Elle est meilleure ainsi : avec douceur et bienveillance, et qu’ils le traitent comme quelqu’un qui pourrait se rappeler ou craindre (Dieu), ainsi que le Très-Haut l’a dit à Son Messager : « Appelle (les gens) au chemin de ton Seigneur avec sagesse et bonne exhortation, et discute avec eux de la meilleure façon » [an-Nahl, 125]. Et Il a également dit : « Et ne discutez avec les gens du Livre que de la manière la plus convenable, sauf avec ceux d’entre eux qui sont injustes… » [al-‘Ankabût, 46].
Al-Hassan al-Basrî a dit au sujet du verset : « Parlez-lui donc avec douceur » : qu’ils s’excusent auprès de lui, et qu’ils lui disent : « Tu as un Seigneur et tu as un retour [vers Lui], et tu as devant toi un Paradis et un Feu » (1).
Wahb ibn Munabbih a dit : « Dites-lui : “Je suis plus proche du pardon et de la miséricorde que de la colère et du châtiment” » (2).
Yazîd ar-Raqâshî (3), à propos de ce verset, a dit : « Ô Toi qui manifestes Ton amour pour celui qui Te prend en hostilité, que dire alors de celui qui T’aime et T’appelle ! »
« Ils dirent : “Ô notre Seigneur, nous craignons qu’il n’exerce sur nous une violence, ou qu’il ne dépasse toute limite” » : en effet, Pharaon était un tyran obstiné et un démon rebelle, exerçant un pouvoir étendu dans le pays d’Égypte, jouissant d’autorité, de soldats et d’armées, et d’une grande force. Ils le craignirent en tant qu’êtres humains et eurent peur qu’il ne les frappe dès le début. Mais Il les affermit — Lui, l’Élevé, le Très-Haut — en disant : « [Dieu] dit : “N’ayez pas peur, Je suis vraiment avec vous : J’entends et Je vois” », comme Il l’a dit dans un autre verset : « Nous sommes avec vous, à l’écoute » [ash-Shu‘arâ, 15].
« Allez donc à lui et dites : “Nous sommes tous deux les envoyés de ton Seigneur. Laisse partir avec nous les Enfants d’Israël et ne les tourmente pas. Nous t’avons apporté un signe de la part de ton Seigneur. Que la paix soit sur celui qui suit la bonne direction (47). Il nous a été révélé qu’un châtiment frappera quiconque traite [la vérité] de mensonge et s’en détourne” » [Tâhâ, 47-48].
Dieu — exalté soit-Il — mentionne qu’Il leur ordonna d’aller trouver Pharaon pour l’appeler à adorer Dieu seul sans associé, et pour qu’il relâche les Enfants d’Israël, les libère de son emprise et de son oppression, et ne les tourmente plus. « Nous t’avons apporté un signe de la part de ton Seigneur » : il s’agit de la grande preuve manifestée par le bâton et la main. « Et que la paix soit sur celui qui suit la bonne voie » est une restriction particulièrement utile et éloquente.
Puis ils le menacèrent et l’avertirent des conséquences du démenti en disant : « Il nous a été révélé qu’un châtiment frappera quiconque traite [la vérité] de mensonge et s’en détourne », c’est‑à‑dire celui qui dément la vérité dans son cœur et s’en détourne en actes.
As-Suddî et d’autres ont rapporté que lorsqu’il revint du pays de Madyan, il entra auprès de sa mère et de son frère Hârûn, qui étaient en train de dîner d’un plat contenant du « tafshîl » (4), à savoir du navet (al-lift). Il mangea avec eux, puis il dit : « Ô Hârûn, Dieu m’a ordonné — ainsi qu’à toi — d’appeler Pharaon à… »