Abd Allâh ibn al-Mubârak transmit, d’après Layth, d’après Mujâhid, celui-ci ayant dit : « Il n’est personne qui meurt sans qu’on lui présente les gens de sa fréquentation : s’il faisait partie des gens du rappel (dhikr), alors il est au nombre des gens du rappel, et s’il appartenait aux gens de la distraction (lahw), alors il est au nombre de ceux de la distraction. » (1)
Aḥmad rapporta : « Hâshim ibn al-Qâsim nous a transmis, puis Muḥammad ibn Ṭalḥah, d’après Zubayd, d’après Mujâhid, qui a dit : “Iblis déclara : ‘Si le fils d’Adam parvient à me tenir en échec, il ne pourra toutefois le faire sur trois points : s’emparer d’un bien qui ne lui revient pas, [le priver de son droit], et le gaspiller en le dépensant là où il ne convient pas.’” » (2)
Aḥmad dit également : « Ibn Numayr nous a rapporté qu’al-Aʿmash a dit : ‘Chaque fois que je voyais Mujâhid, je l’imaginais comme un kharbandaj (conducteur de monture), ayant perdu son âne et en paraissant fort préoccupé.’ » (3)(4)
Par ailleurs, Layth rapporte, d’après Mujâhid, qu’il a dit : « Celui qui honore et exalte sa propre personne rabaisse sa religion, tandis que celui qui s’humilie (devant Dieu) élève sa religion. » (5)
Shuʿbah rapporta, d’après al-Ḥakam, d’après Mujâhid, qu’il a dit : « Ibn ʿUmar me dit : “Ô Abû al-Ghâzî, combien de temps Noé demeura-t-il sur terre ?” Je lui ai répondu : “Mille ans, moins cinquante.” Il me dit : “En vérité, les hommes n’ont fait que régresser dans la durée de leur vie, leur constitution physique et leurs mœurs.” » (6)
Abû Bakr ibn Abî Shaybah (7) transmit de la part d’Ibn ʿUlayyah, d’après Layth, d’après Mujâhid : « Les savants ont disparu, et il ne reste plus que ceux qui apprennent. Celui qui, parmi vous, s’applique avec zèle (mujtahid) n’est qu’à peine comparable à un simple joueur par rapport à ceux qui vous ont précédés. »
Ibn Abî Shaybah rapporta aussi d’après Ibn Idrîs, d’après Layth, d’après Mujâhid : « Si le musulman ne retirait de son frère d’autre bienfait que la pudeur qu’il éprouve à son égard, qui l’empêche de commettre des péchés, ce serait déjà un bien suffisant. » Il dit également : « Le vrai juriste (faqîh) est celui qui craint Dieu, même si son savoir est réduit, tandis que l’ignorant est celui qui désobéit à Dieu, même si sa science est abondante. » Il ajouta : « Lorsque le serviteur se tourne vers Dieu de tout son cœur, Dieu incline les cœurs des croyants en sa faveur. »