«… Dieu prend en charge les vertueux.» [al-A‘râf : 196]
Par Dieu, je ne leur concéderai jamais le droit de quiconque. Ils se répartissent en deux catégories : soit ils sont pieux, et alors Dieu prend en charge les vertueux ; soit ils ne le sont pas, et je ne saurais les aider dans leurs mauvais actes. Dans une autre version, il est rapporté : « Je ne me soucie guère de la vallée où ils périront. » Et dans un autre récit : « Devrais-je leur laisser ce qui leur permettrait de désobéir à Dieu, devenant ainsi leur complice dans ce qu’ils accompliront après ma mort ? Jamais je ne le ferais. »
Ensuite, il convia ses enfants, leur fit ses adieux, les réconforta par ces propos et leur donna ses recommandations en ces termes : « Partez, que Dieu vous protège et vous donne un excellent successeur. » Il dit encore : « Nous avons vu plus tard certains fils de ‘Umar ibn ‘Abd al-‘Azîz partir combattre avec quatre-vingts chevaux dans la voie de Dieu, tandis que certains fils de Hishâm ibn ‘Abd al-Malik – alors même qu’il leur avait laissé de grandes richesses – en vinrent à quémander auprès des enfants de ‘Umar ibn ‘Abd al-‘Azîz. En effet, ‘Umar confia ses enfants à Dieu (Exalté soit-Il), tandis que Hishâm et d’autres confiaient leurs enfants seulement aux biens qu’ils leur laissaient ; ceux-ci se perdirent et leurs richesses s’évanouirent dans les caprices de leurs progénitures. » (1)
Ya‘qûb ibn Sufyân (2) rapporta : « Abû al-Nu‘mân nous a transmis : “Hammâd ibn Zayd nous a rapporté d’après Ayyûb” », lequel dit : « On dit à ‘Umar ibn ‘Abd al-‘Azîz : “Ô Commandeur des croyants, si tu te rendais à Médine et que Dieu décrète ta mort, tu serais inhumé à la place du quatrième tombeau, auprès du Messager de Dieu (que la prière et la paix soient sur lui), d’Abû Bakr et de ‘Umar.” Il répondit : “Par Dieu, que Dieu m’inflige n’importe quel châtiment, sauf le Feu – car je ne saurais en supporter la moindre peine – me serait plus cher que de laisser Dieu savoir, du fond de mon cœur, que je me considère digne de cet emplacement.” »
On raconte qu’il tomba malade à Dayr Sam‘ân, un village de Homs, et que sa maladie dura vingt jours. Quand la mort le saisit, il dit : « Faites-moi asseoir. » On l’assit, puis il déclara : « Ô mon Dieu, c’est moi, celui à qui Tu as ordonné, et j’ai failli ; Tu m’as interdit, et j’ai désobéi » – il répéta cela trois fois – « mais il n’y a de dieu que Dieu. » Ensuite, il leva la tête et fixa intensément le regard. On lui demanda : « Ô Commandeur des croyants, tu sembles regarder quelque chose avec grande attention. » Il répondit : « Je vois une assemblée d’êtres qui ne sont ni des hommes ni des djinns. » Puis il expira à l’instant même. (4)
Dans une autre version, il dit à sa famille : « Sortez d’ici. » Ils sortirent, et Masslama ibn ‘Abd al-Malik s’installa près de la porte, en compagnie de la sœur d’Umar, Fâtima. Ils l’entendirent dire : « Soyez les bienvenus, vous dont les visages ne sont ni ceux d’hommes ni de djinns », puis il récita : « “Cette Demeure dernière, Nous la réservons à ceux qui ne cherchent ni à s’élever sur terre ni à semer la corruption. L’issue heureuse appartient aux pieux” » [al-Qasas : 83]. Sa voix s’éteignit, ils entrèrent alors et le trouvèrent allongé, les yeux clos, tourné vers la qibla, déjà repris par la mort. (4)
Abû Bakr ibn Abî Shayba a dit : « ‘Abd al-Malik ibn ‘Abd al-‘Azîz nous a rapporté, d’après al-Darâwardî, d’après ‘Abd al-‘Azîz ibn Abî Salama, que lorsque ‘Umar ibn ‘Abd al-‘Azîz fut déposé dans sa tombe, un vent violent se leva et fit tomber un feuillet qui portait la plus belle écriture… »