Il a dit : « Vraiment, a réussi celui qui a été préservé de la controverse, de la colère et de la convoitise. »
Il s’adressa ensuite à un homme en lui demandant : « Qui est le chef de ton peuple ? » L’homme répondit : « C’est moi. » Il lui dit alors : « Si tu l’étais vraiment, tu ne l’aurais pas proclamé ainsi. »
Il a aussi dit : « Le plus détaché de ce bas monde est ‘Alî ibn Abî Tâlib. »
Il déclara encore : « Béni soit le serviteur qui, pour un besoin, multiplie ses requêtes auprès de son Seigneur, qu’il reçoive ou qu’on lui refuse. »(1)
Il a dit également : « Scellez la science par l’écriture. »
S’adressant à un homme, il lui recommanda : « Enseigne à ton enfant la jurisprudence la plus élevée, c’est-à-dire la satisfaction et le fait d’éviter de nuire aux autres. »
Un homme prit la parole en sa présence et parla fort éloquemment. Il dit alors : « Voilà ce qu’on pourrait appeler la “magie permise”. »
Son histoire avec Abû Hâzim est longue : il le vit alors qu’il était calife, avec un visage pâli par l’ascèse et un état affaibli. Il lui dit : « Ton vêtement n’était-il pas jadis propre ? Ton visage rayonnant ? Ta nourriture savoureuse ? Et ta monture confortable ? »
Il répondit : « Ne m’avais-tu pas rapporté d’après Abû Hurayra que l’Envoyé de Dieu (ﷺ) avait dit : “Derrière vous se dresse un col escarpé que nul ne franchira hormis celui qui est maigre et émacié” ? » Il se mit alors à pleurer jusqu’à s’évanouir. À son réveil, il raconta qu’il avait vu, dans cet évanouissement, le Jour de la Résurrection se lever : on avait fait comparaître les quatre califes et on leur avait ordonné d’entrer au Paradis. Puis il évoqua ceux qui se trouvaient entre lui et eux, mais ne sut ce qu’on avait décrété pour eux. Ensuite, on l’appela lui-même et on lui ordonna d’entrer au Paradis. Lorsqu’il s’en éloigna, il rencontra un homme qui l’interrogea à propos de ce qu’il venait de vivre. Il l’en informa, puis lui demanda : « Qui es-tu ? » L’autre répondit : « Je suis Al-Hajjâj ibn Yûsuf. Mon Seigneur m’a fait périr pour chaque mise à mort par une propre mise à mort. Et désormais, je demeure dans l’attente que connaissent les monothéistes. »(2)
Ses vertus et ses mérites sont extrêmement nombreux, et ce que nous avons évoqué suffit, louange et grâce à Dieu. Il nous suffit, et Il est le Meilleur garant. Il n’y a ni puissance ni force en dehors de Lui.
[Mention de la cause de son décès – que Dieu lui fasse miséricorde]
La cause de sa mort fut la phtisie (la tuberculose), dit-on. Certains prétendent qu’un de ses affranchis l’a empoisonné dans sa nourriture ou sa boisson, contre mille dinars, ce qui lui valut la maladie. On l’avertit alors qu’il avait été empoisonné. Il répondit : « Je l’ai su le jour où l’on m’a fait boire le poison. » Puis il convoqua l’esclave qui le lui avait administré et lui dit : « Malheur à toi ! Qu’est-ce qui t’a poussé à faire cela ? » Celui-ci répondit : « J’ai reçu à cette fin mille dinars. » Il répliqua : « Apporte-les. » On les lui apporta, et il les déposa dans le trésor public, puis il dit : « Pars où personne ne te verra périr. »
On conseilla alors à ‘Umar de se soigner, mais il dit : « Par Dieu, si mon rétablissement exigeait seulement que je touche le lobe de mon oreille ou qu’on m’apporte un parfum à humer, je ne le ferais pas. »
On lui dit : « Voici tes enfants — ils étaient douze. Ne veux-tu pas leur léguer quelque chose, puisqu’ils sont dans le besoin ? » Il répondit en récitant la parole divine : « “Mon Protecteur est Dieu, Celui qui a fait descendre le Livre ; Il prend Lui-même la cause des vertueux.” »