Cette année-là, plusieurs notables s’éteignirent, parmi lesquels Abân ibn ‘Uthmân ibn ‘Affân (1). Il a déjà été fait mention de son décès en l’an quatre-vingt-cinq. Il faisait partie des jurisconsultes (faqîh) et savants de la génération des Tâbi‘ûn. ʿAmr ibn Shuʿayb déclara : « Je n’ai jamais vu quelqu’un de plus instruit que lui en hadith et en fiqh. » Et Yahyâ ibn Saʿîd al-Qattân dit : « Les jurisconsultes de Médine sont au nombre de dix. » Il énuméra alors Abân ibn ʿUthmân comme l’un d’entre eux, ainsi que Khârija ibn Zayd, Sâlim ibn ʿAbd Allâh, Saʿîd ibn al-Musayyib, Sulaymân ibn Yasâr, ʿUbayd Allâh ibn ʿAbd Allâh ibn ʿUtba, ʿUrwa, al-Qâsim, Qabîsa ibn Dhu’ayb et Abû Salama ibn ʿAbd al-Rahmân.
Muḥammad ibn Saʿd (2) rapporta qu’Abân souffrait de surdité et de dépigmentation cutanée (al-wadaḥ), puis il fut touché par une paralysie (al-fâlij) un an avant sa mort. Il décéda en l’an cent-cinq (105).
Parmi ceux qui moururent la même année, on compte Abû Rajâ’ al-ʿAṭâridî (3), qui est cité parmi les transmetteurs des deux Ṣaḥîḥ (al-Bukhârî et Muslim). Il y eut aussi ‘Âmir ibn Sharâḥîl al-Shaʿbî, selon une certaine opinion, comme il a déjà été mentionné (4), et Kuthayyir ʿAzza, d’après certains dires. D’autres disent qu’il mourut l’année suivante, comme on le verra.
[Lorsque l’an cent-six (106) débuta,] Hishâm ibn ʿAbd al-Malik releva ʿAbd al-Wâḥid ibn ʿAbd Allâh al-Naṣrî (5) de l’émirat de Médine, La Mecque et al-Ṭâ’if, et nomma à sa place son cousin maternel Ibrâhîm ibn Hishâm ibn Ismâʿîl al-Makhzûmî pour administrer l’ensemble de ces villes.
La même année, Saʿîd ibn ʿAbd al-Malik dirigea la campagne d’été (al-ṣâ’ifah). Et cette année-là, [Muslim ibn Saʿîd se rendit dans la ville de Farghâna et ses contrées, où il rencontra…]