Il s’agit d’Abd al-Wahhâb ibn Bukht Abû ‘Ubayda, que l’on appelle aussi Abû Bakr, affranchi de la famille de Marwân, originaire de La Mecque. Il s’installa d’abord en Syrie, puis se déplaça à Médine. Il transmit des hadiths d’Ibn ‘Umar, d’Anas, d’Abû Hurayra et d’un groupe de Tâbi‘în. De nombreuses personnes ont reçu ses transmissions, parmi lesquelles Ayyûb, Mâlik ibn Anas, Yahyâ ibn Sa‘îd al-Ansârî et ‘Ubayd Allâh al-‘Umarî.
Il est rapporté qu’il transmit, d’après Anas, ce hadith remontant au Prophète (marfû‘) : « Qu’Allah éclaire le visage de celui qui entend cette parole de ma part, la retient, puis la transmet à d’autres : il se peut qu’un porteur de savoir le remette à plus savant que lui. Il y a trois choses qui ne laissent place à aucune rancœur dans le cœur d’un croyant : la sincérité de l’action vouée à Allah, le conseil loyal envers ceux qui détiennent l’autorité et l’adhésion à la communauté des musulmans. En effet (1), leur invocation englobe ceux qui sont derrière eux (2). »
On rapporte également, selon Abû al-Zinâd, d’après al-A‘râj, d’après Abû Hurayra, que le Messager d’Allah (ﷺ) a dit : « Lorsque l’un de vous rencontre son frère, qu’il le salue. S’il se trouve qu’un arbre se dresse entre eux, puis qu’il le rencontre à nouveau, qu’il le salue encore (3). » De nombreux imams parmi les savants ont déclaré ‘Abd al-Wahhâb digne de confiance.
Mâlik a dit à son sujet : « Il accomplissait de nombreux pèlerinages, des ‘umra et des expéditions militaires, jusqu’à ce qu’il fût martyrisé. Il n’avait pas davantage de droit sur ce qui se trouvait dans ses bagages que ses compagnons. Il était généreux et noble. » Il fut martyrisé au pays des Byzantins avec l’émir Abû Muhammad ‘Abd Allâh al-Battâl et y fut enterré – qu’Allah lui fasse miséricorde. Son décès eut lieu cette année-là, d’après Khalîfa et d’autres. Cela arriva alors qu’il rencontra l’ennemi et que certains musulmans prirent la fuite : il se mit à les interpeller en lançant son cheval vers l’adversaire : « Venez donc au Paradis, malheur à vous ! Fuiriez-vous le Paradis ? Où donc allez-vous ? Malheur à vous ! Il n’y a pour vous ni séjour dans ce monde ni permanence ! » Puis il combattit jusqu’à être tué – qu’Allah lui fasse miséricorde.
Quant à Makhûl ash-Shâmî (4), il était un Tâbi‘î éminent, homme de grande valeur, l’imam des gens du Shâm à son époque. Il fut l’affranchi d’une femme de la tribu de Hudhayl, ou d’une femme de la famille de Sa‘îd ibn al-‘Âs. Certains ont dit qu’il était nubien ; d’autres qu’il faisait partie du butin de Kâbul ; d’autres encore qu’il appartenait aux « abnâ’ », la descendance des rois perses. Nous avons mentionné sa filiation dans notre ouvrage “at-Takmîl”.
Muhammad ibn Is hâq a dit : « Je l’ai entendu déclarer : “J’ai parcouru toute la terre en quête de savoir” (5). »