Al-Bidayah wa an-NihayahIbn Kathir

Il fut accusé de tendance chiite, et certains l’attribuèrent même à la doctrine de la métempsycose. Ils rapportèrent qu’il s’en réclamait – par ignorance et faiblesse d’esprit, si du moins ce récit est exact à son sujet – en invoquant la parole du Très-Haut : « En la forme qu’Il veut, Il t’assemble » (Al-Infitar, 8). Un jour, il demanda l’autorisation d’entrer auprès d’Abd al-Malik. Lorsqu’il fut introduit, Abd al-Malik déclara : « On entend parler du ‘mi‘dî (homme du désert) de façon plus élogieuse que lorsqu’on le voit. » Il répondit : « Doucement (1), ô Commandeur des Croyants ! En vérité, l’homme ne se définit que par ses deux plus petits organes : son cœur et sa langue. S’il parle, il s’exprime avec clarté ; et s’il combat, il se bat avec courage. C’est moi qui ai dit (2) :

J’ai affronté les choses, elles m’ont éprouvé,
Et le temps a mis à nu ce dont je suis fait.
Les hommes ne me sont pas cachés, car je suis
Un connaisseur expert dans l’art de les éprouver.

Tu vois un homme frêle, tu le méprises,
Mais sous ses vêtements se cache un lion redoutable.
Tu admires l’homme élégant et tu l’adoptes (4),
Mais cet homme élégant dément parfois tes attentes.

La science des hommes ne fait pas la parure (5),
Mais la vraie parure, c’est la générosité et le bien (6).

Les plus maigres volatiles semblent parfois les plus grands,
Tandis que buses et faucons ne paraissent pas immenses.
Le chameau est énorme, mais sans intelligence,
Et malgré sa grandeur, il n’en tire aucune supériorité.
On le monte, puis on le frappe de la baguette,
Car il n’a ni noblesse ni refus d’obéir.
Le bâton d’if pousse fin et solide,
Tandis que les rameaux tordus s’allongent mais restent futiles.

Abû al-Faraj ibn Tarârâ (7) a longuement commenté ce passage étrange et l’a expliqué en détail. On raconte aussi que Kuthayyir ‘Azzah se présenta un jour à ‘Abd al-Malik ibn Marwân et le loua dans un poème, où il dit :

« Sur le fils d’Abû al-‘Âs, il y a des cuirasses impénétrables,
Remarquablement façonnées et parfaitement ajustées par le tisserand (8). »

(1) Dans (Q) : « حيهل », une erreur de transcription ; la forme correcte est celle attestée dans (B, H) et dans al-Muntazim. (2) Ainsi dans al-Uṣūl et al-Muntazim (7/104). Le poème est attribué à al-ʿAbbās ibn Mirdās à l’exception des premier, deuxième et dernier vers, et il figure dans son Dīwān, p. 172. Deux vers de ce poème sont attribués à ʿAmr ibn Qumayʾa dans son Dīwān, p. 130. (3) Dans (Q) : « زئير » (zayr), la forme attestée est celle des manuscrits (B, H). Ce vers dans al-Lisān est aussi attribué à al-ʿAbbās ; le sens de « يزمر » (yazmir) est le présent de « زأر » (zaʾara), qui signifie faire résonner sa voix en sa gorge. (4) Dans (Q, B) : « فتختبره » (fatakhtabiruhu), dans le Dīwān d’al-ʿAbbās : « فتبتليه » (fatabtalahu), la forme correcte est attestée dans (H). (5) Dans certains manuscrits : « وما عِظَم » (wamā ʿiẓam), dans d’autres : « وما هام » (wamā hām). (6) Dans (Q) : « دين وخير » (dīn wa khayr), la forme attestée dans (B, H) et le Dīwān d’al-ʿAbbās. (7) Dans (Q) : « طرار » (ṭarār), une erreur de transcription ; la forme correcte est attestée dans (B, H) et les sources biographiques. Il s’agit d’Abū al-Faraj al-Maʿāfī ibn Zakariyā al-Jurayrī, connu sous le nom d’Ibn Ṭarāra ou Ṭarārā — comme mentionné par Muḥammad ibn ʿAbd al-Ghanī al-Baghdādī dans Takmila al-Ikmāl (4/17) ; il est probable qu’il ait aussi évoqué cela dans son ouvrage al-Jalīs al-Ṣāliḥ al-Kāfī. (8) Le vers se trouve dans le Dīwān de Kaṯīr, p. 145, où figure : « دِلاصٌ حصينة » (dilāṣun ḥaṣīna). Le sens de « أذالها » (adhālahā) est qu’il a prolongé sa traîne. Ce vers a été cité par l’auteur de Lisān al-ʿArab dans la rubrique (ذيل - daīl).
تشيُّع، وربما نسبه بعضُهم إلى مذهب التناسخيَّة، وأنه كان يحتجُّ على ذلك - من جهلِهِ وقِلَّةِ عقلهِ إنْ صحَّ النقلُ عنه - بقوله تعالى: ﴿فِي أَيِّ صُورَةٍ مَا شَاءَ رَكَّبَكَ﴾ [الانفطار: ٨] ، وقد استأذن يومًا على عبد الملك، فلما دخل عليه قال عبد الملك: تَسمَعُ بالمعيدي خيرٌ من أنْ تراه، فقال: مَهْلًا (١) يا أمير المؤمنين إنما المرءُ بأصغَريْه قلبِهِ ولسانِهِ، إنْ نطَقَ نطَقَ ببيان، وإنْ قاتل قاتل بجَنَان، وأنا الذي أقول (٢) : وجربتُ الأمورَ وجرَّبتْني … وقدْ أبدَتْ عَريكتيَ الأمورُ وما تَخْفَى الرجالُ عليَّ أني … بهمْ لأخو مُثَاقَفَةٍ خَبيرُ ترى الرجلَ النحيفَ فتزدَريهِ … وفي أثوابهِ أسَدٌ يَزِير (٣) ويعجبكَ الطريرُ فتجتبيه (٤) … فيخلفُ ظنكَ الرجلُ الطريرُ وما عِلْم (٥) الرجالِ لها بزَيْنٍ … ولكنْ زَيْنُها كرَمٌ وخير (٦) بُغاثُ الطير أطولها جسومًا … ولم تطُلِ البُزَاةُ ولا الصُّقورُ وقدْ عَظُمَ البعير بغيرلبٍّ … فلم يستغن بالعِظَمِ البَعيرُ فيُركَبُ ثم يُضربُ بالهرَاوَى … ولا عُرْفٌ لديهِ ولا نَكيرُ وعودُ النَّبْعِ ينبُتُ مستمرًّا … وليسَ يطولُ والعَضْباءُ حُورُ وقد تكلم أبو الفرج بن طَرَارا (٧) على غريب هذه الحكاية وشر ها بكلامٍ طويل، قالوا: ودخل كُثَيِّر عزَّةَ يومًا على عبدِ الملك بن مروان فامتدحه بقصيدته التي يقول فيها: على ابن أبي العاصي دُروعٌ حصينةٌ … أجاد المُسَدِّي سَرْدَها وأذَالَها (٨)
(١) في (ق): "حيهلا"، تصحيف، والمثبت من (ب، ح)، والمنتظم. (٢) كذا في الأصول، والمنتظم (٧/ ١٠٤)، والقصيدة تنسب للعباس بن مرداس ما عدا الأبيات الأول والثاني والأخير، وهي في ديوانه ص (١٧٢)، ونسب بيتان منها لعمرو بن قميئة في ديوانه ص (١٣٠). (٣) في (ق): "زئير"، والمثبت من (ب، ح). والبيت في اللسان منسوب للعباس أيضًا ومعنى "يزمر" مضارع زأرَ، وهو أن يردد صوته في جوفه. (٤) في (ق، ب):"فتختبره"، وفي ديوان العباس: "فتبتليه"، والمثبت من (ح). (٥) في بعض النسخ: وما عِظَم، وفي بعضها: وما هام. (٦) في (ق):"دين وخير"، والمثبت من (ب، ح)، وديوان العباس. (٧) في (ق): "طرار" تصحيف، والمثبت من (ب، ح) ومصادر ترجمته، وهو أبو الفرج المعافي بن زكريا الجريري المعروف بابن طرارة أو طرارا - كما ذكره محمد بن عبد الغني البغدادي في تكملة الإكمال (٤/ ١٧) ولعله ذكر ذلك في كتابه الجليس الصالح الكافي. (٨) البيت في ديوان كثير ص (١٤٥)، وفيه: "دِلاصٌ حصينة". ومعنى أذالها: أطال ذيلها واستشهد بهذا البيت على هذا المعنى صاحب لسان العرب في مادة (ذيل).

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