Al-Bidayah wa an-NihayahIbn Kathir

Voici la traduction en français :

(1)
On rapporte que quelqu’un récita, pour Kuthayyir ‘Azza :
« La séparation qui s’est imposée entre nous n’a pas produit l’oubli,
ni la longue fréquentation ne nous a poussés à nous lasser.
Les calomniateurs n’ont fait que décupler ma passion,
et les multiples avertissements n’ont fait que m’encourager à persister. »

Kuthayyir dit également :
« Je lui ai dit : “Ô ‘Azza, toute épreuve, si l’on y prépare son âme un jour,
finit toujours par s’adoucir.
Puisse ce que ‘Azza s’est approprié de notre honneur
lui être profitable et sain, sans aucun mal qui s’y mêle.” »

(2)
Il a aussi prononcé, dans un esprit de sagesse :
« Celui qui ne ferme pas l’œil sur les défauts de son ami
et sur une partie de ce qu’il renferme, mourra à coup sûr en le blâmant.
Et quiconque traque sans relâche la moindre faute
trouvera bien à redire, jusqu’à perdre tout ami pour le restant de ses jours. »

(3)
On raconte qu’‘Azza bint Jamîl ibn Ḥafṣ, l’une des Banû Ḥâjib ibn ‘Abd Allâh ibn Ghaffâr, surnommée Umm ‘Amr, appartenant à la tribu ḍamariyya, vint se plaindre auprès du calife ‘Abd al-Malik ibn Marwân d’une injustice. Celui-ci lui dit : « Je ne pourrai rien juger avant que tu ne me récites quelques vers de sa poésie. » Elle répondit : « Je ne connais pas de mémoire les poèmes de Kuthayyir, mais j’ai entendu dire qu’il a composé pour moi ces vers :
“Tout débiteur dont j’ai su le créancier a réglé sa dette,
tandis qu’‘Azza impose l’attente et tourmente le sien.” »

(4)
‘Abd al-Malik reprit : « Ce n’est pas de ceux-là que je te parle, mais plutôt de ces vers :
“Elle prétend que je me suis métamorphosé après elle – Ô ‘Azza, qui donc ne change pas ?
Mon corps s’est transformé, mais mon caractère demeure comme tu l’as toujours connu ;
nul confident n’a jamais été mis dans la confidence de ton secret.” »

(5)
La pudeur gagna alors ‘Azza, et elle répondit : « Pour ceux-là, je ne les retiens pas, mais j’ai entendu que les gens lui attribuaient également ces vers :
“C’est comme si j’interpellais un rocher quand elle se détourne,
un rocher si dur que, si les bouquetins y galopaient, elles trébucheraient.
Elle ne te répond qu’avec une retenue avare ;
et celui qui s’est lassé de ce lien qu’elle propose s’en détourne à son tour.” »

(1) Ainsi dans les Oussoul, et le poème est de Jamil ibn Buthayna, les deux vers proviennent d'un poème de lui dans son recueil, p. 47. De même, ils sont rapportés par l'auteur d'Al-Aghani (8/134) et attribués également à Jamil, ainsi que dans le Dīwān Al-Ḥamāsah (2/129). (2) Les deux vers sont issus d’un poème dans le recueil de Kathīr, p. 54, et Al-Aghani (9/38). (3) Les deux vers viennent d’un poème dans le recueil de Kathīr, p. 31 ; et ils sont mentionnés par l’auteur de Jumhurat al-Amthāl (2/56). (4) Le vers est tiré d’un poème dans le recueil de Kathīr, p. 205. (5) Les deux vers sont extraits d’un poème dans le recueil de Kathīr, p. 100 ; certains mots ont été altérés dans le manuscrit (Q), nous avons pris ce qui figure dans (B, Ḥ), ainsi que dans le recueil de Kathīr et Al-Aghani (9/36). (6) Les deux vers sont issus d’un poème dans le recueil de Kathīr, p. 54, avec une divergence dans les mots du dernier hémistiche du deuxième vers ; dans Al-Aghani (9/36 et 38), ils correspondent à ce qui est ici.
وأنشد غيره لكثيِّر عزَّة (١) : فما أحدثَ النأيُ الذي كانَ بيننا … سُلُوًّا ولا طولُ اجتماعٍ تقالِيا وما زادني الواشونَ إلا صَبَابةً … ولا كثرةُ الناهينَ إلَّا تماديا وقال كُثَيِّر أيضًا: فقلتُ لها يا عزُّ كلُّ مصيبةٍ … إذا وُطِّنَتْ يومًا لها النفسُ ذَلَّتِ هَنيئًا مَريئًا غيرَ داءٍ مخامرٍ … لِعَزَّةَ من أعراضِنا ما استحلَّتِ (٢) وقال كُثير عزَّة أيضًا، وفيه حِكْمةٌ أيضًا: ومنْ لا يُغمِّضْ عَيْنهُ عن صديقهِ … وعن بعضِ ما فيه يمُتْ وهْو عَاتبُ ومن يتتبَّعْ جاهدًا كلَّ عَثْرةٍ … يَجِدْها ولا يَبْقَى له الدَّهْرَ صاحبُ (٣) وذكروا أنَّ عزَّةَ بنت جميل بن حفص أحدِ بني حاجب بن عبد اللَّه بنِ غفَار، أمُّ عمرو الضَّمرِيَّة؛ وفدَتْ على عبدِ الملك بن مروان تشكو إليه ظُلامة، فقال: لا أقضيها لكِ حتى تنشديني شيئًا من شعره، فقالت: لا أحفظ لكثير شعرًا، لكني سمعتُهم يَحْكونَ عنه أنه قال فيَّ هذه الأبيات: قَضَى كلُّ ذي دَيْنٍ علمتُ غَريمَهُ … وَعزَّةُ مَمْطُولٌ معنَّى غَريمُها (٤) فقال: ليس عن هذا أسألكِ ولكنْ أنشديني قوله: وقد زعمتْ أني تغيَّرْتُ بعدَها … ومَنْ ذا الذي يا عَزُّ لا يتغيَّرُ تغيَّر جِسْمي والخليقةُ كالذي … عَهِدْتِ ولمْ يُخْبَرْ بسِرِّكِ مخبَرُ (٥) قال فاستحيَتْ وقالتْ: أما هذا فلا أحفَظُه، ولكنْ سمعتُهم يحكونهُ عنهُ، ولكنْ أحفظُ له قولَه: كأنِّي أُنادي صخرةً حينَ أعرَضَتْ … منَ الصُّمِّ لو تمشي بها العُصْمُ زلَّتِ صَفُوحٌ فما تلقاكَ إلا بَخيلةً … ومنْ ملَّ منها ذلكَ الوَصْلَ مَلَّت (٦)
(١) كذا في الأصول، والشعر لجميل بثينة، والبيتان من قصيدة له فيها في ديوانه ص (٤٧). وكذلك رواهما صاحب الأغاني (٨/ ١٣٤) وعزاهما لجميل أيضًا، وكذا في ديوان الحماسة (٢/ ١٢٩). (٢) البيتان من قصيدة في ديوان كثير ص (٥٤) والأغاني (٩/ ٣٨). (٣) البيتان من قصيدة في ديوان كثير ص (٣١)؛ وذكرهما صاحب جمهرة الأمثال (٢/ ٥٦). (٤) البيت من قصيدة في ديوان كثير ص (٢٠٥). (٥) البيتان من قصيدة في ديوان كثير ص (١٠٠)، وقد صحفت في (ق) بعض ألفاظهما فأثبتنا ما جاء في (ب، ح) وديوان كثير، والأغاني (٩/ ٣٦). (٦) البيتان من قصيدة في ديوان كثير ص ٥٤ على خلاف في ألفاظ الشطر الأخير من البيت الثاني، وفي الأغاني (٩/ ٣٦ و ٣٨) موافق لما هنا.

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