Gloire à Dieu, le Créateur de vous deux ! raconta-t-il. Ils se mirent à trembler, comme si les montagnes de ce monde s’étaient écroulées. Puis je perdis connaissance, tout comme le Juif, qui revint à lui avant moi et me dit : « Relève-toi ! Tu allais causer notre perte à tous deux. »
Ibn Fuḍayl a rapporté, d’après Layth, selon Mujāhid : « Le Jour de la Résurrection, on fera comparaître trois personnes : le riche, le malade et l’esclave. » Mujāhid poursuivit : « Dieu – Exalté soit-Il – dira au riche : “Qu’est-ce qui t’a détourné de Mon adoration, celle pour laquelle Je t’ai créé ?” Il répondra : “Ô mon Seigneur, Tu m’as accordé une grande richesse, et j’en suis devenu arrogant.” Alors on fera comparaître Salomon (que la paix soit sur lui) avec toute l’étendue de son royaume. Dieu dira à cet homme : “Étais-tu plus fortuné et plus occupé que lui ?” Il répondra : “Non, c’était bien lui, ô mon Seigneur.” Dieu lui dira : “En vérité, ni la royauté ni les biens ni les occupations dont il jouissait ne l’ont empêché de M’adorer.” »
Mujāhid poursuit : « Ensuite, on fera comparaître le malade, et Dieu lui dira : “Qu’est-ce qui t’a empêché de M’adorer, alors que Je t’ai créé à cette fin ?” Il répondra : “Ô mon Seigneur, la maladie de mon corps m’en a distraint.” Alors on fera comparaître Job (Ayyūb), dans sa souffrance et son malheur, et Dieu dira à cet homme : “As-tu enduré une épreuve et une maladie plus rudes que les siennes ?” Il répondra : “Non, c’est bien lui, ô mon Seigneur.” Et Dieu dira : “Sa détresse et sa maladie ne l’ont pourtant pas empêché de M’adorer.” »
« Puis on fera comparaître l’esclave, et Dieu lui dira : “Qu’est-ce qui t’a empêché de M’adorer, toi pour qui Je t’ai créé ?” Il répondra : “Ô mon Seigneur, Tu as placé au-dessus de moi des maîtres qui m’ont possédé et qui m’ont distrait de Ton adoration.” Alors on fera comparaître Joseph (Yūsuf), dans son état de servitude et d’esclavage, et Dieu dira à cet homme : “Étais-tu soumis à un esclavage et à une servitude plus pesants que lui ?” Il répondra : “Non, c’était bien lui, ô mon Seigneur.” Et Dieu dira : “Ce qu’il endurait dans son esclavage ne l’a pas empêché de M’adorer.” »
Ḥumayd a rapporté, selon al-A‘rāj, d’après Mujāhid, qui a dit : « Je voyageais en compagnie d’Ibn ʿUmar. Si je voulais monter (en selle), il me tenait l’étrier. Une fois que j’étais installé, il ajustait mes vêtements. Un jour, il remarqua que je semblais gêner d’être servi ainsi, et il me dit : “Ô Mujāhid, tu es quelqu’un de peu accommodant.” » Dans un autre récit, Mujāhid dit : « J’ai voyagé avec Ibn ʿUmar en ayant l’intention de le servir, et pourtant c’est lui qui me servait. (1) »
L’imam Aḥmad (2) a rapporté : « ʿAbd ar-Razzāq nous a rapporté, d’après ath-Thawrī, selon un homme, lui-même rapportant de Mujāhid : “La terre a été placée devant l’Ange de la Mort comme un bassin (ṭasṭ) dont il peut saisir (les âmes) où il le souhaite ; il a reçu des auxiliaires qui recueillent les âmes, puis il se les fait remettre.” Et il a dit encore : “Lorsque Adam (que la paix soit sur lui) est descendu sur terre, on lui a dit : ‘Bâtis-tu pour la ruine et enfantes-tu pour la disparition ?’ (3)” »
Qutaybah a rapporté, d’après Jarīr, selon Manṣūr, d’après Mujāhid, au sujet du verset : « Et ceux qui maudissent ne cesseront de les maudire » (Coran 2 :159), il dit : « Ils les maudissent... »