«Et à celui qui craint la station devant son Seigneur seront accordés deux Jardins.» (Ar-Rahmân, 46)
Il a dit : «C’est celui qui se souvient de Dieu lorsqu’il est sur le point de commettre des péchés.»
Al-Fuḍayl ibn ‘Iyâḍ, rapportant de Manṣûr, d’après Mujâhid, à propos de la parole divine : «Leur signe est sur leurs visages» (Al-Fatḥ, 29), a dit : «C’est la crainte révérencielle (al-khushû‘).»
Au sujet du verset : «Tenez-vous debout, obéissants devant Dieu» (Al-Baqara, 238), il dit : «Le qunût est fait de quiétude, de recueillement, d’abaissement du regard et d’humilité devant la crainte de Dieu» (1).
Les savants, lorsque l’un d’eux se levait pour la prière, redoutaient tant le Tout-Miséricordieux qu’ils s’interdisaient de fixer le regard, de se retourner, de remuer les cailloux, de s’occuper à quoi que ce soit, ou de penser aux affaires de ce monde, hormis le fait d’être emplis d’humilité tant qu’ils étaient en prière.
‘Abd Allâh ibn Aḥmad ibn Ḥanbal a rapporté : «Abû Ma‘mar (2) nous a transmis de Ibn Idrîs, qui m’a dit : ‘Uqba ibn Isḥâq – qu’il a loué avec bien – nous a transmis de Layth, d’après Mujâhid, qui a dit : “Chaque fois que je voyais les Arabes, je les trouvais rudes [et si je les examinai], je les trouvais en retrait de leur religion. Mais quand ils entraient en prière, c’était comme si leurs corps étaient privés d’âmes.”»
Al-A‘mash a également rapporté, d’après Mujâhid, qui a dit : «Le cœur est comparable à la paume de la main. Chaque fois qu’une personne commet un péché, il se resserre ainsi» – et il replia l’auriculaire, puis referma un à un tous ses doigts – «puis il est scellé. Ils considéraient cela comme étant le “rân”, selon la parole de Dieu : “Jamais ! Un voile recouvre leurs cœurs à cause de ce qu’ils ont acquis.” (Al-Muṭaffifîn, 14).»
Qabîṣa a rapporté, d’après Sufyân ath-Thawrî, de Manṣûr, de Mujâhid, au sujet du verset : «Bien au contraire, quiconque acquiert une mauvaise action et dont la faute encerclera le cœur…» (Al-Baqara, 81). Mujâhid a dit : «Les péchés entourent le cœur comme un mur construit autour de ce qu’il cerne ; à chaque péché, le mur s’élève davantage, jusqu’à le recouvrir totalement et devenir ainsi» – puis il a refermé sa main – «et il a dit : “C’est le rân.”» (5)
Concernant le verset : «à cause de ce qu’il a accompli en premier et en dernier» (Al-Qiyâma, 13), il a dit : «Cela renvoie au premier et au dernier acte de l’homme.» Et pour «Et vers ton Seigneur aspire ardemment !» (Ash-Sharḥ, 8), il dit : «Quand tu t’es libéré de tes affaires mondaines et que tu te lèves pour prier, dirige vers Lui ton désir et ton intention.» (6)
D’après Manṣûr, Mujâhid a dit à propos de «Ô toi, âme apaisée» (Al-Fajr, 27) : «C’est l’âme qui a la certitude que Dieu est son Seigneur et qui demeure intrépide dans le respect de Son ordre et dans Son obéissance.» (7)