Il était grand, robuste, à la peau claire, au visage rond, et avait la bouche épaisse(1), sans jamais grisonner. On raconte qu’il mourut au Jawlân ; d’autres disent à Hawrân. Son fils, al-Walîd ibn Yazîd, accomplit la prière funéraire sur lui alors qu’il avait quinze ans.
On dit aussi plutôt que ce fut son frère, Hishâm ibn ‘Abd al-Malik, Commandeur des croyants – qui devint calife après lui –, qui pria sur sa dépouille. On le porta sur les épaules des hommes jusqu’à ce qu’il fût inhumé entre la porte al-Jâbiya (Bâb al-Jâbiya) et la porte as-Saghîr (Bâb as-Saghîr), à Damas. Il avait stipulé que le pouvoir revînt, après lui, à son frère Hishâm, puis ensuite à son fils al-Walîd ibn Yazîd ibn ‘Abd al-Malik ; aussi, après sa mort, la communauté prêta serment d’allégeance à Hishâm.
Le califat de Hishâm ibn ‘Abd al-Malik ibn Marwân (2)
On le proclama calife le vendredi qui suivit la mort de son frère, cinq jours avant la fin de Sha‘bân de cette même année – c’est-à-dire l’an 105 de l’Hégire. Il avait alors trente-quatre ans et quelques mois. En effet, il était né lorsque son père, ‘Abd al-Malik, mit à mort Mus‘ab ibn az-Zubayr en l’an 72. Par bon augure, il le nomma d’abord Manṣûr ; puis, plus tard, en revenant, il découvrit que sa mère l’avait appelé du nom de son propre père, Hishâm, et il confirma dès lors ce nom.
Al-Wâqidî rapporte : « Le califat lui parvint alors qu’il se trouvait à al-Zaytûnah (4), dans une de ses demeures. Un courrier lui apporta alors le bâton et la bague [symbole du pouvoir], et on le salua comme calife. Il partit donc de ar-Ruṣâfah pour se rendre à Damas, où il assuma pleinement la responsabilité du califat. » Peu après, au mois de Shawwâl de cette année-là, il révoqua ‘Umar ibn Hubayrah du gouvernement de l’Irak et du Khurâsân et nomma à leur tête Khâlid ibn ‘Abd Allâh al-Qasrî.
On dit qu’il lui confia le gouvernement de l’Irak en l’an 106, mais l’opinion la plus connue est celle que nous venons de mentionner(5). Cette même année, le pèlerinage fut dirigé par Ibrâhîm ibn Hishâm ibn Ismâ‘îl al-Makhzûmî, oncle maternel du Commandeur des croyants, frère de sa mère ‘Â’ishah bint Hishâm ibn Ismâ‘îl. Elle n’avait engendré pour ‘Abd al-Malik que ce fils-là, jusqu’à ce qu’il la répudie, car elle était jugée sotte.
C’est également durant cette année que l’appel en faveur des Banû al-‘Abbâs se renforça secrètement en terre d’Irak ; leurs émissaires y obtinrent d’importantes sommes qu’ils utilisèrent pour soutenir leur cause et l’entreprise qu’ils projetaient.