Yahyā, Ḥafṣa et Karīma étaient tous des Tabi‘īn, des successeurs dignes de confiance et illustres.
Al-Bukhārī (1) dit : « Muḥammad est né alors qu’il restait deux années du califat de ‘Uthmān. » Hishām ibn Ḥassān déclara : « Il est l’être humain le plus véridique que j’aie rencontré. » Muḥammad ibn Sa‘d (2) précisa : « Il était fiable, sûr, d’un grand savoir, juriste éminent, imam, abondamment instruit et d’une grande piété ; il souffrait aussi de surdité. » Mua’rrik al-‘Ajlī dit : « Je n’ai jamais vu un homme plus avisé dans sa piété et plus pieux dans son savoir juridique que lui. »
Ibn ʿAwn raconta : « Muḥammad ibn Sīrīn était l’individu qui nourrissait le plus d’espérance pour cette communauté, tout en se dépréciant beaucoup lui-même et en éprouvant la plus grande crainte pour son propre sort (3). » Il ajouta : « Personne au monde n’a pleuré autant que trois hommes : Muḥammad ibn Sīrīn en Irak, al-Qāsim ibn Muḥammad au Ḥijāz, et Rajā’ ibn Ḥaywa en Syrie ; ils rapportaient le ḥadīth dans le moindre détail. » Al-Shaʿbī disait : « Concentrez-vous sur cet homme sourd » – c’est-à-dire Muḥammad ibn Sīrīn.
Ibn Shawdhab affirma : « Je n’ai jamais vu quelqu’un d’aussi audacieux que lui dans l’interprétation des rêves. » ʿUthmān al-Battī témoigna : « Il n’y avait personne à Baṣra qui fût plus compétent que lui en matière de jugements. »
On rapporte qu’il décéda le neuvième jour de Shawwāl de cette même année, cent jours après al-Ḥasan (4).
(1) Dans le Tārīkh al-Kabīr (1/91).
(2) Dans les Ṭabaqāt (7/193).
(3) Mentionné par al-Dhahabī dans Siyar aʿlām al-nubalāʾ (4/615).
(4) Ici commence une adjonction issue de la lettre (Q) que nous avons insérée dans le texte principal, et que nous attestons ici en note de bas de page, à savoir :
[Il aurait été plus approprié pour l’auteur de mentionner les notices biographiques de ces savants vertueux avant celles des poètes précédemment cités, en commençant par eux pour ensuite aborder les notices des poètes. De plus, il a longuement développé les notices des poètes, tandis qu’il a abrégé celles des savants ; or, ces dernières contiennent de belles paroles et sagesses dont il serait profitable pour ceux qui les consultent de prendre connaissance. Celles-ci sont peut-être plus utiles que leur éloge et louanges, notamment les propos d’al-Ḥasan, d’Ibn Sīrīn et de Wahb ibn Munabbih, comme mentionné plus loin, et comme sera rappelée leur biographie dans cette adjonction ; car il les a grandement abrégées alors que l’auteur est plus compétent et savant. Il n’est donc pas convenable de négliger une partie de leurs paroles et sagesse, car les âmes aspirent à en avoir connaissance et à en méditer. Les paroles des prédécesseurs occupent une place dans les cœurs. L’auteur — le plus souvent dans les notices biographiques — renvoie à ce qu’il a mentionné dans « at-Takmīl » qu’il a composé sur les noms des hommes. Or, nous n’avons pas eu accès à ce livre, ni les savants que nous avons interrogés. Nous avons demandé à plusieurs spécialistes du domaine, mais seul un d’entre eux a affirmé l’avoir consulté, alors que les autres non (ainsi a-t-il dit). Abu al-Mahāsīn Muḥammad ibn ʿAlī ibn al-Ḥasan ibn Ḥamza al-Ḥusaynī al-Dimashqī a mentionné dans le fin du Tadhkirat al-Ḥuffāẓ, p. 58, dans la notice d’Ibn Kathīr : « Parmi ses œuvres figure Kitāb at-Takmīl fī maʿrifat ath-thiqāt waḍ-ḍuʿafāʾ wa al-majhūlīn », qui rassemble Kitāb at-Tahdhīb et al-Mīzān, en cinq volumes. Il est également évoqué par Abū Ṭayyib Muḥammad ibn Aḥmad al-Fāsī al-Makkī à la fin de at-Taqyīd (1/472) dans la notice d’Ibn ...