Lorsque viendra pour moi, au Jour de la Résurrection, un meneur brutal, un conducteur qui poussera al-Farazdaq, alors celui qui, parmi les fils de Dârim, aura marché vers le Feu, la chaîne au cou et le visage bleu, aura certes échoué. Il sera conduit vers le brasier de l’Enfer, vêtu d’un habit de goudron, en loques. Et quand ils y boiront le pus, tu les verras se dissoudre sous l’effet de son ardeur, se déchirant (1).
Puis al-Hasan dit : il se mit à pleurer jusqu’à tremper la terre. Ensuite, il serra al-Farazdaq contre lui en déclarant : « Tu étais jadis parmi ceux que je détestais le plus, et te voilà aujourd’hui l’une des personnes que j’aime le plus (2). »
Des gens lui dirent alors : « Ne crains-tu pas Dieu pour calomnier des femmes chastes ? » Il répondit : « Par Dieu, Dieu m’est plus cher que mes deux yeux avec lesquels je vois, alors comment pourrait-Il me châtier ? »
Nous avons déjà mentionné qu’il mourut l’année cent dix (de l’Hégire) et qu’il décéda quarante jours avant Jarîr. Certains disent qu’il mourut quelques mois auparavant. Dieu seul le sait.
Quant à al-Hasan et Ibn Sîrîn, nous avons exposé la biographie de chacun d’eux de façon détaillée dans notre livre “At-Takmîl”. Dieu nous suffit, Il est le Meilleur des garants.
Pour ce qui est d’al-Hasan ibn Abî al-Hasan (3) : le nom de son père est Yassâr. Il est Abû Sa‘îd al-Basrî, affranchi de Zayd ibn Thâbit, ou, selon certains, de Jâbir ibn ‘Abd Allâh, et d’autres versions encore sont rapportées. Sa mère, Khayra, était l’affranchie d’Umm Salama, qu’elle servait. Il lui arrivait de l’envoyer pour quelque course durant laquelle elle s’absentait alors que al-Hasan était encore nourrisson. Umm Salama le distrayait en lui offrant ses deux seins, qui se mettaient à produire du lait, et il en allaitait. On considérait que la sagesse et la science dont al-Hasan fut gratifié provenaient de la bénédiction de cette tétée du sein associé au Messager de Dieu (que la prière et la paix de Dieu soient sur lui).
Tandis qu’il était encore jeune, sa mère le présentait aux Compagnons afin qu’ils invoquent des prières pour lui. Parmi eux, ‘Umar ibn al-Khattâb (qu’Allah l’agrée) faisait cette invocation : « Ô Dieu, accorde-lui la compréhension en religion et suscite l’affection des gens à son égard. » Un jour, on interrogea Anas ibn Mâlik au sujet d’un point précis ; il répondit : « Demandez plutôt à notre maître al-Hasan, car il a entendu ce que nous avons entendu, mais lui a retenu tandis que nous avons oublié. »