Puis, l’an cent cinq (105) débuta. Cette année-là, al-Jarrâḥ ibn ʿAbd Allâh al-Ḥakamî fit campagne dans les terres des Lân (1) ; il conquit de nombreuses forteresses et des contrées vastes au-delà de Balandjar. Il y obtint d’abondants butins et réduisit en captivité de nombreuses personnes parmi les enfants des Turcs.
La même année, Muslim ibn Saʿîd partit en expédition contre les contrées turques et assiégea une grande ville des terres des Ḍuġd, dont le roi conclut un accord de paix contre le versement d’une importante somme d’argent.
La même année encore, Saʿîd ibn ʿAbd al-Malik ibn Marwân mena une expédition contre les terres des Romains. Il envoya devant lui un détachement de mille cavaliers, qui furent tous décimés.
Cette même année, cinq jours avant la fin du mois de Šaʿbân, l’émir des Croyants Yazîd ibn ʿAbd al-Malik ibn Marwân mourut à Arbad (2), dans la région de la Balqâʾ, un vendredi. Il avait entre trente et quarante ans.
Voici sa biographie :
[Yazîd ibn ʿAbd al-Malik ibn Marwân] (3)
C’est Yazîd ibn ʿAbd al-Malik ibn Marwân ibn al-Ḥakam ibn Abî al-ʿÂṣ ibn Umayya ibn ʿAbd Šams ibn ʿAbd Manâf, Abû Khâlid al-Qurayšî al-Umawî, émir des Croyants. Sa mère est ʿÂtika bint Yazîd ibn Muʿâwiya ; certains rapportent qu’elle fut enterrée dans la tombe dʿÂtika, et que le quartier prit son nom – Dieu est plus savant.
Il fut désigné calife à la suite de ʿUmar ibn ʿAbd al-ʿAzîz, au mois de Raǧab de l’an cent un (101), sur la base du testament de son frère Sulaymân selon lequel il devait devenir calife après ʿUmar (4) ibn ʿAbd al-ʿAzîz – que Dieu lui fasse miséricorde –, un vendredi, cinq jours avant la fin de Raǧab.
Muḥammad ibn Yaḥyâ al-Ḏuhlî a rapporté : « Kaṯîr ibn Hišâm nous a transmis, d’après Ǧaʿfar ibn Burqân, qui me l’a relaté de l’imam al-Zuhrî : “Au temps du Messager de Dieu (ﷺ), puis sous Abû Bakr, ʿUmar, ʿUṯmân et ʿAlî, le musulman n’héritait pas du non-musulman, ni le non-musulman du musulman. Mais lorsque Muʿâwiya parvint au califat, il permit au musulman d’hériter du non-musulman, tout en ne permettant pas au non-musulman d’hériter du musulman. Les califes suivants adoptèrent sa décision. Puis vint ʿUmar ibn ʿAbd al-ʿAzîz, qui revint à la première pratique, suivi en cela par Yazîd ibn…” »