Musʿab ibn Saʿd ibn Abī Waqqāṣ (1) : c’était un Tabiʿī (disciple de la génération suivant les Compagnons), digne de confiance, renommé, et d’un rang élevé.
Mūsā ibn Ṭalḥa ibn ʿUbayd Allāh al-Taymī (2) était surnommé « al-Mahdī » en raison de sa piété ; il était un Tabiʿī d’un grand prestige, parmi les notables des musulmans (qu’Allah lui fasse miséricorde) (3).
[Puis arriva l’an 104]
Au cours de cette année, Saʿīd ibn ʿAmr al-Ḥarashī, gouverneur du Khorasan, combattit les habitants du Soghd, assiégea la cité de Khujanda (4), tua un grand nombre de ses habitants, s’empara de quantités considérables de richesses et prit très nombreux captifs. Il envoya un rapport sur ces faits à Yazīd ibn ʿAbd al-Malik, Commandeur des Croyants. Cela déplut au gouverneur de l’Irak, ʿUmar ibn Hubayra, parce que Saʿīd ne l’avait pas informé directement ; il rédigea donc lui-même un message au Commandeur des Croyants, estimant que c’était lui qui l’avait nommé.
Puis, au mois de Rabīʿ al-Awwal de cette même année, Yazīd ibn ʿAbd al-Malik, Commandeur des Croyants, démit de son poste d’émir des deux Lieux Saints (La Mecque et Médine) ʿAbd al-Raḥmān ibn al-Ḍaḥḥāk ibn Qays. En effet, ce dernier avait demandé en mariage Fāṭima bint al-Ḥusayn, mais elle refusa. Il insista et la menaça, si bien qu’elle écrivit à Yazīd ibn ʿAbd al-Malik pour s’en plaindre. Le calife chargea alors ʿAbd al-Wāḥid ibn ʿAbd Allāh al-Naṣrī (5), gouverneur de Ṭāʾif, de le nommer émir de Médine et de faire en sorte de frapper ʿAbd al-Raḥmān ibn al-Ḍaḥḥāk avec une telle vigueur qu’on puisse entendre ses cris jusqu’à Damas, où le Commandeur des Croyants était allongé, et de lui soutirer quarante mille dinars. Informé de cet ordre, ʿAbd al-Raḥmān se rendit à Damas et sollicita la protection de Maslama ibn ʿAbd al-Malik.
Il (Maslama) se présenta alors auprès de son frère et lui dit : « J’ai une requête à te soumettre. » Il lui répondit : « Toute requête que tu voudras, je te l’accorderai, à moins qu’elle ne concerne le fils de al-Ḍaḥḥāk. » Maslama rétorqua : « Par Dieu, c’est précisément ma requête. » Et son frère de conclure : « Par Dieu, je ne l’accepterai pas et je ne l’épargnerai pas. » (6)