Ils la lurent, et voici ce qui y était écrit : « Au nom de Dieu, le Tout Miséricordieux, le Très Miséricordieux : quittance de la part de Dieu pour ‘Umar ibn ‘Abd al-‘Azîz contre le Feu. » Ils la placèrent alors parmi ses linceuls et l’enterrèrent avec lui (1).
Un récit semblable fut également rapporté par une autre chaîne de transmission (2).
Ibn ‘Asâkir rapporta dans la biographie de ‘Abd al-Samad ibn Ismâ‘îl (3), selon sa chaîne de transmission, d’après ‘Umayr ibn Hubâb al-Sulamî (4), qui dit : « J’ai été fait prisonnier, avec huit autres, à l’époque des Banû Umayya. Le roi des Romains ordonna de nous décapiter : ainsi, mes compagnons furent exécutés, tandis qu’un patricien de la cour intercéda en ma faveur, et le roi m’accorda la grâce en me remettant à lui. Il me conduisit chez lui, où il avait une fille resplendissante comme le soleil ; il me la proposa en mariage, m’offrant de partager ses biens et d’entrer dans sa religion, mais je refusai. Alors sa fille resta seule avec moi et s’offrit à son tour, mais je m’y opposai.
“— Qu’est-ce qui t’en empêche ? demanda-t-elle.
“— Ma religion, répondis-je. Je ne l’abandonnerai ni pour une femme ni pour quoi que ce soit.
“— Souhaites-tu repartir vers ta contrée ? me demanda-t-elle.
“— Oui, assurai-je.
“Elle me conseilla alors de suivre de nuit cette étoile et de me cacher le jour, promettant que cela me conduirait (5) jusqu’à mon pays.
“Je fis comme elle m’avait dit. Le quatrième jour, tandis que j’étais caché dans la journée, j’aperçus des cavaliers qui approchaient. Je craignis qu’ils ne soient à ma poursuite, mais je reconnus mes compagnons, ceux-là mêmes que j’avais vus tués, et d’autres se tenaient à leurs côtés, tous montés sur des montures grises.
“— ‘Umayr ? dirent-ils.
“— ‘Umayr, répondis-je.
“— N’es-tu pas mort avec eux ? demandai-je.
“— Nous avons bien été tués, répliquèrent-ils, mais Dieu, Exalté soit-Il, a ressuscité les martyrs et leur a permis d’assister aux funérailles de ‘Umar ibn ‘Abd al-‘Azîz.
“L’un d’eux me dit alors : “Donne-moi ta main, ‘Umayr.” Il me fit monter en croupe, nous avançâmes un peu, puis il m’élança d’un geste qui me fit atterrir près de ma demeure, dans la région d’al-Jazîra, sain et sauf.”
Par ailleurs, Rajâ’ ibn Haywa raconta : « ‘Umar ibn ‘Abd al-‘Azîz m’avait ordonné de le laver, de l’envelopper dans son suaire et de l’enterrer. Il m’avait aussi demandé, après avoir défait un nœud du linceul, de regarder son visage. Je m’exécutai et vis que son visage était d’une blancheur semblable à du papier. Or, il m’avait confié auparavant qu’il avait enseveli trois califes, et qu’à chaque fois qu’il découvrait leur visage, il était devenu noir (6). »
Ibn ‘Asâkir transmit également, dans la biographie de Yûsuf ibn Mâhak (7), le récit suivant : « Tandis que nous égalisions la terre sur la tombe de ‘Umar ibn ‘Abd al-‘Azîz, un livre tomba du ciel, portant ces mots : “Au nom de Dieu, le Tout Miséricordieux, le Très Miséricordieux. Ceci est un gage de sécurité de la part de Dieu pour ‘Umar ibn ‘Abd al-‘Azîz.” »