Al-Bidayah wa an-NihayahIbn Kathir

En cette année, on plaça des remplaçants à la tête de Koufa et de Bassora, puis on envoya en Khorasan le gendre (mari de sa fille) Saʿīd ibn ʿAbd al-ʿAzīz ibn al-Ḥārith ibn al-Ḥakam ibn Abī al-ʿĀṣ, surnommé Khudhayna (1). Celui-ci s’y rendit, encouragea ses habitants à la patience et au courage, et châtia des agents qui servaient auparavant Yazīd ibn al-Muhallab, s’emparant de sommes considérables. Certains d’entre eux périrent sous la torture.

Mention d’un affrontement qui eut lieu entre les Turcs et les musulmans. Le khāqān, le grand roi des Turcs, envoya en effet une armée au Soghd pour combattre les musulmans, menée par l’un des leurs du nom de Korsoul (2). Il avança jusqu’à assiéger le château d’al-Bāhilī où se trouvait une foule de musulmans. ʿUthmān ibn ʿAbd Allāh ibn Muṭarrif, alors gouverneur de Samarcande, conclut un accord de quarante mille (pièces) et leur remit dix-sept dehqan comme otages.

ʿUthmān appela ensuite les gens à se mobiliser, et un homme nommé al-Musayyab ibn Bishr al-Riyāḥī se porta volontaire avec quatre mille combattants. Ils se dirigèrent vers les Turcs. Au cours du voyage, al-Musayyab exhorta ses hommes à lutter et les informa qu’il allait au-devant de l’ennemi pour rechercher le martyre. Plus d’un millier se retirèrent alors, et à chaque étape, il renouvelait ses exhortations, si bien que d’autres encore se reculèrent, jusqu’à ce qu’il ne restât plus que sept cents combattants avec lui. Avec ces derniers, il poursuivit sa marche et parvint près de l’armée turque, qui assiégeait toujours le château. Les musulmans enfermés à l’intérieur avaient déjà résolu de tuer leurs femmes et de sacrifier leurs enfants sous leurs yeux, puis de sortir livrer bataille jusqu’à tomber tous.

Al-Musayyab leur envoya un message pour leur ordonner de tenir bon ce jour-là et ils tinrent. De son côté, il attendit jusqu’au moment de l’aube, puis poussa le cri de guerre avec ses hommes en proclamant « Ô Muḥammad ! » comme mot d’ordre. Ils chargèrent alors les Turcs avec force, causant de lourdes pertes et blessant de nombreuses montures. Les Turcs répliquèrent par un combat acharné, et la plupart des musulmans prirent la fuite. La monture d’al-Musayyab fut frappée à l’arrière-train, il dut donc combattre à pied, suivi des plus vaillants. Malgré l’âpreté des affrontements, ils tinrent bon, se regroupèrent autour de lui et résistèrent jusqu’à ce que Dieu leur accorde la victoire : les polythéistes s’enfuirent sans se retourner, bien qu’ils fussent très nombreux.

Al-Musayyab fit alors annoncer de ne poursuivre personne, mais d’aller secourir le château et ses occupants. Ils les prirent en charge, s’emparèrent des biens et des objets précieux du campement turc, puis rebroussèrent chemin en toute sécurité avec les musulmans demeurés jusque-là assiégés. Le lendemain, les Turcs revinrent au château, mais ne trouvèrent ni âme qui vive ni réponse à leurs appels. Ils dirent alors entre eux : « Ceux qui nous ont affrontés hier n’étaient pas des humains, c’étaient des djinns. » Par la suite, ils lancèrent une nouvelle expédition.

(1) Dans certaines sources, il est mentionné « Khudayna » avec un kâf hamza et un dâl alif, et il fut ainsi surnommé — comme rapporté — parce qu'il était un homme doux, facile et jouisseur. Il arriva de Khorasan à Bakhtiyah en suspendant un couteau dans sa ceinture. Le roi Abgar et Saïd, vêtus d'habits teints, l'accueillirent, entourés d'accompagnateurs également vêtus de teintures. Lorsqu'il sortit, on lui demanda : « Que penses-tu de l'émir ? » Il répondit : « Khudayina, il l'a rassemblé comme un couteau. » C'est pourquoi il fut appelé Khudayna. Ceci est rapporté par Ibn Jarir al-Tabari dans son histoire (6/605). (2) Dans (B) : « Luradul », orthographe que je n'ai pu confirmer.
والبصرة وخراسان في هذه السنة، فاستناب على الكوفة وعلى البصرة، وبعث إلى خراسان خَتَنهُ - زوج ابنته - سعيدَ بن عبد العزيز بن الحارث بن الحكم بن أبي العاص، الملقَّب بخُذينة (١) ، فسار إليها فحرض أهلَها على الصبر والشجاعة، وعافب عمالًا ممن كان ينوبُ ليزيد بن المهلب، وأخذ منهم أموالًا جزيلة، ومات بعضُهم تحت العقوبة. ذكر وقعة جرَتْ بين التُّرك والمسلمين وذلك أنَّ خاقانَ الملك الأعظم ملك الترك، بعث جيشًا إلى الصُّغْد لقتال المسلمين، عليهم رجلٌ منهم يقال له كورصول (٢) ، فأقبل حتى نزل على قصر الباهلي، فحصرَهُ وفيه خَلْقٌ من المسلمين، فصالحهم نائبُ سَمرْقَنْد - وهو عثمان بن عبد الله بن مطرِّف - على أربعين ألفًا، ودفع إليهم سبعة عشر دهقانًا رهائنَ عندهم، ثم ندب عثمانُ الناسَ فانتدب له رجلٌ يقال له المسيّب بن بشر الرِّياحي في أربعةِ آلاف، فساروا نحو الترك، فلما كان في بعض الطريق خطبَ الناسَ فحثَّهم على القتال وأخبرهم أنه ذاهبٌ إلى الأعداء لطلب الشهادة، فرجع عنه أكثر من ألف، ثم لم يزلْ في كلِّ منزل يخطبُهم ويرجع عنه بعضهم، حتى بقي في سبع مئة مقاتل، فسار بهم حتى غالقَ جيش الأتراك، وهم محاصرو ذلك القصر، وقد عزم المسلمون الذين هم فيه على قتل نسائهم وذبحِ أولادِهم أمامَهم، ثم ينزلون فيقاتلون حتى يُقتلوا عن آخرهم، فبعث إليهم المسيب يثبِّتهم يومَهم ذلك، فثبتوا ومكث المسيب حتى إذا كان وقت السَّحَر كبَّرَ وكبَّر أصحابه، وقد جعلوا شعارَهم يا محمد، ثم حملوا على الترك حملة صادقة، فقتلوا منهم خلقًا كثيرًا، وعقروا دوابَّ كثيرة، ونهض إليهم الترك فقاتلوهم قتالًا شديدًا، حتى فرَّ أكثر المسلمين، وضُربت دابَّةُ المسيّب في عجُزها، فترجَّل وترجَّل معه الشجعان، فقاتلوا وهم كذلك قتالًا عظيمًا، والتفَّ الجماعةُ بالمسيّب، وصبروا حتى فتح الله عليهم، وفرَّ المشركون بين أيديهم هاربين لا يَلْوون على شيء، وقد كان الأتراك في غاية الكثرة، فنادَى منادي المسيّب: أن لا تتبعوا أحدًا، وعليكم بالقصر وأهله، فاحتملوهم وحازوا ما في معسكر أولئك الأتراك من الأموال والأشياء النفيسة، وانصرفوا راجعين سالمين بمن معهم من المسلمين الذين كانوا محصورين، وجاءتِ الترك من الغد إلى القصر، فلم يجدوا به داعيًا ولا مجيبًا، فقالوا فيما بينهم: هؤلاء الذين لَقُونا بالأمس لم يكونوا إنسًا، إنما كانوا جِئًا. ثم غزا
(١) وقع في بعض المصادر "خدينة" بخاء معجمة ودال مهملة، ولقب بذلك - فيما ذكر - أنه كان رجلًا لينًا سهلًا متنعمًا، قدم خراسان على بختية معلقًا سكينًا في منطقته، فدخل عليه ملك أبغَر وسعيد متفضّل في ثياب مصبّغة، حوله مرافق مصبّغة، فلما خرج من عنده قالوا له: كيف رأيت الأمير؟ قال: خُذينيّةٌ لمّته سُكينيّة. فلُقّب خذينة. قاله ابن جرير الطبري في تاريخه (٦/ ٦٠٥). (٢) في (ب): "لورضول"، ولم أقف على ضبطه.

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