«Et je vous ferai tous crucifier (49).» Ils dirent : «Pas de mal ! Nous retournons bel et bien à notre Seigneur (50). Nous espérons que notre Seigneur nous pardonnera nos fautes, car nous avons été les premiers à croire.» [les versets : 29 - 51].
L’idée est que Pharaon a menti et forgé des mensonges, et qu’il est parvenu à l’extrême de la mécréance dans cette parole : «En vérité, il est votre maître qui vous a enseigné la magie.» Il a proféré un faux témoignage dont les savants – et même le monde entier – savent qu’il s’agit d’une calomnie, lorsqu’il déclare : «Ceci est assurément une ruse que vous avez ourdie dans la ville afin d’en faire sortir ses habitants. Vous saurez bientôt.» De même lorsqu’il proclame : «Je vous couperai certes la main droite et le pied gauche» – c’est-à-dire en alternance – «et je vous crucifierai tous.» Il souhaitait ainsi en faire un exemple dissuasif pour empêcher quiconque, parmi ses sujets et sa communauté, de les imiter. C’est à ce propos qu’il dit : «Et je vous crucifierai sur les troncs des palmiers», c’est-à-dire, en hauteur et de façon bien visible, «et vous saurez qui de nous inflige le châtiment le plus sévère et le plus durable» – sous-entendu, dans la vie d’ici-bas.
Ils répondirent : «Nous ne te préférerons jamais à ce qui nous est parvenu comme preuves évidentes», autrement dit : nous ne t’obéirons pas et ne délaisserons pas ce qui s’est ancré dans nos cœurs de preuves claires et de signes irréfutables ; «et par Celui qui nous a créés», que certains considèrent comme une conjonction de coordination et d’autres comme un serment, «juge donc comme tu l’entends» : accomplis ce dont tu es capable, «car tu ne peux juger que dans cette vie d’ici-bas.» Seule ta sentence dans ce monde peut s’appliquer à nous ; une fois que nous l’aurons quitté pour l’Au-delà, nous relèverons du jugement de Celui à qui nous avons voué notre foi et obéi à Ses messagers. «Nous avons cru en notre Seigneur afin qu’Il nous pardonne nos fautes et la magie à laquelle tu nous as contraints. Dieu est meilleur et plus durable» : Sa rétribution est bien meilleure que les faveurs que tu nous proposes, et Son bienfait demeure bien plus longtemps que cette existence éphémère.
Dans l’autre verset, il est dit : «Ils dirent : “Pas de mal ! Nous retournons assurément à notre Seigneur (50). Nous espérons que notre Seigneur nous pardonnera nos fautes”», c’est-à-dire nos transgressions et nos atteintes aux interdits, «car nous avons été les premiers à croire» parmi les Coptes en Moïse et Aaron – sur eux la paix.
Ils lui dirent également : «Et qu’as-tu à nous reprocher, si ce n’est d’avoir cru aux signes de notre Seigneur dès qu’ils nous sont parvenus ?» Autrement dit, nous n’avons commis aucun crime si ce n’est d’avoir adhéré à la vérité apportée par notre Messager et suivi les signes de notre Seigneur. «“Seigneur, déverse sur nous la patience”», c’est-à-dire affermis-nous face à l’épreuve infligée par ce tyran obstiné, ce souverain impérieux, qui n’est autre qu’un démon rebelle, «et fais-nous mourir en étant soumis (à Dieu).»
Ils lui dirent (1) également, en le conseillant et en l’avertissant du supplice de son Seigneur, le Tout-Puissant : «En vérité, quiconque se présente à son Seigneur criminel, voilà pour lui l’Enfer. Il n’y meurt pas, ni n’y vit», c’est-à-dire : crains d’être de ceux-là, et pourtant il en fut. «Et celui qui vient à Lui en croyant et qui a accompli de bonnes œuvres, ceux-là auront les plus hauts degrés», à savoir des demeures élevées, «des jardins d’Éden sous lesquels coulent des ruisseaux, où ils demeureront à jamais. Voilà la récompense de celui qui se purifie», si bien que tu devrais t’efforcer de compter parmi eux. Mais les décrets irrévocables de Dieu l’en empêchèrent, et le jugement du Très-Haut voulut que Pharaon – qu’Il le maudisse – fût parmi les hôtes de la Géhenne, afin de subir immédiatement le châtiment douloureux : l’eau bouillante sera versée au-dessus de sa tête, et on lui dira