô mon peuple ! Aujourd’hui vous détenez la royauté, dominants sur la terre », c’est-à-dire exerçant votre puissance sur les gens, les gouvernant. « Qui donc nous protègera contre le châtiment de Dieu, s’il nous atteint ? » Autrement dit, quand bien même seriez-vous plus nombreux qu’à présent, mieux pourvus de ressources, de force et de puissance, cela ne nous serait d’aucune utilité et ne pourrait contenir la rigueur du Maître de toute royauté.
« Pharaon dit » – en réponse à tout cela : « Je ne vous montre que ce que je vois, et je ne vous guide que vers la voie de la droiture. » Il mentit dans ces deux affirmations et dans ces deux prémisses. Au fond de lui, il savait pertinemment que ce que Moïse avait apporté provenait inéluctablement de Dieu, mais il afficha le contraire par orgueil, par injustice, par outrance et par mécréance. Dieu – qu’Il soit exalté – rapporte à propos de Moïse qu’il dit à Pharaon (2) : « Tu sais bien que nul autre que le Seigneur des cieux et de la terre n’a fait descendre ceux-ci (c’est-à-dire les signes) comme preuves évidentes. Et je crois vraiment que tu es perdu, ô Pharaon ! (102) Il voulut donc les chasser du pays, mais Nous l’avons noyé, lui et tous ceux qui étaient avec lui, dans leur totalité. (103) Et Nous dîmes, après lui, aux Enfants d’Israël : “Habitez la terre et, lorsque viendra la Promesse de l’Au-delà, Nous vous ramènerons en foule.” » [Al-Isrâ’ : 102-104]. Dieu – qu’Il soit exalté – a également dit : « Lorsque Nos signes leur vinrent, évidents, ils dirent : “C’est là une magie manifeste !” (13) Ils les nièrent alors qu’en eux-mêmes ils en étaient certains, par injustice et par arrogance. Regarde donc quelle fut la fin des corrupteurs ! » [An-Naml : 13-14].
Quant à la parole de Pharaon : « et je ne vous guide que vers la voie de la droiture », c’était encore un mensonge, car il ne suivait aucune bonne direction ; il était plongé dans l’insanité, l’égarement, l’aveuglement et l’illusion. Au départ, il faisait partie de ceux qui adoraient les idoles et les images. Puis, il appela son peuple ignorant et égaré à le suivre, à lui obéir et à l’approuver quand il affirma, dans sa mécréance absurde, être un seigneur. Exalté soit Dieu, le Détenteur de Majesté (4).