Al-Bidayah wa an-NihayahIbn Kathir

Nous pleurons le « déplumé » dans son soutien à son peuple,
mais nous ne pleurons pas ces deux bâtisseurs qui ont fortifié leur père.
(1)
Ils ont voulu anéantir la tribu de Bakr ibn Wāʾil ; la gloire de Tamīm aurait vacillé si leur propre ruine leur était survenue.

Puissent-ils ne jamais trouver de répit accordé par Dieu, ne fût-ce qu’un instant,
et puisse l’œil de tout affligé qui les pleure ne jamais se tarir.
Allons-nous les pleurer, si jamais nous le faisons, à cause de cette tromperie,
alors même qu’ils ont trouvé dans cette ruse leur perte à nos dépens ?
(2)

Lorsque Maslama et son cousin, al-ʿAbbās ibn al-Walīd, s’approchèrent de l’armée de Yazīd ibn al-Muhallab, celui-ci s’adressa à la foule et les exhorta au combat — c’est-à-dire au combat contre les gens du Shām. Yazīd était alors à la tête d’environ cent vingt mille hommes, qui lui avaient prêté allégeance pour l’écoute et l’obéissance, pour le Livre de Dieu et la Sunna de Son Messager (ﷺ), pour que les troupes n’envahissent pas leurs territoires et qu’on ne leur inflige plus la conduite du pervers al-Ḥajjāj. « Celui qui nous prête allégeance à ces conditions, nous l’acceptons, et quiconque nous contredit, nous le combattrons », déclara-t-il.

En ces jours-là, al-Ḥasan al-Baṣrī exhortait la population à la retenue et à ne pas se mêler de la discorde, leur interdisant fermement de s’y engager. Il agissait ainsi en raison des grands maux qui s’étaient produits à l’époque d’ibn al-Ashʿath, quand de nombreuses vies avaient été perdues. Il se mit donc à prêcher les gens et à les admonester sur ce sujet, leur ordonnant de s’abstenir. La chose parvint alors au gouverneur de Basra, ʿAbd al-Malik ibn al-Muhallab (3), qui prit la parole devant la foule et leur ordonna d’être déterminés, de faire le jihād et de partir en expédition pour le combat.

Puis il déclara : « On m’a rapporté que ce cheikh égaré et ostentatoire – sans le nommer – décourage les gens ; par Dieu, s’il ne cesse pas immédiatement, je m’en prendrai à lui et je le réprimerai ! ». Il menaça al-Ḥasan, et quand celui-ci apprit ses propos, il déclara : « Par Dieu, je n’éprouve aucune répugnance à ce que Dieu m’honore par son humiliation ». Dieu préserva alors al-Ḥasan, jusqu’à la chute de leur pouvoir.

En effet, lorsque les armées se firent face, elles livrèrent quelques duels et la bataille ne s’enflamma pas vraiment. Les gens d’Irak ne tinrent pas et prirent rapidement la fuite, ayant appris que le pont par lequel ils étaient venus avait été détruit, ce qui provoqua leur débandade. Yazīd ibn al-Muhallab dit : « Qu’est-il donc arrivé aux gens ? Il ne s’est pourtant rien produit qui mérite une telle panique. » On lui répondit : « On leur a raconté que le pont par lequel ils étaient arrivés est rompu. » Il s’écria : « Dieu les défigure ! ». Il tenta de rallier les fuyards, mais ne put y parvenir. Il tint alors bon avec un groupe de ses compagnons, tandis que certains se glissaient loin de lui, au point qu’il ne resta plus qu’un petit nombre auprès de lui.

Malgré cela, il avançait sans relâche, sans passer près d’une troupe de cavaliers sans la mettre en déroute, tandis que les gens du Shām s’écartaient de lui à droite et à gauche. Son frère Ḥabīb ibn al-Muhallab avait déjà été tué, ce qui ne fit qu’accroître sa colère et sa fureur. Monté sur un destrier gris, il se dirigea droit sur Maslama ibn ʿAbd al-Malik, sans autre intention que de l’affronter. Lorsqu’il l’eut face à lui, la cavalerie du Shām se rua contre lui et le tua, ainsi que son frère Muḥammad ibn al-Muhallab. Ils tuèrent également

(1) Dans (Q) : « Voudrions-nous pleurer ceux qui ont perdu leur père », et dans l'Histoire de Ṭabarī : « et nous ne sommes pas... », ce qui est confirmé dans (B, Ḥ). Les vers se trouvent dans l'Histoire de Ṭabarī (6/561) ; dans la seconde moitié du premier vers, il y a une zḥāf (altération métrique) à moins qu'en décomposant l'assimilation de la lettre bāʾ, on obtienne « al-sābīn ». (2) Dans (B) : « vers l'œil, nous pleurons... », dans (Ḥ) : « en vérité, l'œil pleure... », et dans (B, Ḥ) : « et dans la rencontre avec la vie en nous, leur retour », ce qui est confirmé dans (Q) et Ṭabarī (6/561). (3) Dans (M) : Marwān ibn al-Muhallab.
نُبكِّي على المنتوفِ في نصرِ قومهِ … ولسنا نبكِّي الشائدَيْنِ أباهما (١) أرادا فناءَ الحيِّ بكرِ بنِ وائلٍ … فعزُّ تميمٍ لو أُصيبَ فِناهما فلا لقيا روحًا من اللهِ ساعةً … ولا رقأتْ عينا شجيٍّ بكاهما أفي الغشِّ نبكي إنْ بكينا عليهما … وقد لقيا بالغِشِّ فينا رداهما (٢) ولما اقترب مَسْلمةُ وَابْنُ أخيه العباس بن الوليد من جيش يزيدَ بنِ المهلب، خطب يزيدُ بن المهلَّب الناس وحرَّضهم على القتال - يعني قتالَ أهلِ الشام - وكان مع يزيد نحوٌ من مئة ألف، وعشرين ألفًا، وقد بايعوه على السمع والطاعة، وعلى كتابِ الله وسنة رسوله ﷺ ، وعلى أن لا يطأ الجنود بلادهم، وعلى أن لا تُعاد عليهم سيرة الفاسق الحجَّاج، ومنْ بايعَنا على ذلك قبلنا منه، ومن خالفَنا قاتلْناه. وكان الحسن البصريّ في هذه الأيام يحرِّضُ الناس على الكفّ وترك الدخول في الفتنة، وينهاهم أشدَّ النهي، وذلك لما وقع من الشرِّ الطويل العريض في أيام ابنِ الأشعث، وما قُتل بسببها من النفوس العديدة، وجعل الحسن يخطبُ الناسَ ويعظهم في ذلك، ويأمرُهم بالكفّ، فبلغ ذلك نائبَ البصرة عبدَ الملك بن المهلَّب (٣) ، فقام في الناس خطيبًا، فأمرهم بالجدِّ والجِهاد، والنفير إلى القتال، ثم قال: ولقد بلَغني أنَّ هذا الشيخ الضالَّ المُرائي - ولم يسمِّه - يثبِّطُ الناس، أما والله ليكفَّنَّ عن ذلك أو لأفعلنَّ ولأفعلنّ، وتوعَّد الحسن، فلما بلغ الحسنَ قولُه قال: أما والله ما أكره أنْ يكرمني الله بهوانه، فسلَّمه الله منه، حتى زالتْ دولتهم، وذلك أنَّ الجيوش لما تواجهتْ تبارزَ الناسُ قليلًا، ولم تنشَب الحَرْبُ شديدًا، فلم يثبُتْ أهلُ العراق حتى فرُّوا سريعًا، وبلغهم أنَّ الجسر الذي جاؤوا عليه قد خرق فانهزموا، فقال يزيد بن المهلب: ما بال الناس؟ ولم يكن من الأمر ما يضر من مثله، فقيل له: إنه بلغهم أن الجسر الذي جاؤوا عليه قد خرق. فقال: قبَّحهم الله. ثم رامَ أنْ يردَّ المنهزمين فلم يمكنه ذلك، فثبَتَ في عصابةٍ من أصحابه وجعل بعضُهم يتسلَّلون منه حتى بقي في شِرْذمة منهم، وهو مع ذلك يسيرُ قُدمًا لا يمرُّ بخيل إلا هزمهم، وأهلُ الشام يَنْحازون عنه يمينًا وشمالًا، وقد قُتل أخوه حبيب بن المهلب، فازداد حَنَقًا وغيظًا، وهو على فرس له أشْهب، ثم قصد نحو مَسْلمة بن عبد الملك لا يُريدُ غيره، فلما واجهه حملتْ عليه خيولُ الشام فقتلوه، وقتلوا معه أخاه محمد بن المهلَّب، وقتلوا
(١) في (ق): "وليتنا نبكي الشائدين أباهما"، وفي تاريخ الطبري " ولسنا … "، والمثبت من (ب، ح)، والأبيات في تاريخ الطبري (٦/ ٥٦١)؛ وفي الشطر الثاني من البيت الأول زحاف إلا إذا فك إدغام الباء تصبح "السابين". (٢) في (ب): "إلى العين نبكي .. "، وفي (ح): "إن العين تبكي .. "، وفي (ب، ح):" وفي لقيا بالعيش فينا رداهما"، والمثبت من (ق) والطبري (٦/ ٥٦١). (٣) في (م) مروان بن المهلّب.

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