Dans toute son immensité, son effroi et la magnificence de cette scène grandiose et saisissante, on rapporte que lorsque Pharaon fut témoin de cet événement, il éprouva une très grande frayeur et une crainte immense, au point qu’il connut une diarrhée sévère à plus de quarante reprises en une seule journée. Auparavant, il ne se soulageait qu’une seule fois tous les quarante jours. Ainsi, la situation se retourna contre lui. De la même manière, lorsque Moïse (que la paix soit sur lui) introduisit sa main dans son vêtement et la ressortit, elle se présenta telle un morceau de lune, irradiant une lumière éblouissante, aveuglant les regards. Puis, lorsqu’il la remettait dans son vêtement, elle reprenait son aspect premier. Malgré tout cela, Pharaon – qu’Allah le maudisse – ne tira aucun profit de ces signes. Il persista plutôt dans son entêtement et affirma que tout cela n’était que de la sorcellerie. Il voulut s’y opposer en convoquant des magiciens et ordonna de les rassembler de tous les coins (1) de son royaume, de ceux qui vivaient sous sa domination et son autorité, comme on l’exposera plus en détail au moment de la démonstration par Dieu de la Vérité éclatante et de l’argument irréfutable, opposé à Pharaon, à ses notables ainsi qu’aux gens de son royaume et de sa religion. Louange et grâce à Dieu.
Dieu – Exalté soit-Il – déclare dans la sourate Tâ-Hâ :
« (40) Tu as donc séjourné plusieurs années parmi les gens de Madyan. Puis tu es venu en ce temps fixé, ô Moïse ! (41) Je t’ai choisi pour Moi. (42) Va, toi et ton frère, avec Mes signes, et ne faiblissez pas dans Mon rappel. (43) Allez tous deux chez Pharaon, car il s’est vraiment rebellé. (44) Parlez-lui donc avec douceur, peut-être se rappellera-t-il, ou craindra-t-il [Dieu]. (45) Ils dirent : “Ô notre Seigneur, nous craignons qu’il ne dépasse toute limite à notre encontre, ou qu’il ne se montre tyrannique.” (46) [Dieu] répondit : “Ne craignez rien. Je suis avec vous, J’entends et Je vois.” » [versets 40 - 46]
C’est ainsi que Dieu – Exalté soit-Il – s’adressa à Moïse lors de la nuit au cours de laquelle Il lui révéla [son message] et l’honora par la prophétie, lui adressant Ses paroles : « J’étais présent lorsque tu te trouvais dans la demeure de Pharaon, sous Ma protection et Mon soin. Puis Je t’ai fait sortir de la terre d’Égypte vers le pays de Madyan par Ma Volonté, Mon Décret et Mon Ordre, où tu demeuras plusieurs années. Ensuite, tu es revenu à l’instant prédéterminé, conformément à Mon décret et Mon dessein. Je t’ai façonné pour Moi-même », c’est-à-dire, Je t’ai élu pour Ma mission et pour que Je te parle directement. [Dieu dit encore :] « Pars, toi et ton frère, avec Mes signes, et ne vous relâchez pas dans Mon rappel », c’est-à-dire : ne négligez pas de beaucoup Me mentionner lorsque vous vous présenterez devant [Pharaon], car cette évocation vous aidera à lui parler, à lui répondre, à lui dispenser la bonne exhortation et à établir contre lui l’argument.
Il est rapporté dans certains hadiths que Dieu – Exalté soit-Il – a dit : « Mon serviteur véritable, c’est celui qui se souvient de Moi même lorsqu’il affronte son adversaire (2). »
Dieu – Exalté soit-Il – dit aussi : « Ô vous qui avez cru ! Lorsque vous rencontrez un groupe [d’ennemis], tenez bon et invoquez beaucoup Dieu... » [Al-Anfal : 45].
Puis Dieu déclare : « Allez tous deux chez Pharaon, car il s’est vraiment rebellé. Parlez-lui donc avec douceur, peut-être se rappellera-t-il, ou craindra-t-il [Dieu]. » Voilà un exemple de la longanimité (3), de la bienveillance, de la clémence et de la miséricorde de Dieu à l’égard de Ses créatures, alors même qu’Il savait la mécréance de Pharaon, son insolence, son orgueil – étant alors le pire des hommes de son époque. Malgré cela, Il envoya auprès de lui le meilleur parmi Ses serviteurs de cette époque, et leur ordonna de l’appeler à Lui avec bienveillance