Anas raconta un jour : « Je ressens de l’admiration (ghibṭa) pour les habitants de Bassora à cause de ces deux cheikhs : al-Ḥasan et Ibn Sīrīn. »
Qatāda dit : « Je n’ai jamais côtoyé un juriste (faqīh) sans constater l’avantage (faḍl) d’al-Ḥasan sur lui. » Il déclara également : « Mes yeux n’ont jamais vu quelqu’un de plus compétent (afqaḥ) qu’al-Ḥasan. »
Ayyūb mentionna : « Un homme pouvait rester trois pèlerinages (ḥijaj) en compagnie d’al-Ḥasan sans jamais oser lui poser de question, tant il l’impressionnait. »
Al-Shaʿbī dit à une personne qui se rendait à Bassora : « Si tu vois un homme le plus beau (ajmal) des gens de Bassora et le plus imposant (ahyaḇ) d’entre eux, sache que c’est al-Ḥasan. Transmets-lui mon salut. »
Yūnus ibn ʿUbayd déclara : « Lorsqu’un homme posait les yeux sur al-Ḥasan, il en retirait déjà un profit, même sans être témoin de ses actes ni entendre ses propos. »
Al-Aʿmach affirma : « Al-Ḥasan ne cessait d’emmagasiner la sagesse et la répétait à haute voix. »
Chaque fois qu’Abū Jaʿfar parlait de lui, il disait : « C’est celui dont la parole ressemble à celle des prophètes. »
Muḥammad ibn Saʿd (1) rapporta : « Ils disaient : Al-Ḥasan réunissait la science et la mise en pratique. Il était un savant éminent, un juriste fiable, sûr et digne de confiance, un grand adorateur (ʿābid), un ascète (zāhid), un dévot (nāsik) doté d’un savoir et d’une pratique abondants, à la parole éloquente, de belle apparence et d’une grande prestance. Il se rendit à La Mecque (2), où on l’installa sur un siège élevé et où les savants s’assirent autour de lui. Les gens s’assemblèrent pour l’écouter, tandis que Mujāhid, ʿAṭāʾ, Ṭāwūs et ʿAmr ibn Shuʿayb figuraient parmi l’assistance. Ils dirent : “Nous n’avons jamais vu quelqu’un de semblable.” »
Les historiens rapportent : « Al-Ḥasan mourut à l’âge de quatre-vingt-huit ans, l’an cent dix de l’hégire, au début du mois de Rajab de cette même année, soit à cent jours d’intervalle avec Muḥammad ibn Sīrīn. »
Quant à Ibn Sīrīn (3), il s’agit de Muḥammad ibn Sīrīn, Abū Bakr ibn Abī ʿAmr al-Anṣārī, affranchi d’Anas ibn Mālik al-Naḍrī. Le père de Muḥammad fut parmi les captifs de ʿAyn al-Tamr, pris par Khālid ibn al-Walīd avec un ensemble de prisonniers ; Anas l’acheta ensuite et lui accorda un contrat d’affranchissement (mukātaba). Il eut alors plusieurs enfants pieux, dont Muḥammad, Anas ibn Sīrīn et Maʿbad.