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(Voyez d’où lui vient son démon) : il l'effraya par l’angoisse de son temps, la multitude de ses pairs et la froideur de son pouvoir. Puis il dit : « Ô héritier, ne te laisse pas tromper comme ton compagnon Suwayḥib a été trompé ; hier encore, cette richesse est venue à toi, tu n’as pas eu à peiner pour elle ni à suer pour elle ; elle est venue de celui qui en avait une grande quantité, lui qui l’a amassée en pure vanité et en a privé celui qui en avait droit » (rapporté par Abū Nu‘aym dans Al-Ḥilya (2/145) d’une manière similaire). Ensuite al-Ḥasan dit : « Le Jour de la Résurrection est un jour de regrets. L’homme amasse des richesses, puis meurt et les laisse à autrui, tandis qu’Allah le récompense en bien et distribution charitable ; ainsi, sa richesse sera dans la balance d’un autre. » Al-Ḥasan illustrait cela par ce couplet le matin :
« Le monde ne demeure pas pour le vivant,
Et nul vivant ne dure dans ce monde. »
Et ce couplet le soir :
« Le jeune homme se réjouit des bonnes œuvres qu’il a accomplies,
Quand il reconnaît le mal qui est son tueur. »
(Al-Bayhaqī mentionne ces deux vers dans Shu‘ab al-Īmān (7/408).)
Al-Ḥasan naquit sous le califat de ‘Umar ibn al-Khaṭṭāb ; ce dernier l’introduisit auprès de lui, pria pour lui et lui fit le khanṭaqa (anus de lait). Il mourut à Bassorah en l’an cent dix. Et Allah est Le Plus Savant.
Muḥammad ibn Sīrīn (ses sources biographiques ont été précédemment données, p. 107, note 3) est Abū Bakr ibn Abī ‘Amr al-Anṣārī, esclave affranchi d’Anas ibn Mālik al-Naḍrī. Son père était captif à ‘Ayn al-Tamr ; Khalid ibn al-Walīd fit partie des captifs, Anas l’acheta puis le mit en contrat de manumission. Issus de cette lignée réputée : Muḥammad, Anas ibn Sīrīn, Ma‘bad, Yaḥyā, Ḥafṣa, Karīma – tous Tābi‘ūn, dignes de confiance, que Dieu leur fasse miséricorde.
Al-Bukhārī (voir supra p. 108, note 1) rapporte que Muḥammad naquit deux ans avant la fin du califat d‘Uthmān. Hishām ibn Ḥassān disait : « Il est le plus véridique des hommes que j’ai connus. » Tout ceci a été mentionné auparavant par l’auteur.
Quand on parlait en mal d’un homme devant Ibn Sīrīn, il le mentionnait en mieux selon ce qu’il connaissait.
Khalf ibn Hishām disait : « Muḥammad ibn Sīrīn avait reçu modération, sobriété et humilité. Quand les gens le voyaient, ils évoquaient Allah. Lorsque Anas ibn Mālik mourut, il recommanda que Muḥammad ibn Sīrīn lave son corps funéraire ; or, Muḥammad était en prison. Lorsqu’on lui en parla, il répondit : “Je suis en prison.” Ils dirent : “Nous avons demandé la permission à l’émir de te faire sortir.” Il dit : “L’émir ne m’a pas emprisonné, mais celui à qui revient ce droit ; et lorsque le propriétaire du droit l’a autorisé, alors il le lava.”
Yūnus disait : « Lorsque Muḥammad ibn Sīrīn faisait face à deux affaires, il choisissait toujours la plus rigoureuse concernant sa religion. Il disait : “Je connais la faute dont je suis responsable. Un jour, j’ai dit à un homme : Ô pauvre. Ceci fut rapporté à Abū Sulaymān al-Dārānī qui répondit : “Leurs fautes ont diminué, et ils savent d’où ils viennent.” Nous, à l’inverse, nos fautes sont nombreuses et nous ne savons ni d’où nous venons ni par quelle faute nous sommes pris.” (Voir Sīr‘ A‘lām al-Nubalā’ (4/616)).
Lorsqu’il était invité à un banquet, il entrait dans la maison et disait : “Apportez-moi à boire une gorgée de farine d’orge.” Il la buvait en disant : “Je déteste porter ma faim à leurs tables et à leur nourriture.”
Il entrait au souk à midi en glorifiant Allah, en Lui donnant gloire et en Le mentionnant, disant : “C’est l’heure d’insouciance des gens.” Il disait : “Si Allah veut du bien pour un serviteur, Il lui donne un avertisseur dans son cœur qui l’exhorte et l’interdit.”
Il disait : “Tu fais tort à ton frère en ne révélant de lui que ce que tu sais être mauvais, et en cachant le bien.”
Il considérait la solitude comme une adoration. Lorsqu’on parlait de la mort, chaque membre de son corps mourait à part lui. Dans une autre version, son teint changeait, son état devenait méconnaissable, comme s’il n’était plus lui-même.
Lorsqu’on lui demandait ce qu’il pensait des rêves, il disait à l’interrogateur : “Crains Allah en état d’éveil, et ne te laisse pas tromper par ce que tu vois en rêve.”
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= انظروا من أين أتاهُ شيطانُه، فخوَّفَهُ روعةَ زمانِه ومكاثرةَ أقرانِه، وجفوةَ سلطانِه. ثم قال: أيُّها الوارث، لا تُخدَعَنَّ كما خُدِعَ صُوَيْحبُكَ؛ بالأمس جاءك هذا المال، لم تتعبْ لك فيه يَمين، ولم يعرَقْ لكَ فيه جَبين، جاءك ممن كان له جَمُوعًا مَنُوعًا، من باطلٍ جمعَه، من حق مَنَعَه (أخرجه أبو نعيم في الحلية (٢/ ١٤٥) بنحوه.). ثم قال الحسن: إنَّ يومَ القيامةِ لذو حَسَرات؟ الرجل يجمَعُ المالَ ثم يموتُ ويدَعُهُ لغيرِه، فيرزقه الله فيه الصلاحَ والإنفاق في وجوهِ البِرّ، فيجدُ مالَه في ميزانِ غيرِه. وكان الحسن يتمثل بهذا البيت في أول النهار يقول:
وما الدنيا بباقيةٍ لحيِّ … ولا حيٌّ على الدنيا بباقِ
وبهذا البيت في آخر النهار:
يسرُّ الفتى ما كان قدَّم من تُقًى … إذا عرفَ الداءَ الذي هو قاتِلُهْ
(ذكر البيتين البيهقي في شعب الإيمان (٧/ ٤٠٨).)
ولد الحسن في خلافةِ عمرَ بنِ الخطاب وأتيَ به إليه، فدعا له وحنَّكه، ومات بالبصرة في سنة عشرٍ ومئة. والله
(سبحانه وتعالى)
أعلم.
محمد بن سيرين (تقدمت مصادر ترجمته في ص (١٠٧) حاشية (٣).) أبو بكر بن أبي عمرو الأنصاري: مولى أنس بن مالك النَّضْري. كان أبوه من سَبْي عينِ التَّمْر. أسرَهُ في جملةِ السَّبْي خالدُ بنُ الوليدُ، فاشتراه أنس، ثم كاتَبَه، وقد وُلد له من الأخيار جماعة: محمد هذا، وأنس بن سيرين، ومَعْبد، ويحيى، وحفصة، وكريمة، وكلُّهمْ تابعيُّونَ، ثقات أجلّاء، رحمهم الله تعالى.
قال البخاري (انظر ما سبق في ص (١٠٨) موضع الحاشية (١).): ولد محمد لسنتَيْنِ بقيتا من خلافة عثمان. وقال هشام بن حسان: هو أصدقُ مَنْ أدركتُ من البشر. وقد تقدم هذا كلُّه فيما ذكره المؤلف.
كان ابنُ سيرين إذا ذُكر عنده رجلٌ بسُوءٍ ذَكرَهُ بأحسنِ ما يَعلم.
وقال خلف بن هشام: كان محمد بنِ سيرين قد أُعْطيَ هَدْيًا وسَمْتًا وخُشوعًا. وكان الناس إذا رأوهُ ذَكَروا الله. ولما ماتَ أنسُ بن مالك أوصَى أنْ يغسله محمد بن سيرين؛ وكان محمد محبوسًا، فقالوا له في ذلك، فقال: أنا محبوس. فقالوا: قد أستأذنَّا الأميرَ في إخراجِك. قال: إنَّ الأمير لم يحبِسْني إنما حبسني مَنْ له الحق، فأذِنَ له صاحبُ الحقِّ، فغسَّله.
وقال يونس: ما عرضَ لمحمد بن سيرين أمرانِ إلَّا أخذ بأوثقِهما في دِينه، وقال: إني لأعلمُ الذنبَ الذي حُملتُ بسببه، إني قلتُ يومًا لرجلٍ يا مُفْلس. فذُكر هذا لأبي سليمان الداراني، فقال قلَّتْ ذنوبُهم فعرفوا من أين أُتوا. ومثلُنا قد كثرتْ ذنوبنا فلم نَدْرِ منِ أين نُؤْتى، ولا بأيِّ ذنبٍ نُؤخذ (انظر سير أعلام النبلاء (٤/ ٦١٦).).
وكان إذا دُعيَ إلى وَلِيمة يدخلُ منزلهُ فيقول: ائتوني بشربةِ سَوِيق. فيشربها ويقول: إنِّي أكرَهُ أن أحملَ جُوعي إلى موائدهم وطعامِهمِ.
وكان يدخلُ السوق نصفَ النهار، فيكبِّرُ الله ويسبِّحُه ويذكره ويقول: إنَّها ساعةُ غَفلةِ الناس. وقال: إذا أراد الله بعبدٍ خيرًا جعلَ له واعظًا من قلبه، يأمرُه وينهاه.
وقال: ظلمٌ لأخيك أن تذكرَ منه أسوأ ما تعلمُ منه، وتكتم خيرَه.
وقال: العُزْلة عبادة. وكان إذا ذكر الموتَ ماتَ منه كلُّ عضو على حِدَتِه. وفي رواية: كان يتغيَّرُ لَوْنه، ويُنكَرُ حالُه، حتى كأنه ليس بالذي كان.
وكان إذا سئل عن الرؤيا قال للسائل: اتَّقِ اللهَ في اليقظة، ولا يغرَّكَ ما رأيتَ في المنام. =