En l’an cent dix, selon les dires de Khalifa ibn Khayyat (1) et d’autres, Khalifa (1) déclara : « Al-Farazdaq mourut, et Jarir mourut quelques mois après lui. » As-Suli a pour sa part indiqué : « Ils sont morts tous deux en l’an cent onze, et Al-Farazdaq est décédé quarante jours avant Jarir (2). »
Al-Karimi a rapporté, d’après Al-Asmaʿi, d’après son père, qu’un homme vit Jarir en rêve après sa mort. Il lui demanda : « Qu’a fait Dieu de toi ? » Jarir répondit : « Il m’a pardonné. » On lui demanda : « Pour quelle raison ? » Jarir répondit : « Pour une grande takbîra que j’ai prononcée au désert. » On lui demanda alors : « Qu’en est-il d’Al-Farazdaq ? » Il répondit : « Hélas ! Il a péri à cause de sa calomnie envers des femmes vertueuses. » Al-Asmaʿi commenta : « Il ne l’a épargné ni de son vivant ni après sa mort. »
Quant à Al-Farazdaq (3), il se nommait Hammam ibn Ghalib ibn Saʿsaʿa ibn Najiyya ibn ʿIqal ibn Muhammad ibn Soufyan ibn Moujâchiʿ ibn Dârim ibn Mâlik ibn Hanzala ibn Zayd ibn Manât ibn Tamîm ibn Mourr ibn Oudd ibn Tâbikha. Son surnom était Abou Frâs ibn Abî Khatl (4) at-Taymî le Basrien, plus connu sous le nom d’Al-Farazdaq. Son grand-père, Saʿsaʿa ibn Najiyya, était un Compagnon qui vint auprès du Messager de Dieu (que la paix et la bénédiction de Dieu soient sur lui) et qui sauvait de la mort les filles enterrées vivantes à l’époque préislamique.
Al-Farazdaq rapporta qu’il s’était rendu, enfant, en compagnie de son père, auprès de ʿAli (5). Ce dernier demanda : « Qui est-ce ? » Le père répondit : « C’est mon fils, il est poète. » ʿAli dit : « Apprends-lui la lecture (du Coran), car c’est mieux pour lui que la poésie (6). » Il entendit également Al-Husayn ibn ʿAli — qu’il rencontra alors que celui-ci se rendait en Irak —, ainsi qu’Abou Hourayra, Abou Saʿîd al-Khoudrî, ʿArfaja ibn Asʿad, Zourâra ibn Karib et le poète At-Tirmmâh ibn ʿAdî.
Parmi ceux qui ont transmis de lui, on compte Khâlid al-Hadhdhâ’, Marwân al-Asfar (7), Hajjâj ibn Hajjâj al-Ahwal et d’autres. Il se rendit auprès de Muʿâwiya pour réclamer l’héritage de son oncle Al-Houtat (8), ainsi qu’auprès d’Al-Walîd ibn ʿAbd al-Malik. On dit aussi qu’il se présenta devant Hishâm ibn ʿAbd al-Malik, mais ce fait n’est pas établi avec certitude.