Et ils n’ont prononcé ces premières paroles que pour réfléchir, se conseiller mutuellement et mobiliser tout leur arsenal de ruse, de manigance, de tromperie, de magie et de calomnie. Mais loin de là ! Par Dieu, leurs suppositions sont fausses et leurs opinions dévoyées. Comment la calomnie, la sorcellerie et les divagations pourraient-elles tenir tête aux miracles qui défient l’ordinaire, accomplis par le Justicier (dyyân) par l’intermédiaire de Son serviteur, l’Interlocuteur (Moussa), Son noble Messager, soutenu par une preuve éblouissant les regards et laissant les esprits et les intelligences perplexes ?
Quant à leur propos : « فَأَجْمِعُوا كَيْدَكُمْ » (« Rassemblez donc votre ruse », Tâ-Hâ [20 : 64]), c’est-à-dire tout ce que vous possédez, puis « ثُمَّ ائْتُوا صَفًّا » (« venez ensuite en rang », Tâ-Hâ [20 : 64]), autrement dit en un seul groupe. Ensuite, ils s’incitèrent les uns les autres à avancer dans cette confrontation, parce que Pharaon leur avait fait des promesses et leur avait donné des espoirs, alors que « ce que le diable leur promet n’est que tromperie » (an-Nisâ’ [4 : 120]).
﴿قَالُوا يَامُوسَى إِمَّا أَنْ تُلْقِيَ وَإِمَّا أَنْ نَكُونَ أَوَّلَ مَنْ أَلْقَى (65) قَالَ بَلْ أَلْقُوا فَإِذَا حِبَالُهُمْ وَعِصِيُّهُمْ يُخَيَّلُ إِلَيْهِ مِنْ سِحْرِهِمْ أَنَّهَا تَسْعَى (66) فَأَوْجَسَ فِي نَفْسِهِ خِيفَةً مُوسَى (67) قُلْنَا لَا تَخَفْ إِنَّكَ أَنْتَ الْأَعْلَى (68) وَأَلْقِ مَا فِي يَمِينِكَ تَلْقَفْ مَا صَنَعُوا إِنَّمَا صَنَعُوا كَيْدُ سَاحِرٍ وَلَا يُفْلِحُ السَّاحِرُ حَيْثُ أَتَى﴾ (Tâ-Hâ [20 : 65-69]).
Lorsque les magiciens se mirent en rang et que Moussa et Hâroun (sur eux la paix) se tenaient face à eux, ils dirent à Moussa : « Soit tu jettes (le premier), soit nous jetterons en premier. » ﴿قَالَ بَلْ أَلْقُوا﴾ (« Il dit : Non, jetez [d’abord] », Tâ-Hâ [20 : 66]). Les magiciens avaient préparé des cordes et des bâtons dans lesquels ils avaient glissé du mercure et d’autres artifices, si bien que ces cordes et ces bâtons se mirent à frémir, donnant à l’observateur l’illusion qu’ils se déplaçaient de leur plein gré ; en réalité, ils n’étaient mus que par leurs stratagèmes. Ainsi, ils enchantèrent les yeux des gens, les effrayèrent et jetèrent leurs cordes et leurs bâtons en déclarant : « Par la puissance de Pharaon, certes nous serons les vainqueurs (1). »
Dieu – Exalté soit-Il – dit : ﴿قَالَ أَلْقُوا فَلَمَّا أَلْقَوْا سَحَرُوا أَعْيُنَ النَّاسِ وَاسْتَرْهَبُوهُمْ وَجَاءُوا بِسِحْرٍ عَظِيمٍ (116)﴾ (al-A‘râf [7 : 116]). Et Il dit également : ﴿فَإِذَا حِبَالُهُمْ وَعِصِيُّهُمْ يُخَيَّلُ إِلَيْهِ مِنْ سِحْرِهِمْ أَنَّهَا تَسْعَى (66) فَأَوْجَسَ فِي نَفْسِهِ خِيفَةً مُوسَى﴾ (Tâ-Hâ [20 : 66-67]). Moussa éprouva alors de la crainte pour les gens, qu’ils ne soient séduits par leur sorcellerie et leurs illusions, avant qu’il ne jette ce qui était dans sa main, car il ne devait agir qu’après y avoir été autorisé. Il reçut alors cette révélation au même instant : ﴿قُلْنَا لَا تَخَفْ إِنَّكَ أَنْتَ الْأَعْلَى (68) وَأَلْقِ مَا فِي يَمِينِكَ تَلْقَفْ مَا صَنَعُوا إِنَّمَا صَنَعُوا كَيْدُ سَاحِرٍ وَلَا يُفْلِحُ السَّاحِرُ حَيْثُ أَتَى﴾ (Tâ-Hâ [20 : 68-69]).
À ce moment-là, Moussa jeta son bâton et dit : « Ce que vous avez produit est de la magie. Dieu l’annulera, car Dieu ne fait pas prospérer l’œuvre des corrupteurs » (d’après Yûnus [10 : 81]). Et ﴿Dieu fait triompher la vérité par Ses paroles, même si les criminels le détestent﴾ (Yûnus [10 : 82]).
Dieu dit aussi : ﴿فَأَلْقَى مُوسَى عَصَاهُ فَإِذَا هِيَ تَلْقَفُ مَا يَأْفِكُونَ﴾ (ash-Shu‘arâ’ [26 : 45]) ; ﴿فَوَقَعَ الْحَقُّ وَبَطَلَ مَا كَانُوا يَعْمَلُونَ (118) فَغُلِبُوا هُنَالِكَ وَانْقَلَبُوا صَاغِرِينَ (119) وَأُلْقِيَ السَّحَرَةُ سَاجِدِينَ (120) قَالُوا آمَنَّا بِرَبِّ الْعَالَمِينَ (121) رَبِّ مُوسَى وَهَارُونَ﴾ (al-A‘râf [7 : 118-122]).
En effet, lorsque Moussa (que la paix soit sur lui) jeta son bâton, celui-ci se transforma en un grand serpent doté de pattes, comme le rapportent diverses sources