«… Et qu’il te laisse, toi et ta divinité…» signifie : «et qu’il délaisse ton culte». Cela peut s’entendre de deux manières : la première est qu’il délaisse ta religion, sens que corrobore une autre lecture ; la seconde est qu’il cesse de t’adorer, car Pharaon se prétendait dieu – que la malédiction de Dieu soit sur lui.
«Il dit : “Nous allons tuer leurs fils et épargner leurs femmes…”», c’est-à-dire pour empêcher que leurs combattants ne se multiplient. «…Et nous sommes au-dessus d’eux, dominateurs», c’est-à-dire prévalant sur eux.
«Moïse dit à son peuple : “Cherchez secours auprès de Dieu et patientez, car la terre appartient à Dieu ; Il en fait hériter qui Il veut parmi Ses serviteurs. Et la fin (heureuse) revient aux pieux.”» C’est-à-dire : s’ils complotent contre vous pour vous nuire et vous attaquer, recourez à votre Seigneur et supportez l’épreuve qu’Il vous inflige. «Car la terre appartient à Dieu ; Il en fait hériter qui Il veut parmi Ses serviteurs. Et la fin (heureuse) revient aux pieux.» En d’autres termes, soyez vous-mêmes parmi les pieux pour bénéficier de la bonne issue, comme Il l’a déclaré dans un autre verset : «Moïse dit : “Ô mon peuple, si vous avez cru en Dieu, mettez votre confiance en Lui si vous êtes soumis.” (84) Ils répondirent : “C’est en Dieu que nous mettons notre confiance. Ô notre Seigneur, ne fais pas de nous une cible tentatrice pour les injustes (85), et sauve-nous par Ta miséricorde des gens mécréants.”» [Yûnus : 84-86].
Ils dirent également : «“Nous avons été persécutés avant que tu ne viennes à nous, et après que tu sois venu.”» Autrement dit, les fils étaient mis à mort avant ta venue et après que tu nous as rejoints. «[Moïse] dit : “Il se peut que votre Seigneur anéantisse votre ennemi et vous fasse succéder sur la terre, et Il verra alors comment vous agirez.”»
Dieu – Exalté soit-Il – déclare dans la sourate Ḥâ Mîm (Le Croyant) : «Nous avons effectivement envoyé Moïse avec Nos signes et une autorité évidente (23) à Pharaon, Hâmân et Qârûn, et ils dirent : “C’est un magicien menteur.”» [Ghâfir : 23-24]. Pharaon était le roi, Hâmân son vizir, et Qârûn, qui appartenait au peuple de Moïse, s’était rallié à la religion de Pharaon et de ses notables. Il possédait de très grandes richesses, comme nous le verrons plus loin, si Dieu le veut. «Puis, lorsqu’il vint à eux avec la vérité de Notre part, ils dirent : “Tuez les fils de ceux qui ont cru avec lui, et épargnez leurs femmes.” Mais la ruse des mécréants n’est vouée qu’à l’échec.» [Ghâfir : 25]. Après la mission de Moïse, ce meurtre des garçons servait à humilier et à dominer davantage les fils d’Israël, pour les priver de toute force susceptible de les protéger ou de les faire s’attaquer aux Coptes. C’était par crainte qu’éprouvaient les Égyptiens ; pourtant, cette manigance ne leur rapporta rien et ne put repousser l’arrêt divin : «Lorsque Dieu décrète une chose, Il dit seulement : “Sois”, et elle est.»
«Et Pharaon dit : “Laissez-moi tuer Moïse et qu’il invoque son Seigneur. Je crains qu’il ne change votre religion ou qu’il ne suscite la corruption sur terre.”» [Ghâfir : 26]. C’est pourquoi l’on rapporte, d’un ton moqueur, «voilà que Pharaon se fait prêcheur», car Pharaon prétendait craindre que Moïse n’égare les gens.
«Et Moïse dit : “Je me réfugie auprès de mon Seigneur et votre Seigneur contre tout orgueilleux qui ne croit pas au Jour de la Rétribution.”» [Ghâfir : 27]. Autrement dit, il s’en remet à Dieu contre eux.