Parmi ceux qui décédèrent cette année-là parmi les notables figure ʿAtâʾ ibn Abî Rabâḥ (1) al-Fihrî, leur affranchi, Abû Muḥammad al-Makkî, considéré comme l’un des grands Successeurs, fiable et éminent. On rapporte qu’il aurait rencontré deux cents Compagnons. Ibn Saʿd (2) a dit : « J’ai entendu certains gens de savoir dire qu’ʿAtâʾ était noir, borgne, camus, paralysé d’un bras, boiteux, puis il devint aveugle par la suite. Il était reconnu pour sa fiabilité, sa science juridique, son érudition et il narrait de nombreux hadiths. »
Abû Jaʿfar al-Bâqir et d’autres ont déclaré : « Il ne restait plus personne de son époque qui fût plus connaisseur que lui en matière de rites du pèlerinage. » D’aucuns ont ajouté : « Il accomplit soixante-dix pèlerinages, vécut cent ans et, à la fin de sa vie, il rompait le jeûne pendant Ramadan à cause de la vieillesse et de la faiblesse. Il s’acquittait d’une compensation pour son jeûne non accompli et s’appuyait sur le verset : ﴾Et quant à ceux qui ne peuvent le supporter qu’avec grande difficulté, il leur incombe une rançon consistant à nourrir un pauvre﴿ [Al-Baqara : 184]. » Durant les jours de Minâ, le crieur de Banû Umayya proclamait : « Que personne ne rende de fatwa concernant le pèlerinage en dehors de ʿAtâʾ ibn Abî Rabâḥ. »
Abû Jaʿfar al-Bâqir dit encore : « Je n’ai vu personne parmi ceux que j’ai rencontrés dont la compréhension fût supérieure à la sienne ! » Al-Awzâʿî rapporta : « Lorsqu’il mourut, il était le plus agréé de tous, selon l’avis de ses contemporains. » Ibn Jurayj ajouta : « Une natte réservée à ʿAtâʾ resta dans la mosquée pendant vingt ans, et il était l’un de ceux qui accomplissaient la prière de la plus belle manière. » (3)
Quant à Qatâda, il déclara : « Saʿîd ibn al-Musayyib, al-Ḥasan, Ibrâhîm et ʿAtâʾ — ceux-là étaient les imams des grands centres urbains. » Et ʿAtâʾ lui-même a dit : « Parfois un homme me raconte un hadith et je l’écoute comme si je ne l’avais jamais entendu auparavant, alors même que je l’avais entendu avant sa naissance, pour lui laisser penser que je ne le découvre qu’à ce moment. » Dans une autre version, il affirma : « Je le connais mieux que lui, mais je lui montre que je ne l’ai jamais entendu. » (4)
La majorité des sources estime qu’il mourut cette année-là. Qu’Allah lui fasse miséricorde. Et Allah est plus savant. (5)