En cette année-là, les Turcs étaient présents, et il y eut entre eux une bataille violente au cours de laquelle le khagan fut tué ainsi qu’un grand nombre de Turcs. Durant la même période, Al-Jarrāḥ Al-Ḥakamī pénétra loin dans le territoire des Khazars, qui conclurent la paix avec lui et lui versèrent la jizya ainsi que l’impôt foncier. Cette année-là, (1) Al-Ḥajjāj ibn ʿAbd al-Malik entreprit une expédition contre les Alains (al-lān), tua un grand nombre d’entre eux, s’empara du butin et revint sain et sauf (1).
Au cours de cette année, Khālid ibn ʿAbd Allâh Al-Qasrī démit Muslim ibn Saʿīd de la gouvernance du Khurāsān et nomma à sa place son frère, Asad ibn ʿAbd Allâh Al-Qasrī.
Cette même année, l’Émir des croyants Hishām ibn al-Malik dirigea le pèlerinage. Il écrivit à Abū l-Zanād avant d’entrer à Médine pour qu’il vienne à sa rencontre et rédige pour lui les rites du pèlerinage. Abū l-Zanād obéit et les habitants de Médine sortirent jusqu’en chemin pour accueillir Hishām. Parmi ceux qui vinrent à sa rencontre se trouvait également Saʿīd ibn ʿAbd Allâh ibn al-Walīd ibn ʿUthmān ibn ʿAffān. Celui-ci dit à Hishām : « Ô Émir des croyants, dans pareils moments empreints de piété, ta famille n’a jamais cessé de maudire Abū Turāb. Maudis-le donc, toi aussi. »
Abū l-Zanād raconta : « Cela pesa beaucoup à Hishām, qui trouva cela déplacé. Il dit : “Je ne suis pas venu pour injurier qui que ce soit ni pour le maudire. Nous sommes venus en tant que pèlerins.” Puis il cessa de lui prêter attention et coupa court à la conversation, se tournant à nouveau vers Abū l-Zanād pour discuter avec lui. »
Quand il parvint à la Mecque, Ibrāhīm ibn Ṭalḥa lui présenta une plainte à propos d’une terre. Hishām lui demanda : « Où étais-tu sous ʿAbd al-Malik ? » Il répondit : « Il m’a opprimé. » – « Et sous al-Walīd ? » – « Il m’a opprimé. » – « Et Sulaymān ? » – « Il m’a opprimé. » – « Et ʿUmar ibn ʿAbd al-ʿAzīz ? » – « Il me l’a rendue. » – « Et Yazīd ? » – « Il me l’a confisquée. Elle se trouve maintenant sous ton autorité. » Alors Hishām lui dit : « Si tu avais un peu de vigueur, je t’aurais ôté la vie. » Ibrāhīm répliqua : « J’ai certes de la vigueur, au fouet et à l’épée. » Hishām s’éloigna de lui en disant à ceux qui l’accompagnaient : « Je n’ai jamais vu d’homme plus éloquent. »
Cette même année, le gouverneur de La Mecque, de Médine et de Ṭā’if était Ibrāhīm ibn Hishām ibn Ismāʿīl ; en Irak et au Khurāsān, c’était Khālid ibn ʿAbd Allâh Al-Qasrī (qu’Allāh – Exalté soit-Il – sait mieux).
Parmi ceux qui moururent cette année-là se trouve Sālim ibn ʿAbd Allâh ibn ʿUmar ibn al-Khaṭṭāb (4).