Ach‘ath ibn ‘Abd al-Malik (1) rapporta au sujet d’al-Farazdaq : « Il dit : Abou Hurayra observa mes pieds et déclara : “Ô Farazdaq, je vois que tes deux pieds sont petits. Recherche donc pour eux une place au Paradis.” Je répondis : “Mes péchés sont nombreux.” Il répliqua : “Pas de problème (2), car j’ai entendu le Messager d’Allah (ﷺ) dire : ‘À l’ouest, il y a une porte ouverte pour le repentir qui ne se fermera pas avant que le soleil ne se lève à l’ouest.’” (3)
Muʿâwiya ibn ʿAbd al-Karîm a rapporté de son père : « Je suis entré auprès d’al-Farazdaq. Il bougea, et je vis un carcan à sa jambe. Je lui demandai : “Qu’est-ce que cela ?” Il me répondit : “J’ai juré de ne pas l’ôter tant que je n’aurais pas mémorisé le Coran.” »
Abou ʿAmr ibn al-ʿAlâ dit : « Je n’ai jamais vu un bédouin résidant en ville sans que sa langue ne se corrompe, à l’exception de Ruʾba ibn al-ʿAjjâj et d’al-Farazdaq, car malgré leur long séjour, ils gagnèrent en fraîcheur et en vivacité. »
Son rapporteur, Abou Sahl, raconta : « Al-Farazdaq répudia son épouse, al-Nawâr, par trois divorces, puis il alla en témoigner auprès d’Al-Hasan al-Basrî. Ensuite, il regretta son acte ainsi que le fait d’avoir fait attester Al-Hasan. Il composa alors :
“J’ai connu le même regret qu’al-Kusaʿî quand Nawâr
Fut de moi répudiée et mise à l’écart.
Elle était mon paradis, mais je l’ai quittée,
Comme Adam dut quitter son Eden sous l’adversité.
Si seulement j’avais su retenir ma main et mon cœur,
J’aurais eu, face au destin, la meilleure faveur.” (4)
Al-Aṣmaʿî et d’autres rapportent : « À la mort d’al-Nawâr bint Aʿyun ibn Ḍubayʿa al-Mujâshiʿî, l’épouse d’al-Farazdaq, celle-ci avait demandé dans son testament qu’Al-Hasan al-Basrî dirige sa prière funéraire. Les notables de Baṣra participèrent à ses funérailles en compagnie d’Al-Hasan, qui montait une mule, et d’al-Farazdaq, sur son chameau. En chemin, Al-Hasan demanda à al-Farazdaq : “Que disent les gens ?” Il répondit : “Ils disent : ‘Aujourd’hui, le meilleur des hommes — c’est-à-dire toi — et le pire des hommes — c’est-à-dire moi — participent à cette procession funéraire.’” Al-Hasan répliqua : “Ô Abou Firâs, je ne suis pas le meilleur des hommes, et tu n’es pas le pire des hommes.” Puis il lui demanda : “Qu’as-tu préparé pour ce jour ?” Al-Farazdaq répondit : “J’atteste qu’il n’est de dieu que Dieu depuis quatre-vingts ans.” Quand Al-Hasan eut prié sur elle, ils se dirigèrent vers sa tombe, et al-Farazdaq déclama :
“Je redoute au-delà du cercueil, si je ne suis gracié,
Un brasier plus ardent et plus étroit encore que la tombe.” »