Par Dieu, je me suis tourné vers Lui et j’ai cherché refuge (1) auprès de Sa protection, afin que Pharaon ou quiconque d’autre ne puisse me nuire.
Et Sa parole : « De tout orgueilleux », c’est-à-dire : un tyran obstiné qui ne se retient pas, ne cesse pas et ne craint ni le châtiment ni la punition de Dieu (2), parce qu’il ne croit pas à un Retour ni à une rétribution. C’est pourquoi Il a dit : « De tout orgueilleux qui ne croit pas au Jour du Jugement (27) et un homme croyant de la famille de Pharaon, qui cachait sa foi, dit : “Allez-vous tuer un homme parce qu’il dit : ‘Mon Seigneur est Dieu’ ? Alors qu’il est venu à vous avec des preuves évidentes de la part de votre Seigneur ! S’il est menteur, son mensonge retombera sur lui, mais s’il est véridique, une partie de ce qu’il vous promet vous atteindra. Dieu ne guide pas celui qui est outrancier et menteur (28). Ô mon peuple, c’est à vous qu’appartient aujourd’hui la royauté, vous qui triomphez dans le pays. Mais qui nous protégera contre le châtiment de Dieu s’il nous parvient ?” Pharaon dit : “Je ne vous indique que ce que je vois moi-même et je ne vous guide qu’au chemin de la droiture.” » (Ghafir, 40 : 27-29).
Cet homme était le cousin de Pharaon et cachait sa foi à son peuple, redoutant qu’ils ne s’en prennent à lui. Certains ont prétendu qu’il était Israélite, mais cette hypothèse est lointaine et contredit aussi bien la formulation que le sens du passage, et Dieu sait mieux.
Ibn Jurayj a rapporté qu’Ibn ‘Abbâs a dit : « Aucun membre des Coptes n’a cru en Moïse à part cet homme, celui qui vint du bout de la ville et la femme de Pharaon. » C’est ce qu’a rapporté Ibn Abî Hâtim.
Ad-Dâraqutnî a déclaré : « On ne connaît personne nommé Shim‘ân (avec un shîn diacrité) hormis le croyant de la famille de Pharaon », c’est ce qu’a mentionné as-Suhaylî (3). Et d’après l’Histoire de Tabarî, il se serait appelé Khayr. Dieu sait mieux.
L’essentiel, c’est que cet homme cachait sa foi. Lorsque Pharaon – que Dieu le maudisse – résolut de tuer Moïse (sur lui la paix) et s’apprêtait à le faire, après en avoir consulté ses conseillers, ce croyant craignit pour la vie de Moïse. Il s’employa alors avec prudence à convaincre Pharaon de renoncer, en formulant des propos qui mêlaient incitation et dissuasion, sous forme de conseil et de délibération.
Il est établi dans un hadith du Messager de Dieu (paix et bénédiction de Dieu sur lui) qu’il a dit : « Le meilleur des jihad est une parole de justice devant un souverain injuste » (4). C’est l’un des plus hauts degrés dans ce domaine, et s’il existe un souverain plus injuste que Pharaon, on ne saurait le trouver. Or ces paroles sont parfaitement justes, car elles défendent un Prophète. Il se peut également qu’il leur ait révélé sa foi en toute franchise et leur ait clairement exposé ce qu’il cachait jusque-là. Mais la première interprétation paraît plus évidente. Dieu sait mieux.
Il a dit : « Allez-vous tuer un homme parce qu’il dit : ‘Mon Seigneur est Dieu’ ? » c’est-à-dire : allez-vous le tuer simplement pour cette parole ? Une telle personne ne mérite pas un tel traitement, mais plutôt d’être honorée et respectée, ou du moins épargnée et laissée en paix, puisqu’il est venu à vous avec des preuves évidentes de la part de votre Seigneur : « Et il est effectivement venu à vous avec de claires preuves de la part de votre Seigneur… »