Al-Bidayah wa an-NihayahIbn Kathir

Voici la traduction en français :

« En vérité, l’autorité ne réside pas en ton père, ni… dans le groupe dont tu fais partie ; car ils sont vils. »

Jarir se leva alors, furieux, et déclama :
« Vous m’abreuvez d’injures alors que je dis la vérité pour commencer,
devant le calife, et les propos se multiplient.
Allons, vous m’insultez de façon insensée, moi qui suis meilleur que vous en noblesse ;
par Dieu, vous proférez mensonge et égarement.
Vous l’avez injurié parce que je m’élève et que vous déclinez ;
puissiez-vous rester dans la bassesse, ô vils individus. » (1)

Puis Jarir s’élança, embrassa la tête du bédouin et dit : « Ô Commandeur des Croyants, ma gratification lui revient », et celle-ci était de quinze mille [dirhams]. Alors ‘Abd al-Malik répondit : « Et il recevra la même somme de ma bourse. » Le bédouin empocha donc la totalité et se retira. (2)

Ya‘qûb ibn al-Sikkît raconta que Jarir se présenta devant ‘Abd al-Malik avec la délégation des gens d’Irak dépêchée par al-Hajjaj, et il lui récita son poème élogieux où il dit :
« N’êtes-vous pas les meilleurs de ceux qui chevauchent les montures,
et les plus généreux, vous qui rassasiez de la paume de vos mains ? » (3)

Le calife lui octroya alors cent chamelles, ainsi que huit gardiens : quatre originaires de Nubie et quatre autres prisonniers, amenés depuis les contrées du Sughd. Jarir raconta : « Devant le Commandeur des Croyants ‘Abd al-Malik se trouvaient des coupes (4) en argent qui lui avaient été offertes, et il n’y prêtait aucune attention ; il les faisait résonner d’un bâton qu’il tenait en main. Je lui dis : “Ô Commandeur des Croyants, [accorde-moi] un bol à moudre (ou un récipient à traire) !” Sur ce, il me lança l’une de ces coupes. Plus tard, lorsque je revins auprès d’al-Hajjaj, il fut ravi de l’honneur que le Commandeur des Croyants m’avait fait et m’octroya cinquante chamelles chargées de provisions pour ma famille. »

Niftawayh rapporta que Jarir se rendit un jour auprès de Bishr ibn Marwân, chez qui se trouvait l’Akhṭal. Bishr dit alors à Jarir : « Sais-tu qui est cet homme ? » Il répondit : « Non. Qui est-ce, ô émir ? » Bishr rétorqua : « C’est l’Akhṭal. » Et l’Akhṭal de dire : « C’est moi qui ai insulté ton honneur, t’ai empêché de dormir et offensé les tiens. » Jarir répondit : « Quant à tes insultes à mon honneur, cela n’a guère affecté l’océan qu’un noyé insulte dans ses flots. Quant à m’avoir empêché de dormir, si tu m’avais laissé reposer, ç’aurait été préférable pour toi. Et s’agissant de ta prétention à avoir offensé les miens, comment donc pourrais-tu nuire à un peuple qui te perçoit la jizya ? » (Car l’Akhṭal appartenait aux chrétiens arabes convertis — que Dieu le réprouve et l’éloigne.)

[C’est lui (l’Akhṭal) qui récita devant Bishr ibn Marwân le poème dont il dit :]

(1) Les vers se trouvent dans le Dīwān de Jarīr, p. 391. (2) Le rapport a été rapporté par Ibn Taghrī Birdī dans al-Nujūm al-Zāhira (1/269-270). Abū al-Faraj al-Aṣbahānī l’a également rapporté dans al-Aghānī (8/44-46) de manière plus détaillée, mais sans mentionner al-Farazdaq ni al-Akhtal dans ce contexte. (3) Le vers appartient à un poème célèbre dans le Dīwān de Jarīr, p. 76. (4) Dans le manuscrit (Q), on lit « jāmanī » avec un nūn, il s’agit d’une erreur de copie ; la forme correcte est celle attestée dans (H).
إنَّ الحكومةَ ليستْ في أبيكَ ولا … في معشرٍ أنتَ منهمْ إنهمْ سفَلُ فقام جرير مغضبًا وقال: شتمتما قائلًا بالحقِّ مبتدئًا … عند الخليفةِ والأقوالُ تنتضلُ أتشتمانِ سَفاهًا خَيْرَكمْ حسبًا … ففيكما - وإلَهي - الزُّورُ والخطَلُ شتمتماهُ على رَفْعي ووضْعِكما … لا زِلْتما في سفَالٍ أيُّها السَّفَلُ (١) ثم وَثَبَ جريرٌ فقبَّلَ رأسَ الأعرابي وقال: يا أمير المؤمنين جائزتي له؛ وكانت خمسة عشر ألفًا. فقال عبد الملك: وله مثلُها من مالي، فقبض الأعرابي ذلك كلَّه وخَرَج (٢) . وحكى يعقوبُ بن السِّكِّيت، أنَّ جريرًا دخل على عبد الملك مع وَفدِ أهلِ العراق من جهة الحجاج فأنشده مديحَهُ الذي يقولُ فيه: ألستمْ خيرَ من رَكبَ المطايا … وأندى العالمين بطونَ راحِ (٣) فأطلَق له مئة ناقة وثمانيةً من الرِّعاء، أربعة من النوبة، وأربعة من السبي الذين قدم بهم من الصُّغْد. قال جرير: وبين يدي أمير المؤمنين عبد الملك جاماتٌ (٤) من فضَّة قد أُهديَتْ له، وهو لا يعبأ بها شيئًا، فهو يقرَعُها بقضيبٍ في يده، فقلت: يا أمير المؤمنين المحلب، فألقى إليَّ واحدًا من تلك الجامات، ولما رجع إلى الحجَّاج أعجبَهُ إكرامُ أميرِ المؤمنين له، فأطلق الحجَّاج له خمسين ناقةً تحملُ طعامًا لأهله. وحكى نِفْطوَيْه أنَّ جريرًا دخل يومًا على بشر بن مروان وعنده الأخطل، فقال بشر لجرير: أتعرفُ هذا؟ قال: لا، ومنْ هذا أيها الأمير؟ فقال: هذا الأخطل. فقال الأخطل: أنا الذي شتمتُ عِرْضَك وأسهرت ليلك، وآذيت قومك. فقال جرير: أما قولك شتمت عرضك؛ فما ضرَّ البحرَ أنْ يشتمَهُ منْ غَرِق فيه، وأما قولك وأسهرتُ ليلك، فلو تركتني أنامُ لكانَ خيرًا لك، وأما قولك وآذيتُ قومك، فكيف تؤذي قومًا أنت تؤدِّي الجِزْية إليهم؟ وكان الأخطل من نصارَى العرب المتنصِّرة، قَبَّحهُ اللَّه وأبعدَ مثواه، [وهو الذي أنشدَ بشر بن مروان قصيدته التي يقولُ فيها:
(١) الأبيات في ديوان جرير ص (٣٩١). (٢) الخبر أورده ابن تغري بردي في النجوم الزاهرة (١/ ٢٦٩، ٢٧٠). وأخرجه أبو الفرج الأصبهاني في الأغاني (٨/ ٤٤ - ٤٦) مطولًا بغير هذا السياق، ولم يكن في المجلس الفرزدق والأخطل. (٣) البيت من قصيدة مشهورة في ديوان جرير ص (٧٦). (٤) في (ق): "جامانِ" بالنون، تصحيف، والمثبت من (ح).

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