Al-Bidayah wa an-NihayahIbn Kathir

(1)
… jusqu’à atteindre Césarée dans le pays des Byzantins.

Cette année-là, Hisham ibn ‘Abd al-Malik destitua Ashras ibn ‘Abd Allah as-Sulami de l’émirat du Khorasan et nomma à sa place al-Junayd ibn ‘Abd al-Rahman al-Murri. Il confia également le gouvernement de l’Arménie à al-Jarrâh ibn ‘Abd Allah al-Hakamî. Cette même année, les Turcs se dirigèrent vers le pays d’Azerbaïdjan, où ils furent affrontés par al-Hârith ibn ‘Amr qui les mit en déroute.

Lorsque al-Junayd ibn ‘Abd al-Rahman arriva au Khorasan, il fut accueilli par des cavaleries turques fuyant l’armée musulmane. Il était alors à la tête de sept mille hommes, il disposa ses troupes en ordre de bataille et le combat fut acharné. Les Turcs, menés par leur roi Khâqân, crurent pouvoir venir à bout des musulmans à cause de leur infériorité numérique, et al-Junayd faillit périr. Mais Dieu lui donna la victoire : les Turcs essuyèrent une défaite sévère, et le neveu de leur roi fut capturé, puis envoyé au calife.

Cette année-là, le pèlerinage fut conduit par Ibrâhîm ibn Hishâm ibn Ismâ‘îl al-Makhzûmî, qui était gouverneur des Deux Lieux saints et de Tâ’if. Khâlid al-Qasrî demeurait gouverneur de l’Irak, et al-Junayd ibn ‘Abd al-Rahman al-Murri gouverneur du Khorasan. (2)

[Commencement de l’an 112 de l’Hégire]

Cette année, Mu‘âwiya ibn Hishâm mena la campagne d’été et s’empara de plusieurs forteresses aux environs de Malatiya. Les Turcs avancèrent depuis la région du Lân et furent affrontés par al-Jarrâh ibn ‘Abd Allah al-Hakamî, à la tête de troupes venues de Syrie et d’Azerbaïdjan. Le combat eut lieu avant que toutes ses forces ne l’aient rejoint, et al-Jarrâh (qu’Allâh lui fasse miséricorde) tomba en martyr avec plusieurs de ses compagnons dans la plaine d’Ardabîl. L’ennemi s’empara ensuite de la ville d’Ardabîl. Quand la nouvelle parvint à Hishâm ibn ‘Abd al-Malik, il envoya Sa‘îd ibn ‘Amr al-Harashî (3) à la tête d’une armée, lui ordonnant d’aller rapidement à la rencontre des Turcs.

Sa‘îd les rattrapa alors qu’ils conduisaient des captifs musulmans vers leur roi, Khâqân. Il délivra ces prisonniers, parmi lesquels se trouvaient des femmes musulmanes et également des gens de la dhimma, puis infligea aux Turcs un lourd massacre. Il fit de nombreux captifs et les exécuta, calmant ainsi les cœurs meurtris. Le calife, ne s’en tenant pas là, dépêcha son frère Maslama ibn ‘Abd al-Malik à la poursuite des Turcs. Celui-ci se mit en marche malgré le froid rigoureux et l’hiver sévère, parvint jusqu’à Bâb al-Abwâb et laissa un émir à sa place. Il continua avec son armée à traquer les Turcs et leur roi, Khâqân, et l’on racontera par la suite ses faits d’armes.

De son côté, l’émir du Khorasan partit également à la poursuite des Turcs avec une armée nombreuse. Il atteignit le fleuve Balkh, et envoya contre eux un premier détachement de dix-huit mille hommes, puis un second de dix mille sur chaque flanc. Les Turcs se mobilisèrent à leur tour et se présentèrent à Samarcande. Leur émir lui adressa alors un message pour signaler qu’il ne pouvait défendre… (4)

(1) Il est mentionné en marge du manuscrit (Q) ce qui suit : (c'est-à-dire la province d'Anatolie du côté des terres intérieures). (2) Voir l'Histoire de Ṭabarī, vol. 7, pp. 67-69. (3) Dans (H, Q) : « al-Jurashī » avec un jīm, ce qui est une erreur d'orthographe ; la forme correcte est celle attestée dans (B) ainsi que l'achèvement par Ibn Mākūlā (2/238). (4) Ainsi dans (Q) ; cette expression a été omise dans (B, H). Le sens de تَغَلَّثَ : il l'a mélangé avec du poison. Ce terme vient de الغَلْثَى, qui est restreint, suivant l'exemple de « as-Salwā » qui est une nourriture pour le vautour dans laquelle on met du poison ; il le mange, il en meurt, puis on récupère ses plumes pour en enduire les flèches. On dit aussi : al-ʿAlthā est le nom d'un arbre dont les fruits, donnés aux bêtes sauvages, les tuent. Voir al-Lisān (Lissan al-ʿArab), entrée « غلث ».
اليمنى (١) حتى بلغَ قيْسَارِيةَ من بلادِ الروم. وفيها عزلَ هشامُ بنُ عبد الملك أشرس بن عبد الله السُّلمي عن إمرةِ خُراسان، وولَّى عليها الجُنيد بن عبد الرحمن المُرِّي، وولَّى الجرَّاح بن عبد الله الحَكَمي أرْمِينيَّة. وفيها قصدتِ التُركُ بلاد أذْرَبيجان، فلَقِيَهُمُ الحارث بن عمرو فهزَمَهُم، ولما وصَلَ الجُنيد بن عبد الرحمن إلى خراسان تلقَّتْهُ خيولُ الأتراكِ منهزِمين من المسلمين، وهو في سبعةِ آلاف، فتصافُّوا واقتتلوا قتالًا شديدًا، وطمِعوا فيه وفيمن معه لقلَّتِهم بالنسبة إليهم، ومعهم مَلِكُهم خاقان، وكادَ الجنيدُ أن يَهْلك، ثم أظفَرَهُ الله بِهم فهزمهم هزيمةً مُنكرَة، وأسرَ ابن أخي ملكِهم، وبعث به إلى الخليفة. وحجَّ بالناسِ في هذه السنة إبراهيم بن هشام بن إسماعيل المخزومي، وهو أميرُ الحرمَيْن والطائف، وأمير العراق خالدٌ القَسْرِيّ، وأميرُ خراسان الجُنيد بن عبد الرحمن المُرِّيّ (٢) . [ثم دخلت سنة ثنتي عشرة ومئة] فيها غزا معاويةُ بن هشام الصائفة، فافتتح حصونًا من ناحيةِ مَلطية. وفيها سارَت التُّركُ من اللَّان فلقيهم الجرَّاح بن عبد الله الحَكَمِيّ فيمَنْ معهُ من أهلِ الشام، وأذْرَبِيجان، فاقتتلوا قبلَ أن يتكاملَ إليه جيشُه، فاستشهد الجرَّاح (رحمه الله) وجماعةٌ معه بِمرْجِ أرْدَبيل، وأخذَ العدوُّ أرْدَبِيل، فلما بلغ ذلك هشامَ بن عبد الملك بعث سعيدَ بن عمرو الحَرَشي (٣) بجيش، وأمرَهُ بالإسراع إليهم، فلحق التُّرك وهم يَسِيرون بأسارى المسلمين نحو ملكِهم خاقان، فاستنقذ منهم الأسارى ومَنْ كانَ معهم من نساءِ المسلمين، ومن أهلِ الذِّمَّة أيضًا، وقتلَ من التُّرك مقتلةً عظيمةً جدًّا، وأسرَ منهم خلقًا كثيرًا، فقتلَهم صَبْرًا، وشَفَى ما كان تغلث (٤) من القلوب، ولم يكتفِ الخليفة بذلك، حتى أرسل أخاه مسلمة بن عبد الملك في إثرِ التُّرك فسار إليهم في بردٍ شديد، وشتاءً عظيم، فوصل إلى باب الأبواب. واستخلف عنه أميرًا، وسار بمَنْ معَهُ في طلب الأتراك مَلِكِهم خاقان، وكان من أمْرِه معهم ما سنذكرُه، ونهض أمير خراسان في طلَبِ الأتراك أيضًا في جيشٍ كثيف، فوصلَ إلى نهر بَلْخ، ووجَّه إليهم سريَّةً ثمانيةَ عشرَ ألفًا، وأخرى عشرة آلاف يمنةً ويسرة، وجاشتِ التركُ وجيَّشَتْ، فأتَوا سَمَرْقَند، فكتب أميرُهم إليه يُعلمه بِهم، وأنَّه لا يقدِرُ على صَوْنِ
(١) جاء في هامش (ق) ما نصه: (أي بر الأناضول من جهة البلاد الداخلية). (٢) ينظر تاريخ الطبري ٧/ ٦٧ - ٦٩. (٣) في (ح، ق): (الجرشي) بالجيم، وهو تصحيف، والمثبت من (ب) والإكمال لابن ماكولا (٢/ ٢٣٨). (٤) كذا في (ق) وسقطت العبارة من (ب، ح). ومعنى تَغَلَّثَ: خالطه السّمّ، وهو من الغَلْثَى، مقصور، على مثال السلوى وهو طعام يُخلَط للنسر فيه سم فيأكله فيقتله فيؤخذ ريشه فتراش به السهام. وقيل: العَلْثَى اسم شجرة إذا أطعم ثمرها السباع قتلتها. اللسان (غلث).

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